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LE BÂEON DE XBU6UT ET LE COMTE DE &TADION. M

délicate de M. de Mettérnich envers Napoléon lai crée al^rs toute son importance. Depuis 1813, M. de Mettérnich se cache dans toutes les négociations publiques , et le comte de Stadion parait seul parce qu'il est plus libre de souve- Birs et d'engagements.

Au congrès de Vienne les choses rentrent dans Toi^dre ; le comte de Stadion assiste bien aux délibérations , prend une part active aux affaires de son gouvernement, mais le prince de Mettérnich seul les dirige, car à Vienne les puissances rentrent dans leurs intérêts, dans leurs habitudes. M. de Mettérnich, qui n*a plus d'engagement personnel avec Napoléon (le grand Empereur est tombé), se place publiquement à la tête des affaires, et ne laisse plus au comte de Stadion qu'une position de concours à la suite des vastes n^ociations du Congrès.

Dans toutes ces négociations, une spécialité d'affaires 8*étaît révélée chez le comte de Stadion ; c'était la science financière ; lors du règlement des subsides suivi avec l'Angleterre, il avait montré un esprit sûr, droit, d'une probité hors ligne, et d'une capacité particulière pour la répartition des contingents. Le prince de Mettérnich ayant pris la première place diplomatique, le comte de Stadion n'y pouvait plus prétendre, et il se renrerma dans le département des finances qui lui fut confié , poste d'autant plus difficile de 1816 à 1821, que dans les demièrea guerres la dette publique s'était considérablement accrue. Depm's

94 DIf LOltATkS EtlROfÉËIfft.

1792, r Autriche avait fait sept campagnes, toujotirs airec un état militaire de 350 mille hommes ; et auï ressomx^ ordinaires de son bndget elle avait ajouté toutes les voies extraordinaires, là création d*un papier-monnaie. En 1813, le discrédit de ce papier fut tel , que pour émettre un emprunt , les capitalistes demandèrent la caution de TAdgleterre, que celle-ci accorda généreusement. U fallait donc régler tons ces divers intérêts, répartir les subsides, discuter, soit avec l'Angleterre, soit avec la France, stir les indemnités , et en toutes ces circonstances , le comte de Stadion développa une aptitude très-remarquée, et Une bienveillance de rapports au-dessus de toute limite. Pendant dix ans il thit te portefeuille des finances, sans que personne lut disputât ce département; tel est le amiCr tère de stabilité des hommes d*Ëtat à l'étranger, et c*est cd qui leur donne Une supériorité souvent déctsivô suf dos propres ministres; longtemps dans les mêmes fonctions, ils ne sont pas toujours en butte à une opposition qui veut les renverser, non point dans un intérêt d*utilité publique oa générale^ mais pour saisir des portefeuilles en vertu d*ufl certain égoisme de partis.

En Autriche, chacun a sa position marquée, et il y resté sll remplit son devoir. Le prince de Mettemlcb est premier ministre depuis 1810, c'est4-dire qu'il a trente-sept ans de service dans les aObires étrangères ; et durant ce long espace de temps, il a pu tout vch", tout apprécier, ks hommes et

LE BARON DE tHUGUt KT LE COMTE DE STÂDION. §S

leê cbosed; H a Atqtits cet esprit de suite et de tradition, la premiëlre gai^ntie d'une bonne gestion des afihireS. Le comte de Fiquelroont compte également plus de trente ans de sèrtlee , soit dans les ambassades, soit dans les minis» tères ) le Comte Kolowrat a commencé à étudier Tâdminis^ tration eti 1805; M. Mûnch defiellinghaUsen préside depuis 1817 la diète de Francfort, et pour revenir aux deut personnages politiques de cette notice, M. de tbugnt et M. de Stadion se mêlèrent pendant vingt-cinq ans à toutes les affUres de là mooardiie autrichienne.

Yleillard, H. de Thtigut s'était rétiré dans ses terres de Hongrie, où tl ^vait repris tout son goût pour les langues orientales. A la fin de sa vie, il était coHune revenu au commencement; il occupait ses loisirs % populariser les langues persane, turque, arabe, avec ta même persévérance qu'un membre de Tacadémie de Vienne, et la même aptitude que M. de Hammer. n mourut & quatre-vingt-trois ans, en 1818 ; sii ans plus tard, le comte de Stadion le suivait dans la tombe ; mais lui quittait la vie en plein eiercice de ses fonctions, ministre des finances de la monarchie autrichienne, laissant une réputation honorable, sanS avoir ao* <tuis un florin de plus durant ses longues fonctions. L'Bm- ^reur François, si probe, si honnête honune, voulut que ses AinârailleB se flsletit aux dépens de son trésor.

Je mets un soin particulier à faire connaître les existences des hommes d'État étrangers, afin d'effacer les préjugés et

les fausses notions qui existent en France sur tous ceux qai n'appartiennent point à ce que j'appellerai la Yulgarité de Topinion. La vie de M. de Tliugut démontre que dans ces pays qu'on appelle aristocratiques , il y a des fortunes qui s'élèvent et grandissent en partant du peuple ; fib d'un simple batelier du Danube, Thugut devint premi^ ministre, et ce qu'il faut signaler c'est que ce fils du peuple se fait le plus grand antagoniste de la Révolution française. Cela prouve qu*en politique ce n'est pas toujours parce qu'oo sort d'une classe qu'on la protège plus spécialement ; les gentilshommes furent les ardents promoteurs de la Révolution française. Les plus grands réprimeurs de démocratie viennent souvent des masses; ils craignent leur mère pacae ft'ib la connaissent. Quant à la vie du comte de Stadjon» elle prowe que ce n'est pas spécialement sous le système représentatif que Tordre et la régularité régnent dans les finances. Il y a dans Jes monarchies absolues des hoaunes de grande habileté pour ces sortes de gestions. La surveillance d'un conseil de finances suffit, et la probité particulière fait le reste. Nous traitons ces hommes d'État avec trop de méfiance, et il ne faut pas croire que parce qu'A y a des comptes publics et des chiffres alignés, les erreurs et les concussions soient plus difficiles que dans la monarchia où l'honneur et la probité publique protègent le trésor national.

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