‹ Les diplomates européensChapitre 33 sur 117 · LE COMTE DE TOEENU. B7I · texte numérisé non relu

LE COMTE DE TOEENU. B7I

tière, dcjpaîfl Fépoqae des cortès de 1812 et la guerre de riodépendance , événement auquel se aièle le comte de Toreno , jusqu'à ce moment où Ton reparle du traité d'UtrediL Les Yîeiiles choses ne sont pas mortes, comme OD le répète parmi les jeunes bien décrépits.

Don José-Maria^ueypo de Uano, Jlaiz de Sacavia, vicomte de Matarrosa, depuis comte de Toreno, était né A Oviedo, dans les Asturies, ce pays de montagnes qoi fournit à Madrid une grande partie de la classe laborieuse, les muletiers asturiens, les vendeurs d'aguafrnea célèbres jusque dans Fadroirable roman de Don Quichotte. Don José naquit quelques années avant la révolution française, en 1786, le 26 novembre, à la fin du règne de Charles III, roi travailleur dont le nom est populaire en Espagne. Il alla bire ses études dans la vieille Castille, et se trouva tout jeune homme, en 1808, lorsque le cri de rindépendance espagnole se fit entendre pour secouer le joug fatal de Napoléon. Don José avait sucé dans Tair des montagnes une énergie de caractère et une surabondance de force; et, bien qu*à vingt-deux ans à peine, il se chargea d'insurger sa province et de l'organiser, dans cette guerre i mort que les guérillas déclarèrent à l^^ppresseur delà patrie. Glorieuse époque pour la Péninsule *.

1. rai cberclié nétomoins il la ftire comprendre dans nHm iniyaU de ffurofit durant le Consulat et VEmpirê iU Nafiolion.

f7I DIPLOMATES EUROPÉENS.

Le mouvement d'insurrection qui s*étendait sur toute l'Europe, à cette époque, n'a jamais été parfaitement compris , et pour l'étudier spécialement en Espagne , il faut savoir que plusieurs écoles (si l'on peut appeler écoles les dissidences d'opinion dans une terrible émeute de peuples) se révélaient au milieu de la prise d'armes. 0 y avait d'abord le mouvement religieux, énergique, puissant, les moines, lesfrayles^ si nationaux en Espagne, chefs des bandes de guérillas, héroïques sous les ruines de Saragosse. C'était le parti véritablement espagnol, le parti peuple, celui qui délivra la patrie. Puis, à ses côtés, et marchant néanmoins à la délivrance commune, se trouvait une école libérale et spéculative qui spécialement dominait dans les Cortès de Cadix. Le xviir siècle avait laissé quelques empreintes en Espagne dans les hommes de science, d'éducation polie ; le comte d'Aranda les avait favorisées, et ces idées , survivant à Tépoque de la révolution française, s'étaient inQltrées dans les traditions historiques, popularisées par la Theoria de las Cartes, du chanoine Mariana. Ce parti enthousiaste des formes constitutionnelles de 1789, sacrifiait en échange les fuêros de chaque ville, de chaque province. En 4808, ces deux nuances se confondaient dans une même énergie contre la tyrannie de Napoléon et le gouvernement de l'imbécile Joseph; plus tard elles devaient se retrouver dans une lutte politique.

Le comte de Toreno appartenait essentiellement au parti

LE COMTE DE TORENO. rs

philosophique de l'Espagne ; son éducation l'avait façonné à ces idées de reforme politique et ecclésiastique que le comte d'Aranda avait mis à la mode, et presque aussitôt 00 le voit en rapport avec l'Angleterre , habile à exploiter la tendance des Espagnols contre l'action française.

Curieuse étude à suivre , que cette alliance des intérêts anglais, et de ceux qui s'appelaient les libres penseurs da xviir siëde I C'est don José qui se charge d'aller sollidter, k Londres, les secours nécessaires pour l'insurrection des Asturies ; il négocie, et se fait, dès ce moment, le partisan passionné des anglais. De Londres désormais vient son appui et sa protection. Si les moines [les frayles), vrais Espagnols, conservent une vieille et nationale antipathie pour les habits rouges , il n'en est pas ainsi des philosophes aux Cortès; aussi, pour récompenser le zèle de don José, l'Angleterre favorise son élection , à l'ftge de vingt-cinq ans à peioe, pour les grandes Cortès de Cadix. Il était alors colonel dans l'armée nationale, ou, pour parler plus exactement, chef d'une de ces bandes de guérillas qui harcelaient les armées françaises; è cette époque, les fonctions et le devoir étaient complexes, parce que tous les députés aux Cortès appartenaient à l'mrmée ou aux ordres religieux, qui étaient aussi une armée. A Cadix, don José se révéla immédiatement dans son anoour pour les deux idées Inséparables, le xvi]i« siècle et l'Angleterre ; il se prononça conune l'ennemi le plus vif des institutions monacales, et le partisan

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