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M piPLOMATBS EUlOPtiPIS.
culer d*ane manière trop absolue , et ne pas tenir asseï de compte des événements.
En ce temps , par la volonté de Napoléon, le baron de Thngut s'était retiré dans ses terres de Hongrie, et il frap^ pait le comte de Stadion de cette même disgrAce. Les deux hommes d'État devaient s'effacer jusqu'à ce qu'un nouvesit système surgit, et le temps n'en était pas loin. M- de Xhugut , vieillard , n'aurait pas sans doute we grande iiction sur les événements ultérieure ; mais M. de Stadion, actif, jeune encore, devait bientôt reprendre le rAle que ses tfilents et ses souvenirs lui assuraient* M. de Thngat semblait si parfaitement retiré, que sur quelques indications M. Maret enleva de son service Pellenc, le secrétaire de Mirabeau dont j'ai parlé, et qui fut dès lors attaché mn affaires étrangères à Paris ; M. Pellepc, bonune d'esprit, frotté à toute la littérature du xviir siècle , connaissant très-bien l'Autricbe et ses affaires , du moins )e coloris et l'extérieur, car ce cabinet babile, sil^qç|enx, ne se commur nique à personne , pas même à ses figents. Ses desseins reposent dans quelques tôtes, et ce n'était pas au reste le secrétaire du système très-vieilli de M. de Tbngut qui pouvait donner des renseignements réels et précis sur le sens de la politique allemande et sur les besoins nouveaux des peuples qui se soulevaient*
Cela est si vrai , que jamais Napoléon ne comprit l'esprit germanique de 1811 à 1813 ; parce qu'il avait les rois sons
LE BABOII DE THU6OT ET LE COMTE DE STADIOII. 91 la main , il croyait avoir les peuples ; il blessait tant qull pouvait ces nobles et fiëres populations par des impôts, des outrages personnels; il torturait les fiertés nationales comme si un jour tous ces cœurs ne s'enflammeraient pas contre lui. Le comte de Stadion fut secrètement employé par l'Autriche pour préparer ces éléments, et à la fin de 1812 , il reçut une mission de confiance de H. de Metternich. On doit remarquer que tous deux étaient partis du même point pour arriver au même résultat : M. de Metternich voulait ce qu'avait désiré le comte Stadion ; mais comme le poids des circonstances était grave, comme il ne fallait pas heurter Napoléon , le ministre se ployait encore devant lui. Lors donc que le colosse ne pesa plus de tout son poids, quand les désastres de Moscou eurent appris qu'il n'était pas endehors des loisélernelles de l'humanité , grandeur et décadence , H. de Metternich acceptant le réveil de Iflc patrie allemande, le comte de Stadion se retrouva dans les négociations avec un désir de représailles au nom de la vieille Germanie restée debout.
Le comte de Stadion fut de nouveau employé à la partie active, publique de la diplomatie : qu'avait-on besoin désormais d'employer de déguisement? On le voit présent aux conférences de Tœplitz; si M. de Metternich s'est réservé la tâche inunense de lar négociation de Prague, parce qu'il plaît de sa personne à l'empereur Napoléon, et qu'il peut exercer une action plus grande sur lui, le comte de Stadion va
auprès des alliés. Il a été envoyé saccessivement à Berlin, à Londres, à Pétersbourg; il connaît donc bien parfaitement l'état des affaires : il sait ce qu'on peut espérer et ce qu'on peut craindre ; désormais il devient le politique actif, in^périeux. M. de Mettemich est souvent obligé de s'effacer, parce qu'il doit rester modéré avec Napoléon : c'est sa position et son rôle; tandis que le comte de Stadion, qui n'a rien à ménager avec l'empereur des Français, se montre ardent et décidé dans toutes ses exigences.
C'est Stadion qui a signé les traités de subsides avec l'Angleterre pour la prise d'armes de l'Autriche cdkitre la France ; il suit l'armée d'invasion pas à pas; M. de Mettemich se tient toujours en réserve, parce qu'il n'a pas cette liberté de situation, je dirai presque d'antipathies, que le comte de Stadion éprouve pour tout ce qui touche à l'empire français. Quand le congrès de Châtillon se rassemble , c'est encore le comte de Stadion qui assiste aux délibérations impératives imposées à Napoléon : il est là sur son terrain, assis à côté de collègues qui tous partagent la même répugnance, et sous l'influence du comte d'Aberdeen. Ce congrès ne pouvait avoir aucun résultat, et le comte de Stadion vint à Paris flLvec les armées alliées pour y signer tous les traités, même celui du 11 avril qui assure à Napoléon la souveraineté de L'Ile d'Elbe. Le comte de Stadion demeure toujours rhomme des rapports de l'Autriche et de l'Angleterre, le symbole de l'alliance de Vienne et de Londres, la position