PARIS : AMYOT, RUE DE LA PAIX
A mesure que rhistoire populaire se jette dans des Toies toujours plus étranges et fantastiques sur les époques contemporaines et sur les hommes qui y ont joué un rôle, je crois indispensable de persévérer dans la mission que je me suis donnée de garder la vérité historique comme dans un vieux reliquaire. De là, ces publications répétées qui me paraissent un devoir. Je Toadrais lutter, s'il était possible, contre le torrent qui aborde partout et pousse la société dans une si fatale confusion d'idées. Je puis me tromper sans doute, mais personne plus que moi n'apporte de conviction et de persévérance dans son œuvre.
Je publie un nouveau volume sur les diplomates
européens ; c'est encore la biographie des hommes de conservation et d'ordre, si tristement calomniés par l'école actuelle, et que je veux présenter dans la vérité et la certitude historiques. Il n'y a que délation et outrages contre ceux qui ont préservé la société des ravages de la guerre et de l'anarchie, tandis que les éloges sont prodigués à ces personnages sanglants des jours de la terreur républicaine, à ces gentilshommes sans mœurs, à ces avocats sans cause, à ces abbés défroqués, à ces procureurs tracassiers, ou à ces ignobles produits des mes de Paris qui composèrent la tourbe révolutionnaire. Les esprits de conservation sont flétris, outragés, ies démolisseurs exaltés jusqu'aux cieux; la presse s'unit partout dans cette osuvre mauvaise; et peut-être me saura-i-on gré de persister dans ma tâche de vérité et de conscience.
J'ai choisi dans les diplomates anglais le marquis de Normanby et lord Aberdeen. La politique française de diverses époques est représentée par le duc de Mortemart, M- de Martignac, le duc de Bassano, le nutféchal Sébastiani et le comte de Sainte-Aulaire. L'Autriche, par le baron de Thugut et le comte de Stadion ; le Portugal, par le marquis de Palmella; la Suède, far les
comtes dft ixBwenhieliii. Cest peut --^ être une hardiesse facilement eipUqoéé lorsqu'on pénétrara au fend des personnages historiques, que de comprendre parmi les diplomates le roi Léopold de Bdgiqne et le roi de Prusse Frédéric Guillaume IV; l'un mêlé à toutes les négocia^ dons importantes de l'Europe, l'autre qui a essayé pour l'Allemagne une ceuyre hardie dont les résultats ne peayent être encore appréciés. Enfin, comme dans mon opinion, une force immense se rattache à la puissance catholique , j'ai osé aborder le caractère du pape Pie IX ; je l'ai TU et jugé comme souverain temporel , homme d'Etat, comme novateur en présence du sacré collège , de l'Italie et de rAutriche.
Ce sera donc encore l'histoire contemporaine par les hommes. Peu de réclamations me sont venues à la suite de ces volumes; j'ai cherché à y mettre les soins les plus scrapuleux. Si quelques erreurs m'étaient échappées, je supplie qu'on les signale , car je ne me donne pas ce caractère infaillible que s'attribue dans sa vanité, Técole philosophique contemporaine. Toute ma fierté, s'il est permis d'en avoir dans les OBUvres humaines , sera d'avoir lutté de toutes mes forces contre l'erreur , d' éprouvai* une vive répugnance pour les choses vul-