‹ Les diplomates européensChapitre 91 sur 117 · BEAUPOIL DE SAINTE-AULAIRE · texte numérisé non relu

BEAUPOIL DE SAINTE-AULAIRE

La science da blason» Tétude des titres historiques, a toujours eu pour moi un grand charme; j*y lis la chronique personnelle de chaque race , le certificat de civisme de tout une famille ; chaque pièce des émaux est un souvenir, diaque tenant une page d'histoire; vraiment toute irrégularité me heurte. Je vois dans les armes de Sainte-Âulaire : «de gueules à trois accouples de chien d'argent, posées en pal 9 les lesses ou liens d'azur, tournés en fasces. Couronne demarguU. » Or, comment le chef de cette race porte-t-il le titre de comte qui n'a jamais été dans sa fomille et trèsinférieur au premier? Ceci tient aux souvenirs de l'Empire : Napoléon avait dédaigné pour son aristocratie le titre de marquis, le plus antiquement militaire de la noblesse fran-

çaise; il l'avait omis, sans doute parce que Molière Tayait raillé. M. de Sainte-Aulaire fut fait comte comme H. le duc de Hortemart fut fait baron par l'Empereur; M. de Sainte- Aulaire a gardé son titre de l'Empire, comme souvenir de sa première vie, de son administration préfectorale ; son fils a repris le titre de sa famille. De sorte que le descendant est marquis, l'ascendant comte, contre les règles de la hiérarchie. J'explique ceci pour les vieux antiquaires, comme moi à préjugés et très-amoureux de la pureté du blason.

Le noble roi Charles X avait entouré sa personne, depuis sa plus tendre enfance, de gentilshommes loyaux, dévoués, sur lesquels il exerçait un prestige indicible. Ceux qui ont eu l'honneur d'approcher ce roi si gracieux, si bon, savent le doux charme qu'il exerçait autour de lai, comte d'Artois , Monsieur et roi de France. Parmi ses amis fidèles» il en était un le plus chéri , le plus modeste de tous , le marquis de Rivière, qui portait le dévouement à un point d'exaltation extrême , chevaleresque. Officier aux gardes françaises, il avait suivi les princes dans l'émigration; compagnon de MM. de Polignac , il était assis à côté d'eux et de l'héroïque Georges Cadoudal (je ne sache pas de plus poétique caractère que Georges et ses Bretons}. Devant l'ignoble police du Consulat , ce fut M. de Rivière qui couvrit de ses baisers le portrait du comte d*Artois, que le président Thuriot (le régicide que Georges -appelait avec ostentation iue^oi) lui passa à l'audience , afin qu'il pât le

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