‹ Les diplomates européensChapitre 34 sur 117 · III · texte numérisé non relu

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»i DIPLOMATES EUROPÉENS.

le plus chaud de T Angleterre. Il attaqua rioquMÎtiOD, a'efforçant ainsi d'enlever à l'Espagne son caractère, sa force de nationalité, pour en faire un second Portugal soos la domination des tories ou des wbigs, avec ane flotte anglaise à Cadix ou à la Corogne. Cette situation, prise daos les Certes de Cadix, amena la disgrAce du comte de Toreno, lors de la restauration de Ferdinand VU, prince qu'il faut aujourd'hui juger avec impartialité dans ses actes comme dans sa politique. Le nouveau roi d*£spagne n'était pas uo homme aux idées étendues, d'un vaste développement d'intelligence, mais il avait deux sentiments très-exdiisifs;il était Espagnol et Bourbon ; Espagnol avec tous les défauts et les qualités de ce caractère national : de la paresse non* cbalânte et une énergie abrupte , de la familiarité domestique, et du despotisme oriental, quelquefois de la cruauté comme un chef de guérillas ou un picador de taureaui. Il était Bourbon par son indicible tendance envers sa race, par Torgueil de sa maison , par l'amour de la vieille monarchie , et une répugnance invicible pour les nouveautés libérales ; religieux par la pensée, licencieux par la parole, Espagnol, et cela comme le muletier des Âsturies, ou b manolia de Madrid, ou le hidalgo d'Andalousie. Ferdinand VU, avec une sagacité instinctivOi sut parfaitement distinguer, en 1814, les vrais libérateurs de la patrie, les vieux Espagnols, en armés pour elle, de ces turbulents députés des Gortès qui s'étaient ligués avec l'Angjieterre pour

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faire Iriompher ms idées et sa domination, plus encore que k nationalité espagnole. Don José, appartenant au parti des iibéraui anglais, fut obligé de quitter TEspagne, et vint alors se réfugier à Paris. Cétait Tépoque de ces conspiration! ardentes qui se liaient au soulëvoment général de TEurope. La constitution des Cortès devint alors à la mode ; ou la proclamait partout en vertu de Tinsurrection militaire, à Cadix, à NapleSj à Lisbonne. Par ses prouesses et ses antécédents, H. de Toreno devait seconder de toutes ses forces ce qu*il appelait les espérances de sa patrie. Après la campagne de 1823, le système national des Bourbons triompha; le pacte de famille reçut sa complète exécution par TexpédilioD de M. le duc d'Angoulème , et la chute des Cortès de Cadix.

Mon Diea ! sf la vieille école libérale n'avait pas tout corrompu, les idées et les faits, on verrait combien la maison de Bourbon fut nationale , et avec quelle persévérance elle arait compris les intérêts et les traditions diplomatiques du pays. Lorsque, en 1833, elle allait détruire, en Espagne, les Cortès, et rétablir Ferdinand Vil, quel était son but? une vigoureuse lutte contre le système anglais qui, à laide de la constitution , voulait s'emparer de l'Espagne comme il avait fait pour le Portugal. L'Angleterre avait soutenu la révolu* tion de 1820; Canning n'avait*il pas montré toutes ses co^ Kres, et jeté toutes ses menaces? La restauration de Ferdinand VU ne fut donc que le triomphe du système français;

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si Ton suivait une b une les questions diplomatiques depuis un siècle y on verrait que la grande plaie pour notre France a été rinflueiice du parti philosophique et libéral. Au xviir siècle, il vendait la patrie b Frédéric et à Catherine, et, sous la Restauration il était prosterné aux pieds de TAngleterre pour la supplier d*empêcher l'armée française de pénétrer en Espagne, comme, plus tard, de conquérir Alger; sanglante prostituée, la Révolution parlait néanmoins de sa vertu et de sa chasteté patriotiquel

En 1826, alors étudiant à Paris, je rencontrais souvent, à la Ribliothèque du roi , deux hommes fort modestes , qui visitaient ses longues et savantes galeries, sous la direction du prodigieux Van Praet; Tun et l'autre parlaient français avec une accentuation espagnole, gutturale, un peu étrange (et qui dans l'espagnol vient de Tarabe). C'étaient M. Martinez de la Rosa et le comte de Toreno. Tous deux s'occupaient d'érudition et d'histoire; Martinez de la Rosa, Grenadin d*origine, rêvait de son Alhambra, de ses souvenirs moresques, de ses églises dentelées; Toreno , qui avait une vigueur plus grande dans l'esprit, des fibres plus vivement émues par les choses politiques , préparait son Histoire du soulèvement de VEspagne sous Napoléon, Nul n'était plus capable de suivre et d'accomplir une pareille tftche ; acteur dans le mouvement, soit è l'armée, soit dans lesCortès, homme politique avant tout, le comte Toreno avait pu comprendre la cause et le développement de cette

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