‹ Les diplomates européensChapitre 81 sur 117 · IV · texte numérisé non relu

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tera-t-il ce coup? Toutes ces pensées me venaient autoar de ce cercueil modeste que quelques amis accompagnaient, le 23 août, aux caveaux de la Madeleine.

11 7 a trois périodes bien distinctes dans la vie du maréchal comte Sébastiani, et je prie qu'on y prête quelque attention. Dans la première, mélangée de faits d*armes et de diplomatie, c*est un jeune officier, brave et observateur, justement orgueilleux de lui-même, un peu théâtral comme les Italiens, donnant de beaux coups de sabre dans la cavalerie, quelquefois réprimandé par l'Empereur pour ses bulletins exagérés, ses victoires sur le papier, en Espagne surtout. C'est un diplomate conune l'empire en avait formé, actif, plein de la grandeur de son souverain, sans ménagement, avec un culte pour l'épée, la force, la victoire ; en un mot l'école qui a commencé par Campo Formio, et a fini avec tant de tristesse au congrès de Châtillon.

La seconde partie de la vie du comte Sébastian! se lie à l'histoire de l'opposition de gauche contre la Restauration^ et les quinze heureuses années de son gouvernement. Id c'est le député à la phrase retentissante avec tous les lieux communs du vieux libéralisme. La tribune est pour lot la grande échelle de la popularité, et néanmoins quelquefois plus modéré et plus habile que ses amis ; je crois môme qoe cette situation déclamatoire et médiocre venait moins de lui que de l'opinion à laquelle le comte Sébastiani appartenait. L'opposition de gai\che, toujours antinationaie, oom-

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battait ce qu'il y avait de bien et de beau dans le pays ; elle ayait livré la France à l'étranger en 1815 ponr ne point subir les Bourbons ; et quand la Restauration voulut guérir ces plaies profondes, elle eut à lutter contre les débris des partis révolutionnaire et impérialiste, qui s'opposaient à son œuvre réparatrice. Les torts ne furent pas tout d'un cAté; il y eut aussi faute candide de la Restauration qui crut à la pureté des hommes, à l'austérité des principes, s'imaginant, pauvre vertueuse qu'elle était, que toutes ces hautes renommées de libéralisme, môme M. Benjamin Constant, ne pouvaient être alléchées par les places, les dignités, et quêtes patriotes étaient si pleins de leur mission, qu'ils dédaigneraient les profits et les honneurs du gouvernement. En 1828, une ambassade pour le général Sébastiani, méritée du reste par ses services et la tempérance réelle de ses opinions, aurait évité bien des difficultés parlementaires à l'administration de M. de Martignac.

Enfin vient la troisième partie de cette vie, et je me hAte de dire qu'elle est au-dessus des deux autres par le déploiement d'un caractère modéré, d'une habileté continue, et par le sentiment de bien public que nul ne peut disputer au maréchal Sébastiani. Dire tous les services que le maréchal a rendus depuis 1830 à la paix de l'Europe, ce serait essayer une trop longue énumération. Le général se séparant avec fermeté de son passé historique, est constamment intervenu pour apaiser les esprits, les amours-propres

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irrités; négociateur à Tétranger, négociateur entre les hommes de gouvernement et de partis» il a partout déployé une grande tempérance de moyen, à ce point de mériter la confiance absolue du prince habile qui dirige avec tant de peines et de soucis les affaires de notre pays depuis dix-sept ans. Qu'importe après tout le sentiment intime qui a pa dominer le maréchal Sébastiani ! Les uns disent quec*est la crainte de la guerre et du désordre, les autres une flexibilité de caractère au delà de toute limité; que nous fait la cause, le résultat étant obtenu? J'ajoute que cette dernière partie de la vie du maréchal Sébastiani est le démenti le plus profond donné à Topposition de gauche pendant les quinze années de la Restauration. Ne sommes-nous pas habitués è ces palinodies ; ne sommes-nous pas entourés de ces pénitents politiques qui font amende honorable de leurs erreurs et de leurs injustices 1 Ils disent « nous noussonmies trompés ! » £h mon Dieu ! nous ne leur en voulons pas ; seulement qu'ils cessent d*accuser cette Restauration qui donna la paix au pays, et qu'on se trouve heureux de continuer dans ce qu'elle avait de bon et de bien, en secouant les souillures et les haillons révolutionnaires 11 a fallu avant d'écrire la vie du comte Sébastiani, bien distinguer ces trois périodes comme l'histoire le fera elle-même.

Horatio-Francesco Sébastiani est né en Corse, au petit village de la Porta, près de Bonifacio, la même année que l'empereur Napoléon, quoique dans les biographie écrites

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