ren donne la preuve dans mon tnvaU sur LonJs XY
tifi DIPLOMATES EUROPÉENS.
mentaires , c'était la diplomatie. Ceux qui connaissent ud peu l'histoire , savent que la plupart des vastes négociations da XVI* au xvii* siècle furent confiées à des magistrats. Quand il s'agissait de l'honneur et de Fépée, un gentilhomme représentait le roi de France; mais pour les affaires de gouvernement , les magistrats , profondément pénétrés du droit public, suivaient les discussions sérieuses entre \s& ^tats, Pçppis |ç président /eappÎR juaqu*^ M* de Vergennes, n'étaient-ce pas les parlements, les intendances, qui fournissaient les ministres les plus sérieux , les ambassadeurs les plus habiles , les honunes les mieux initiés à la pensée du roi et aux traditions de la France?
Prosper Brugière de Barante appartient, par son orifm^ |i çf qu*pn appelai wu^ E^milla de robç 4e la province d'Auvergne, |1 y pvai|; dsn^ pette bmille unç ««rtwne Paor de littérature qui s'épwpnit tQujonr» : m de ses jinc^tres «vdit f^it, dans 9^ première jeiu^fse, de petit? dr^v^ p9Pr |« ÇçfnédlHt^lienne, ppis des dissertations plp ^rîens^ «pr divers point3 d'audition : il s'iétait enfin retiré dws sa provjpçe popr y piçRer l^ y|ç 4U|»tère at ^aye dp magistrat. te père de M. de garante , Claude-Ignace Brugière de 69raotPt avancé déjà daP3 la vie )ors d^ la révpiutiop frapcaise , avpit pçcepté du premipr poosul la préfectprç de TAude, n avait içpt ««prit t§fppéré , cf^ttp modératipp de formes, qui se faisaient remarquer dans quelques-uns des premiers préfato du ûumàaL fimc écoles, m eflet, de-
LE QAftM WUSiiU M lAKANTE. MS
ipÙBt Itii MiB dMUogaéQB dau les adniiiiatnitMn de rSavire : Vue, obéittaiite joi^aà U «etvilité fiow l'élefe loqm pMT la penécutioo (et oelle-d conpveneit en gteéni lai lévalQUoimairea) ; Vaatra , ploa /élégante et réiécUe, «refaflaitàaervir leaiMaeéesbrates et ▼iolentea da maître, M en leeoadaiit aea ?«ea d'ordie et de geuveraenent. Bt eda taMît au dUEéreatei fomea d'édacation et d'erigine : lai foeetioBoain» qui veDaient de la révolutioii ea avaient mn teafaM les dictatures, eeHe de îiapoiéen n'était pewr ni que le cempléflient da comité de saint pnUie) an eonbiiie t les magistrats et les gentilshommes gardaient nn vaUm reepeet d'eux*mÉmes, an certain amous-ppepre lis ienis sonveniis et des traditions de ta monarchie, qol in bisaiaDt servir avee dévouement , mais aussi avec tenir firsace.
An sortir de Fadpleseeace, FrosperdeBarante, immétialeaent jeté 4aBS les femctions pnbliqnes, Ait nommé, iviagt-^rois ns, anditear an conseil d*État, pois sonspréfet de rarrondissement de Bressoire (Deux-Sèvies). Oa était ai li06, et qu'on remarque bien la date et le lîsal Bressoire avait été un centre d'insurrection dans la fendée; il en restait un secret frémissement, des regreU cheiies uns, des ressentiments ehei les autres; comme partent oà une lutte violente s'était étaUie , il y avait des pvtis très-hostiles, les acquéreurs des biens nationaux et Its Us des aadens Vendéens. CétMt on peu comme l'Ir-
tu DIPLOMATES EUROPÉENS.
lande et rËco«e tous le protectorat de Oomwett. Aa sortir du GoDsalat, tout était loio d'être calmé encore ; le sonspréfet de Bressuire avait une grande tâche à remplir, et pourtant il n'avait que vingt-cinq ansi Dans l'exerdoe de ces diiDciles fonctions, M. de Barante s'éprit d'une certaine passion pour le caractère vendéen , je veax dire pour ces nobles familles qui avaient arrosé de leur sang cette héroïque terre. L'Empereur ne le défendait pas ; an contraire, son grand esprit rêvait d*entratner au milieu de ses armées glorieuses les cheb et les principaux héros de la Vendée , mission qui allait si bien aux goûts de M. de Birante. Il y contracta même ce besoin de tempérance, de modération, d*examen calme et réBéchi, qui l'aidèrent plus tard dans Thistoire et la diplomatie. Tout en servant avec un dévouement incontestable les intérêts de son goavernement , M. de Barante n'oublia jamais le respect que Ton doit aux causes malheureuses, lorsque ces causes se lient aux souvenirs historiques, aux traditions et aux gloires dupasse.
Aussi l'Empereur, un an après , le nomma préfet du département de la Vendée, département presque nouveau, formé du Poitou et de la Saintonge, où fermentaient les débris de l'ancienne guerre civile. Alors, les temps étaient devenus si calmes, les esprits si apaisés , que M. de Barante distrayant ses fonctions administratives par ses goûts litté-ratres, se mit en rapport avec cette grande héroïne de la
LB BABOlf BBD6IÉBB DB BABANTB. IM
Gnmlie La Hodiejaqaelein, dont mftme il a écrit les mémoires. Remarquons cette circonstance : voilà un fonctionoaire de TEmpire, préfet i vingt-cinq ans d*an département oà nagoère existait la guerre civile; il fait son devoir dans toute retendue du root ; et pourtant ses goûts« les entraînements demeurent pour les anciennes ramilles héroïques, pour ces légendes qu'un jour il reproduira comme érudit et chroniqueur ; son imagination se platt aux rédtsd^nne femme; il lui prête son temps, ses soins et )iisqu*è sa plume : non pas qu*il faille croire que madame de LaRochejaqudein n*ait pas eu, comme les femmes qui écrifenty ce génie personnel, cet admirable talent d'impression et de récits ; elle les possédait au plus haut point, elle qui sfait vu les champs de bataille ! M. de Barante ne Ot que lui prêter cette correction de mots, cette exactitude gramma* Qcale que donnent les études sérieuses et la vie littéraire. Je rappelle qu'à cette époque et à la suite d'un concours, M. de Barante publiait ce PréeU littéraire du XYiii* sièelêj bien plus sérieux , Uen plus impartial que le travail de Chénier, si rempli de passions et de petitesses. Avec les dehors de la critique calme et de l'impartialité , l'école phi* kMophique était implacable dans ses appréciations et ses jugements sur les œuvres de l'esprit ; elle formait une coterie serrée qui ne laissait point passage aux Ubres opinions. Apprécier Voltaire avec sérénité dans le bien et le mal de ses œuvres, ne point admirer indéfiniment Rousseau, Diderot,
Èê9 DIPL01fATB9 BimaFÉBIIf .
GoBdoréeti était bd crime sads rémission. Aldli vlTetat M se protégenl toutes les coteries ; ftomr elles 4 la liberté SU mi niot de liasse : sous rfimpi^e, Fèloge des idées religieaseSf du sentiment moral des âmes» tons faisait eichire dés académies 1 et l*on ne pardonnait même pés le Oénie ik Qkh$^ KaHI(tfi0 à M; de Gbâteaabriand.
Il fan* également dire qn*à ce temps le nom de M. de Bè^ ranté n^était point en faveur. Le père dn jenne administri* tenr^ alors préfet lui-même ft Généré^ remplissait atec dignité les pénibles devoirs de ses foneHons : je dis péniMci parée que, en 1810, Oenéve était devenu un Heu de prd» scription ou d*asile, que la police avait choisi souvent énnê ses sétérités odieuses. Madame de Staël résidait ft Goppet, et avec elle la société choisie de Befijamin Constant, de Sdilegel, dé M. de Montmorency, aMrs èti Opposition atéc l'Empire. Si le préfet du Lémati èét été él«té à rébolé des dictateurs révolutionnaires, il aditiit etécuté, dans lëtir peti^ sée inflétiblé, les ordi^ de Fouéhé 6d du général Savary< organes du gouvernement impérial; mais M. de Batatitei isku d'une famille de magistrature, tf (ipftftenant à tiné opinion modérée, ne croyait pas possible d'agir avec e« monde élégant, àpirituël, comme atec des repris de Justice. Il ne cessa pas d'admirer madame dé Staël comteé la fënuée européenne, dont l'esprit pôutalt bles^r fEmperetlf, ihaii drnit la renommée titréit Autant qâè U «iëfihë. Gés fa^ d'è^r A mMérêêS ne ^Wirémpi^ h flapolédn ^ etH. A
LE BABON WUOliU DB BAHAHTB. HT
RiiaBte 1b père rt«Bt sa démûsloti. Métomoilis loo tb gardt Si fiéfoetorei et fmt mteie appelé à oelie de MaMei^ ehoele diiitaette Veaéée de»l il avait ti Uen ceaapris les grt»« d6Bi«. Il la garda JBft|B'à la ehste de ee pukiMBt oeMnè qa'oB appelait rEnq^ire fraofais.
Ceoi eiplique coament la HeatanratieD fut lahiée j^fer la tuBUede Baratite eomme tae épe^se de Uberté et dg déli> rraaee : aiB» raraiest envisagée la seoiété de mddadie de Slaëli le die de Bregliei Benjamin Gonataot^ tona œn eolB sar qai la Aais de la prtioe dietateriale s'était si pêÉ^ tkalièmieBt étendoai eet emperenr, qie nadafeië de BMA avait si énergfataement noBuné lé Rabêêpierr^ è ekerml^ et qae M« de Genstant, alors en AUeBMgne avec Itfs alliés^ tvait déftMcé à l'Hur^pe dans ses écrits^ leur appàiiis'' 8Ml emuM roppreasevr du noadei c* la véritable éeale libérale entourait leyriment Louis XVIII. Bn WU, efe trouve tous eeui que nous appelons aujourd'hui tas bemmaa d'Étal^ MM. Pas4uier« HOyér-Collard, Onkot^ de BaranlO^ aMsat MM. de Jaueourt i l'abbé de MentesquiOu, le prinoe de TalteTfandi dans le travail de là Qharte, et dé^eki^pauf Ici JDonditiona de la liberté. Cette école, qui peut avoir dss Bnanéaa« d« ptiasés diverses, n'en continue p«â Éiolnl rouvre qu'elle a coitiitieocée, c'est-h-4ire Valliéncë f^ nUe de la tuondrdiie^ de l'ordre et de ta Itbéné; C'est don« ivec ce Mèftie seMiimit de ré^Ulsidn eOfitre Mute dict*tee viilettte qad Mi d* Mirante denwnre lorsque M GeAt-
fll8 DIPLOMATES EUROPÉENS.
Jours arrivent Bonaparte s'offre à ses yeux comme le despote dautrefeis, appayé sur la mauvaise queue du parti jacobin ; et celte monstrueuse alliance devait produire d -informes résultats, tels que la- parade du Champ de Mai, la constitution et le sabre» la liberté et la police. Ce fot en face d'une situation si particulièrement mauvaise que M. de Barante donna sa démission de préfet de la Loire-Inférieure. Celte démission lui assura, au second retour des Bourbons, une certaine faveur politique, car on recherchait les administrateurs habiles qui avaient donné des gages i la légitimité; il fut nommé secrétaire général du ministère de l'intérieur, pendant que Vinterim était confié à M. Pasquier, et avant M. de Vaublanc, à ce moment si difficile où il fallait rétablir Tordre administratif, remanier tous les préfets, reconnaître les bons et les mauvais, apporter un esprit calme et de modération au milieu des passions agitées. On ne tient pas assez de compte aux hommes d'État qui viennent dans une époque de transition; ce qu'il leur faut de prudence dans cette lulte est inconcevable ; que d'ennemis ils se font dans les choix, dans les distinctions qu'ils accordent 1 Et il ne faut pas oublier qu'il existait un parti froissé longtemps et victorieux après les Cent-Jours. Ce parti, maître de ia majorité dans la Chambre, poussait le gouvernement aux excès. M. de Barante fut envoyé, par le départanent do PnyHle-DOme« dans cette Chambre ardente de 1815. Ici commence l'intime liaison de H. de Barante, nommé
LE BARON BEU6IÉRB DR BARANTB. tit
difeeteor général des contributions indirectes, avec M. Déçues. Le ministre favori de Louis XYIII avait besoin de s'entourer de quelques royalistes sages , modérés , d* hommes sérieui et travailleurs, qui pussent lutter contre le torrent de la réaction de 1815. La Chambre de cette époque, vive et très-fortement prononcée, n'écoutait rien ; elle marchait dans le sens le plus irrité de ses opinins. H. Decazes dut donc nécessairement s'appuyer sur une minorité de résistance, et alors se forma ce que depuis on a appelé le parti doctrinaire. Cette opinion, sous la direction de H. Boyer-Collard, se composait d'un petit nombre de membres, ayant presque tous appartenu i la société de madame de Staél ; tels étaient MM. Maine de Biran, Camille Jordan, Guizot, de Barante, le duc de Broglie. S'il y avait là quelques nuances, mélangées par le caractère, tons formaient un parti instruit, éclairé, dévoué profondément au système représentatif, aux institutions constitutioondles, par conséquent fermes dans leurs idées, dogmatiques dans leurs résolutions, et M. de Barante, avec plus de douceur et d'aménité que tous les autres, se résignait* tons la main de M. Decazes, à ce que j'appellerai les nécessités d'un gouvernement. La première condition des hommes d'État est de s'abstenir des principes absolus; l'esprit qui s'applique aux affaires doit nécessairement s'assouplir et faire d'incessantes concessions aux hommes, aux situations. Le défaut alors du parti doctrinaire, je le crois, fut d'être
tsv mrunnâTis simopfincB.
trep ènHef dans Ms idiei, trop géiitencieat dans M» < siotit, dt cela devail dbrtêiit âéflaire aux royaliitts, <lQi for* matent de leur esaaDoe Un parti léger^ dievalereMiiie, tnéon*' 8iftlnt{ la ttalil iw la tiaille épée, le ehapoas air reriilM, et tied aèit dit saM caricature.
M. de Barante s'aésoeia loyalement à la fortlue de M. De^ caiaif qui le §t nontiner pair de France, en ISiV^ à trente* sept anitf II devint» dans cette ehambre, nti del oralewtf lel phis diserts^ les plea sages? les plus eppdsét mi làeaeref eitrAflKS, Totaiit à eMé de ce qo'on appelait le p^rU cardi* nlDiate, qdi combattit avec mesure , mais avec uiie perséférance remarquable^ le système dd M; de YIIMAei Cette Tta^ en dehors des dffàirdSjr lalste de dotrx loisirs à Mi de ba-" rfcnte; 11 travailla kiborieilseffielit toibme un simple et vnd littéMtews époque briilébte que celle-ià pour les trois babts ebseignera^nts de MM^ Ooiiot, Villemain et Barânta. GomnM tous trois ont passé depuis i travers le gonreMement du pays; comme la vie fl'aflbires les a profondément seoôuésy je leur denlanderai si oeri temps de belles éludas né furent pas les phis heureux y les plus faciles i iea plus nobles de leur vie? LorsqueM.de Barante aHait Ibitller, rechereher dans les chroniques le récit des riches eours de plaisance des ducs de Bourgogne, les poétiques lutleâ^ les admirableii récits dg Froissart « son esprit ne se eooplaisaitil pM datii ton» ces ravissements de la vie htotoriqué, qui vdii«làiti^laiiér*la Mis danâ Ita tégims de lapdMdida
LE BAHH BMPilteB M MlAlfTB. M
k p^liliqseï et de reiistenee tasoélleT Qaftlid M. QuiiM remuait le» Tieillee flénératioilé fhnHpm^ leê lattéi i» ÛStt^ kM contre Reme» la grande Borne i M f l?e et (M'te Ihtëllllence n'étaM-elle pas plu à Palae daftt eet hdritfoo éodI Kmiteai fM dans reianèii absorbant de ^ petite Jetii d« partis el de parlement qiffl est oMigi de sttltre daâs iM daroirB polîtîqdest et s'il naTÉIt paa potir se gitnaïf K6 relations aree l*Etirope, la polHiqtle ne Itti |)andtMit-èlié pas bien étroite T M. Yilleriiain Itit«ièn6, «todlatit iM p«H!f ëe l'Kglise et la splendlde orgaiiisatiAit du chrlstlkni»tâ« ; devait ^ronver pins de joie que dans ee temps de triMesM Msabnsée d'nn tonrt mloistèrei Ma ménioirë se Bè k tes iavs, qni féreot cetti de mes premières étodes^ et radtear des Dwi da BêmtgBfHi f otthrt bien aeeépter la dfr< iioaed do premier on?rfege de tua Jeenesie^ Philippe^ àugmiifn et le protégea de ses ailes, bdnrnie H. Gdicot af ait protégé de son saroir mes premières étndeâ bistoriqnes.
Maintenant je retiens ani amirês. Nona étidtis èbûi iê ininistère de M. de Martignac ; la réaction royaliste allait cesser, et M. de Baranle^ ft qtit lès idées sages et modérée^ plaisaieot tonjonrs, se rallia d'une manière lëjrdie kt^Êfê^ tènie^ qui efit santé la tottronné de Êhérles X. A la Chambré lai pairs, H le sotitint, et ecffnme rapporteur^ etcdmme membre de la majorité, jdsqn'k raténeroent de H. dé Poli^ gaae, qol le rejeta d'une ffe^ tfès-^ptoomieéè dahs r«p^ pailtian; tÉia toi}Mrts inree tes fd^dMé c*ii<dlMMe«» ^^^
ttt DIPLOMATES EUEOPlteNS.
sa nature polie et facile. Gomme il voyait de tous côtés rédiflce CFoaler; comme il était sincèrement attaché à la branche aînée, il soivoit avec inquiétude les folies du parti royoliste, auxquelles il s*était déjà opposé en 1815. Il ne se trouvait point à Paris lors de la Révolution de Juillet; son nom ne se montra qu'à l'époque ou l'esprit monarchique reparut avec le prince habile qui montait sur le trône. L'amitié de M. de Broglie et de M. Mole le désigna bientôt pour un poste de diplomatie, et il reçut l'ambassade de Turin. On recherchait alors les hommes considérables avec un reflet de popularité.
Il faut d'abord se faire une juste idée de ce que pouvait être la diplomatie de la France en 1830, et les opinions que l'Europe se faisait sur nous-mêmes, pour expliquer la difQ* culte alors des ambassades. La Révolution de Juillet avait fortement surpris et effrayé les cabinets ; par le seul fait de cet écroulement subit d*une dynastie, le repos de l'Europe était compromis, les traités mis en question ; en un mot, la paix se trouvait livrée au hasard d*une carte mal jouée ; il foUait donc choisir des ambassadeurs qui, avec une cer* taine renommée de popularité, pussent rassurer TEurope, et dire le dernier mot de la situation, le haut désir du roi de maintenir la paix, de respecter les traités, et d'amener, par la sagesse de son gouvernement, les esprits à un grand calme. Il fallait inspirer la confiance que souvent on n'avait pas soi-même, révéler la sagesse au miUeu des folies, et avee
LE BAEON BRUGltRE DE BABANTB. «5S
cela, ooDTaincre profondément les cabinets que ce qui s'était passé à Paris, était sérieox, durable ; qn'on ne voulait point de propagande , mais qu'on ne sooflHrait pas davantage dutenrention dans nos propres affaires; qu'en un mot, on se substituait à la Restauration pour les traités, mais aussi avec une certaine liberté d'allure pour les actes personnels do gouvernement.
La mission de H. de Barante à Turin , était d'autant plus délicate, que le royaume deSardaigne se trouvait dans une sitoation particulière, tant à cause de sa proximité des frontières de France, que par une circonstance spéciale : la présence de la plupart des sommités légitimistes, réfugiées à Turin ou à Nice. Le cabinet sarde , de son cAté, devait 9*iiiqttiéier de la propagande et de la complicité redoutée du goovemement français dans les projets aventureux que les patriotes italiens pouvaient essayer contre le souverain légitime. Dès son arrivée, M. de Barante, entouré, pressenti par les partis hostiles, dut convaincre le gouvernement sarde qu'il n'y avait et ne pouvait y avoir aucune connivence entre la jeune Italie et le nouveau gouvernement établi en France ; que ce gouvernement se poserait comme l'ami, le soutien des intérêts légitimes; mais qu1l ne souffrirait pas que d'autres gouvernements étrangers vinssent se mêler des anûres sardes; car, l'intervention autrichienne pourrait
amener une intervention d'une autre nature, que tout le
monde avait intérêt à éviter.
9M 9ipLQi|AfH HMMnf .
^. 4p B«Fa9l« eut |p boebror dt numnif^ i Tmvmt ni fçrt é^lr^» sMiQqy . lor a) » «u^qwfeîs m pra préf«ra . mil 0Wi 4AffS tQRtfti lus oircwstAPGM lérieoias, enigDait 4$ s§ ^«prppeUra ^fpe la FrfiiMi^. Il y ivait, eonne (mi- (9Rk m FJti tr4f -oppOKi aiii idéw fraofittei de 18W, at A M tto 1^ PWaw# 4fi Ffiltoviccipi , hmoma fi»rt lié avœ ta légitimistes. Ce parti n'était pas cônsidérabie, al If loi piaFle)hF^l|x na lui awr|it jamaia parmia d'aHev aa dali de W 406 l^f C09V«papG(i# da famiie at la mpacl du mallMMir loi 9pp){pap4aisot. Lps éyaQtoalîtéaancaassarialaa aaaiipaiaBt l^s efpritt à Tynn. |l. da Baranta a'ï trouyatt anbaisadear k P0B pFè4 daQi lu VfAme aîtnatioQ qua la pré^t de la Vaadé^ fptr^fojy » p'fitràrdire obligé da eoBdUav les devaira dit fiçila^ a( miltipUén avea la foosidéiatiaD , jediraiprMVM le ^Itg flqa I9I îafpiraîapt 4® graadas iafoitenes. 6'est daat «ettfe ffîbuitîoo fBonpIaie ^u'il appefta oi| aiprit tant pMa da ^éUcate^a et de gffàU II savait bian qae las goavenefl|ao(9 at lai vofal^a fisoullas ant des priacipes et des idées qu'il m faut pas haarter avae trop de violaace, qaa les révo- Iqtipas pi^iMqpes souk des faits leoteaMst et diMctiameat fccepté^f et que c'est déjà beauconp d'arriver k oa féealtat (}p cflpie at da paciQeation apvàs les graads troubles pabHci.
Jjorsqu'à rapprocha da débarquement de la duchesse àt f^çfjTf il 4e faiwa po yéritabla complot dont Nice fut le dpntrp, If. 4e Sara^ta dftf hautement porter bi parole, demander une réponse catégod^piaau aam da aan gomvar-
LE BÀftOH 9lt^lAll« » VAtANTB. lift
fiement , et il n*bé9lta PM daoi I« plein teowmliBtaiiKit de sa mission : c'est ici une distioctio» que les esprit! d'éljte fenti Mfent faire, ûnwd m accepte ene foactîDB, çb en fûwett teptfe retendue, tien même qsm certaines ehpfes fiPKPMti l»oapiietjeii«, k «oi beii{tadea. M. de Sasante It i «tfte 4iMDiep|agieiin ypyegçs A Paris peur remplir les 4W9Îff poiilJQM W les defeirs jiididairfis de la paiiie , et il put eiesi parfoitemeot eiposer la véritable letiiatioB des ffpriti dens le« ïtets dure! de aardeigee, Une fois les ps^- Hièm ébnlUtions qui ayeient snivi le tentative de liABAiiB lent A fait apaisées, il ne re^ plof entre l^p dem «enlamemeBta que des rapperts parfaits.
Le roi Ciiaries-Albert, prince tràsreppiiqné, eifait pas |o<ttpewle carartère de Tambasiedearde Franec. H. de Imete «fait montré une très -grande discrétion dons tontm les affaifes dn e omplot de la dnehesse de JBerry ; Util des dûcqmenti avaient été tronvés 1ers de la eapti* nté de MiPAitt; il y avait des chofes si intimes qne* poor appeler une grapde indulgence sur tous , il fallait flsire tiiparaUffe m atténuer les traces malheurenses de con|dieité et de dévouement. Toutes les fois qu'il s'agissait des (snonoes, li. de Barante ne nentrait large et focile , lomque Im iotérftts de son goov eraement ne dejpandaient pas l'apllintioH vigoureuse d*iin principe de force et de sécnvité; tf f'ort ce qni distingHe recelé véritablement poUlique < raé- MWrlesfeiio^pts, rbenMBf» les jentiments de 4éliea-
tM DIPLOMATES EUROPÉENS.
icsse, et néanmoins aller droit au bat de forcé et de dignité goQvemementale.
Après sa légation si délicate à Turin, M. de Barante fat appelé à un poste véritablement capital , l'ambassade de Saint-Pétersbourg. Quand il accepta cette mission , il dat se faire une idée exacte » naturelle de ses devoirs dans une sphère si élevée. D*après les renseignements recueillis, comme toujours « avant de désigner un ambassadeur, od pouvait croire que M. de Barante serait personnellemeot accueilli avec une grande faveur; la société littéraire de Pétersbourg avait apprécié ses livres , et XEMoirt des Dues de Bourgogne spécialement; ce beau travail lui avait donc créé une grande popularité. H. de Barante, de plus, était un homme bien élevé , qui devait attirer à loi ce que la Russie avait d'élégant , de spirituel et de sérieux. Mais M. de Barante n*allaitpas à Pétersbourg pour se représenter lui-même ou la littérature française; ce n'était pas Tacadémicien qui devait y tenir sa place, mais Tambassadeur, et, avec Tambassadeur, le gouvernement et le roi qui en était le chef. Telle était la série d*idées fort exactes à travers lesquelles on devait passer pour arriver enOn au véritable sens de Fumbassade de Pétersbourg. Ce n'était point des honunages, un accueil personnel qu'allait chercher là M. de Barante, il savait qu'il l'obtiendrait dans de très-larges conditions; il allait représenter sa cour, y développer les affaires, et obtenir enfin pour son gouvei-
LE BARON BRUGlàRE DE BARATTE. i&7
nement tous les égards qui lui étaient dQS;Vest dans celte pensée de bien faire comprendre la vérité sur l'esprit et la force de rétablissement du 9 août, qu'il accepta une si haute mission. Il est essentiel de donner maintenant un aperça des affaires qu'il fallait suivre auprès de l'empereur de
Quand M. de Barante fut nommé à l'ambassade de Pétersbourgy la question de Pologne était véritablement épuisée ; s*il y avait encore quelques protestations dans la presse eti la tribune , si les Chambres votaient des adresses stériles , le corps diplomatique savait que , par rapport à la Russie , le sort de la Pologne était définitivement fixé ; jamais » en aucun cas , le cabinet de Pétersbourg ne reviendrait de sa résolution sur la fusion de la Pologne dans la nationalité russe, et à moins de déclarer la guerre (ce qui était une folie] , il n'y avait , quant à ce, rien à espérer. La grande affaire, qui seule pouvait préoccuper les hommes d'État , c'était l'Orient : la lutte entre la Russie et la Porte s'était changée en une alliance intime , et une fois cette alliance conclue par le traité d'Unkiar-Skelessi, il fallait en adoucir les termes, en faire régler les conditiE^ns , pais enfin éviter un conflit entre le pacha et la Porte Ottomane; hautes difficultés qui se rattachaient plus spécialement à l'ambassade de l'amiral Roussin à Constantin nople.
Lord Durham. était déjà envoyé à Pétersbourg. En attenm: 47
daiit le terme de sa missiop, il avait suivi la route de la Méditerranée , visité lord Ponsonby à Constantinople, et traversé ainsi toute la Russie. Ce fut également cet itinéraire que prit M. de Barante, afin de s'enquérir par lui-même des détails et des tendances de cette question d'Orient qui devait faire l*objet principal de sa mission à Pétersbourg; car, M. de Barante le savait , celle-là seulement pouvait être l'objet d'une discussion sérieuse ; tout ce qui se rattachait au grandduché de Varsovie était aux yeux de l'empereur une question finie, en dehors de toute discussion d'aflbires* A Codstantinople, l'amiral Roussin , et M. de Billecoq, premier secrétaire^ paraissaient pleins de sécurité sur le maintîeo de la paix entre la Porte et le pacha : lord Ponsonby s'agitait beaucoup, agissait avec celte vivacité de caractère et ce dandysme de formes qui est un peu le type de l'école de lord Palmerston. M. de Barante put voir avec quelle activité , quelle persévérance l'Angleterre suivait son plan dans les questions orientales, et comme preuve, il vit signer, pendant son séjour à Constantinople, le traité de commerce et de libre échange que l'Angleterre venait d'obtenir de la Turquie sous l'action de M. Bulwer ; résultat que nul ne pouvait prévoir , et qui constata jusqu'à quel point l'Angleterre était entrée dans la confiance de la Porte. Lord Ponsonby encourageait le sultan à la guerre contre le padia , ou au moins il laissait les préparatifs s'accoknplir, et ce rdle, opposé aux paroles de lord Ponsonby à l'amiral Roussin,
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deyait tAt ou tard amener un conflit ; l'ambassadear put dès lors s'en Convaincre.
Débarqué à Odessa, M. de Barante traversa par terre tous ces vastes pays, ces populations incultes qui séparent la Crimée de Pétersbourg. Ce fut pour lui une route pitto* resqae, instructive; l'aspect de cette civilisation étrange, de ce mécanisme militaire à côté du servage , et d'un bonheur patriarcal avec toutes les privations de la vie sociale : ici» des villes moitié asiatiques, moitié européennes; là, de fertiles campagnes cultivées, des steppes, des forêts profondes, le Volga, des lacs, des montagnes; quelque chose de robuste dans les hommes , et de limité dans les intelligences ; un ordre administratif établi conune l'engrenage d'une lourde machine. Cet aspect curieux devait faire naître mille pensées diverses dans une imagination méditative comme celle de M. de Barante; il put voir beaucoup, comparer les forces , et examiner si réellement cet empire gigantesque recèle une menace immense dans l'avenir de la gnerre et de la conquête du monde , et si enfin la Russie , robuste colosse, pour une gnerre orientale, apporterait une égale force dans une campagne d'Allemagne ou des bords du Rhin. C'est avec ces préoccupations que l'ambassadeur arriva à Saint-Pétersbourg, et il reçut partout on accueil distingué.
La société de Saint-Pétersbourg a une physionomie à part; eUe réunit la.poUtease, le savoir et le désir de plaire.
Les étrangers qui ont habité Pétersboarg, quelquefois mal prévenus, ou méprisant un peu trop les façons du monde, se sont plaints de l'accueil froid et indifférent qu'on leur a fait. D'autres aussi, parfaitement accueillis, ont commis la mauvaise action de déchirer ceux-là même qui les avaient comblés de politesses et de prévenances : cela tient aujourd'hui en garde la haute compagnie de Pétersbourg. Les étrangers qui y sont admis se croiraient presque dans un des plus purs salons du faubourg Saint-Germain : l'oniforme domine , tempéré par la grâce nonchalante des femmes et l'instruction très-avancée des gens bien nés, qui savent toute notre littérature , mieux peut-être que nous-mêmes. Comme on n'y connaît ni les maussades débats des Chambres, ni les répétitions incessantes des journaux, ni les orgueils et les personnalités de la tribune, on cause lettres, beaux-arts et renommées scientifiques. S'il y a des formes , de l'étiquette , elle est tellement mitigée par la grâce des rapports, qu'on s'en aperçoit peu. BI. de Barante vit beaucoup le monde, sans choisir de salons spéciaux ; il ouvrit ceux de l'ambassade , et sa gracieuse famille devint ainsi le centre de la bonne compagnie française de Pétersbourg.
Admis à présenter ses lettres de créance, l'ambassadeur reçut le plus favorable accueil de l'empereur Nicolas, qui, dit-on, lui parla de ses ouvrages, du plaisir qu'U avait à le voir auprès de lui ; il l'entretint d'une façon convenable de la France, de son souverain^ rappelant même
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des soQTenirs personnels auxquels l'empereur semble attacher on grand prix, liais l'ambassadeur dut s'aperceToir, an premier échange de mots, que la situation était telle qo'O la saTait , c'est-à-dire qu'il y aurait bienveillance personnelle, des dispositions conciliantes, une facilité extrême de traiter les affaires» mais qu'il serait difficile d'aller au delà, jusqu'à ce que certaines préventions fussent entièrement effacées.
Et ici j'ai besoin de m'expliquer une fois encore. L'empereur de Russie est certainement un souverain loyal -et franc; mais il est demeuré sous l'empire de certaines préoccupations, et la plus absorbante de toutes , c'est qu'il avait cru, avec bonne foi, que l'ordre établi par suite des déiAorables événements de 1830 n'aurait aucune durée; il en avait conclu tout naturellement que dans une situation Doavelle, amenée par une crise européenne, il aurait à jouer le rôle de son frère Alexandre , pour lequel il a conservé une tendre et respectueuse vénération. Ces préoccupations, Fempereurles a gardées à travers tous les événements qui sont venus les démentir; s'il conserve des rapports de bienveillance et d'affaires avec la France, il tient trop aux premières inipressions conçues; comme il y a cbez lui un sentiment religieux pour le droit, fl en tire des conséquences extrêmes, non point par tendresse spéciale pour le parti légitimiste, qu'il n'aime pas, mais parce que l'empereur n'a pas encore suffisamment
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compris que dans la marche du temps et des faits » fl y a certaines nécessités providentielles qu*on n'a pas voulues, mais qu'on accepte parce que l'ordre européen s'y mêle et s'y confond, et qu'elles sont venues à temps pour sauver h société en péril.
M. de tarante n'eut qu'à se louer de ses rapports diplomatiques avec la cour impériale; tout ce qu'on avait d'affaires était bien conduit, admirablement écouté, et jamais la France ne fut repoussée dans ses justes et légitimes intérêts. Tout ce qui ne se fafsait pas tenait à des rapports de personnes , à ce qui touchait les intimités de fomilte, aux naturels compliments d'étiquette et de correspondance , et encore était-ce phitAt par suite d'une habîiade prise que par un sentiment réfléchi. L'empereur, le ^Ins convenable des souverains, s'exprimait toujours avec Fambassadeur en termes pleins de tenue sur la dynastie avec laquelle 11 n'avait pas .de rapports de cour et de chancellerie intimes, mais nul n'osait lutter d'une façon ouverte, pas même H. de Nesseirode, contre des préoccupations vieilles comme la Révolution de 1830, et qui se rattaèhaient peut-être comme réaction, à la trop grande faveo^ avec laquelle le comte Pozzo di Borgo avait accepté le fait accompli ; l'empereur Nicolas était très-prononcé contre la correspondance du comte Pozzo , qu'il n'aimait pas ; et la mission du duc de Mortemart, très-favorable au système de paix, avait, comme rapport de cour, plutôt compromis la
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sitoation qu'elle n'avait avancé les idées et rafTermi les relations de souverains. *
Tonte la diplomatie se préoccupait de la mission de lord Durham. La faveur avec laquelle Fempereor Tavait accaeilli cachait un dessein secret d'alliance, et une volonté coquette déplaire même aux whigs. De la Pologne, je l'ai déjà dit, il ne pouvait plus en être question comme affaire. Lord Durham Tavait complètement abandonnée; M. de Barante ne pouvait seul la défendre. Un ambassadeur, un homme d'État ne doit jamais aborder de difficultés qae celles qu*il peut résoudre, autrement c'est com- ]»romettre son crédit; lord Durham, d'ailleurs, tout à fait sons le charme de Fempereur, ne secondait que très-faiblement le système de protestations; et quant à la questioD d'Orient débattue à Constantinople d'une manière lériense entre M. de Boutenieff , l'amiral Roussin , l'inter- Bonce d'Ottenfels et lord Ponsonby, elle ne retentissait à SUnt-Pétersbourg que comme l'écho de la négociation principale, et lord Durham, sous le charme d'une grande illunon, était entré dans le système russe ^
Le rôle de M. de Barante était donc ici tout d'information, d'examen; mission qui demandait une vive intelligeoce, spédalement en Russie où les événements les plus
1. Pour les deuils, voyez mcn traTail sur L'Ewrope depuis favénê- «MM dv ro< LouU'Pkaipp$.
S6i DIPLOMATES EUROPÉENS.
sérieax de la politique n'ont aucune publicité. C'est là qu'on peut se convaincre d'une vérité pratique, à savoir qae lorsqu'un souverain puissant est dans une voie bonne on mauvaise, le sentiment de lui-même domine tout, et qu'on y persiste moins parce qu'on est juste que parce qu'on est engagé d'amour-propre. Autour de l'empereur il y avait une multitude d'hommes éclairés, de gens de cœur et d'bonnear; mais les uns, tel que le comte de Nesselrode, n'osaient pas dire toute la vérité,^ les autres, tels que les aides de camp de l'empereur, gens de dévouement et de bravoure, gardaient un si grand respect pour la majesté impériale qu'ils lui laissaient ses volontés, ses instincts même, sans oser les détruire ou sans les éclairer; de manière qu'une fois une idée conçue, l'empereur la gardait jusqu'au bout.
Ainsi se trouvait M. de Barante à Pétersbourg, cherchant à triompher d'une position souvent délicate, et que des incidents venaient encore de temps à autre comj[)Iiquer. La timidité du comte de Pahlen à Paris, les démarches qui furent moins peut-être le résultat d'une réflexion que la suite et la conséquence du hasafd , mille causes particalières, tout devait contribuer à rendre difBcile la présence d'un ambassadeur en titre è Pétersbourg. Toutefois, c'est une erreur de croire qu'au moment où M. de Barante prit congé de l'Empereur, il y eut des complications particulières qui commandaient d'une façon absolue le rappel de M. de Barante. On pourrait même dire que les grandes