‹ Les diplomates européensChapitre 92 sur 117 · LE COMTE DE SAINTE-AULAIRE. MY · texte numérisé non relu

LE COMTE DE SAINTE-AULAIRE. MY

reconnaître Judiciairement. Sons la Restauration, le marquis de Rivière avait été successivement ambassadeur à Constantinople , capitaine des gardes, gouverneur du jeune duc de Bordeaux, poste si élevé, et qu'il remplit avec le même lèle, le même amour pour le roi Charles X qui le tutoyait, l'encourageait même dans ses petites mauvaises humeurs d'amis.

Or, ce noble duc Charles de Rivière était à son lit de mort, et dans le testament scellé de ses armes, il fit un legs mémorable : a Je lègue ma croix de Saint-Louis au marquis Beaupoil de Sainte-Aulaire, comme souvenir de sa conduite envers moi et de Timmense service qu'il m'a rendu dans des temps difficiles. » Pour expliquer ce legs curieux, car le comte de Sainte-Aulaire, à cette époque, était dans l'opposition du centre gauche , séparé de la cour, beau-père de M. Decazes, que Charles X n'aimait pas, il faut remonter aux jours difficiles t comme le disait le duc de Rivière^qui n'avait jamais oublié Georges et les Bretons ses vrais amis; les faits justifiaient ce gage de haute estime, que le roi ratifia sur-le-champ en nommant le marquis de Sainte-Aulaire au grade dans l'ordre de Saint-Louis dont le duc de Rivière lui léguait les insignes. Le service rendu par M. de Sainte-Aulaire au duc de Rivière, remontait à répoque où le jeune officier aux gardes françaises, aide de camp de H. le comte d'Artois, avait été proscritt condamné à la peine de mort. H. de Sainte-

Aulaire» jeune homme aussi, sans liens de parenté» sans connaissance personnelle de M. de Rivière « .s*était ofTert en otage de la parole d*honneur de l'imprudent officier compris dans la conspiration de Georges et de Pichegni, et dont la peine était successivement commuée. Cet acte de chevalerie n'avait pas été oublié dans le cœur généreux du duc de Rivière; la noblesse avait des vertus et des qualités dont la trace se perd chaque jour 1

Le comte Louis Beaupoil de Sainte-Aulaire avait pour père le marquis Beaupoil île Sainte-Aulaire» reçu page du roi en 1771 » et qui avait servi dans la maison militaire. Sa mère était Égidie-Louise-Harie de Rancoonet de Noyan; Les Beaupoils venaient d'antique race périgourdinc dans les vieilles chroniques ; ils devaient leur nom à leur chevelure noire dans le temps des tournois et des grands coups d'épée» et à leur barbe fournie. Ceux qui s'occupent encore du nobiliaire de France et de l'histoire des blasons, seience si attrayante, savent que la maison de Beaupoil de Sainte-Aulaire appartenait au baronnage limousin : Guienne , Languedoc , Périgord , Provence » vieilles terres qui avaient gardé avec le plus de chasteté leur nobiliaire du moyen âge. Les familles n'étaient pas riches» les fiefs divisés en Périgord et en Saintonge ; mais leurs noms se mêlaient soit à la conquête anglaise» soit à l'époque de délivrance qui fit passer toutes ces races sous la domination de nos rois.

Page 1