INTRODUCTION
Origines de TAéronautique
La conquête de cette masse d'air qui s'étend au-dessus de nos têtes, sorte de coupole immense dont nous ne pouvons atteindre le faîte a de tout temps fait l'ambition de l'humanité.
L'homme s'est demandé s'il ne lui serait pas possible d'imiter l'oiseau et de quitter la terre pour s'élever dans les airs.
Que de fables écrites sur le « vide » depuis cet Abaris qui, à en croire Diodore de Sicile, avait fait le tour de la terre sur une flèche d'or, présent d'Apollon, jusqu'au personnage des Mille et un jours qui ne voyageait qu'en char volant, depuis Dédale et son fils Icare s'enfuyant à tire d'aile de leur sombre prison, jusqu'au railleur et caustique Cyrano de Bergerac.
Entre Dédale et Cyrano que de charlatans, de rêveurs, de savants et d'inventeurs ont poursuivi de leurs éludes ou de leurs tentatives ce grand problème tant de fois séculaire !
Les légendes de l'antiquité abondent en récits qui prouvent que, s'inspirant de la nature, l'homme a d'abord cherché à imiter le vol des oiseaux.
H. André. — Les Dirigeables. i
Au IV® siècle avant l'ère chrétienne, Arcbytas de Tarente, savant pythagoricien, auquel on attribue l'invention de la vis, de la poulie et du cerf-volant, aurait,, d'après Aulu-Gelle, construit une colombe en bois qui pouvait s'élever en Tair et s'y maintenir au moyen d'un mécanisme resté inconnu : « elle volait parle moyen d^un artifice mécanique et se maintenait ainsi suspendue par des vibrations, mais si elle venait à tomber elle ne se relevait plus ».
Des récits dignes de foi racontent qu'au xi® siècle un bénédictin anglais Olivier de Malmesbury, moitié moine et moitié sorcier, entreprit de voler en s'élança:nt du haut d'une tour à l'aide de deux ailes attachées à ses bras et à ses pieds. On dit qu'après avoir parcouru un espace de cent vingt pas à peine, il tomba à terre et se cassa les jambes. Il traîna dès lors une vie languissante trompant ses regrets avec cette illusion que, s'il avait eu la précaution d'attacher une queue à ses pieds il aurait réussi.
Au XVI® siècle, Léonard de Vinci a établi le premier que l'oiseau qui est plus lourd que l'air s'y soutient et avance « en rendant ce fluide plus dense là où il passe que la ou il ne passe pas ».
Certains croquis parvenus jusqu'à nous, montrent que Léonard de Vinci s'était occupé, comme Olivier de Malmesbury, de permettre à l'homme de voler à Uaide d'ailes convenablement fixées à son corps. On peut dire encore q^ue c'est à Léonard de Vinci que l'on doit le premier hélicoptère. « Si, dit-il, cet instrument en forme de vis est bien fait et si on le tourne avec vitesse, une telle vis fera son écrou dans Vair et montera en haut ».
En i68q, Borelli publia des études remarquables par leur justesse^ sur le vol des oiseaux, mais il ne songea pas à profiter de ses observations pour donner à l'homme des moyens de voler.
D'après une tradition incertaine, un physicien portugais aurait fait vers 1720 ou 1786 une expérience de vol