‹ Les diplomates européensChapitre 36 sur 117 · LB COMTE DE TORBNO. 8M · texte numérisé non relu

LB COMTE DE TORBNO. 8M

Toreoo visita plusleare fois encore l'Angleterre, rAllemagne et ritalie. Qaoique, par ses principes et ses antécédents, il appartint an parti pMosophiqae, il avait essayé également, à Rome, ane négociation que la reine Christine avait tont à bit à cœor : c'était la reconnaissance et la bénédiction de son mariage secret avec le duc de Riançarez. Il se passait un fait fort triste dans l'Espagne catboliqae ; ce pays, où les émotions religieuses sont si puissantes, avait été mis, par la bute de son gouvernement, dans une sorte d'interdit avec Rome. Le Portugal avait obtenu son concordat, quoique aoos Tinfluence de la domination anglaise, et TEspagoe vivait comme en dehors de TÉglise. La reine Christine mettait donc un haut prii à obtenir à la fois la bénédiction de son mariage et la réconciliation de l'Église espagnole avec le MÉit-iiége. En vain la négociation fut ébauchée par le comte de Toreno : sa solution était réservée à un négociateur plus catholique, qui visita lltalie deux ans plus tard' . A son retour de Rome, le comte de Toreno séjourna quelque temps à Faris. La maladie dont il était atteint fit de visibles progrès, et il y mourut dans l'hiver de 1843, avec la réputation d'un Iwmme d'érudition et d'esprit, gâté par deux idées, la philosophie du XYiir siècle et la manie du système représentatif appliqué partout et à tout. L'école de M. de Toreno était

1. Le duc de Gor, Je crois, qui a présidé la Chambre des pairs , et que ie leaooDtiai ea Italie eo 1S45.

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une nuance de celle de M. Martinet de la Rosa, pins pronon* eée dans le sens du libéralisme. En vieillissant» M. Martiott de la Rosa était devenu plus monarchique ; le comte de T<h reno gardait ses souvenirs des cortés de 1811 avec on carac< tére plus courageui , plus imprudent, en mémoire de sa première éducation militaire. H. Hartinezde la Rosa, oonum M. Istnriti» sut parfaitement s'accommoder des formes monarchiques, tandis que le comte de Toreno croyait possibles les idées des cortés de 1812.

Au reste, ce qui se passe en Espagne constate que les mœurs des peuples, quelque violence qu'on puisse leur faire^ restent toujours les mêmes ; elles éclatent et triomphentfcM ou tard. Est-ce que, de bonne foi , TEspagne possède le système représentatif, avec ses libertés nécessaires? Nullement Aiqourd'hui c'est un dictateur qui prend le pouvoir, arrête et fait fusiller les journalistes ; le lendemain, on perçoit l'impét sans le vote des Chambres ; un général établit la censure de sa propre autorité; une feuille déplaît, on la supprime; oa homme est-il suspect, on l'arrête sans ménagement C'est donc absolument ce qui se passait sous le roi absohi, avec cette seule différence qu*il y a d'autres noms, des semblants de liberté, et, comme couronnement, un peu de guerre civile, une dette accablante, des impOts difficiles et la misère du peuple. Il faut espérer que cet état de choses aboutira enfin à la véritable théorie monarchique. Déjà l'idée de Louis XIV se réalise : la maison de BottrtM)n en Espsgne

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