SS
11 Le ballon ne pouvait emporter eu r884 que dea aéronautes, il avait été impossible d'exécuter des mesures précises de la vitesse propre du ballon. If s'agissa^ celte année de combler ceLte lacune ; aussi le ballon dut; il être modifié dans certaines parties.
I 11 fallait d'abord l'alléger et gagner le poids d'uiif aéronaule.
« J'y réussis facilement en modifiant certains organd (ventilateurs, piles, commutateurs, voile de queue).
" La machine motrice multipolaire employée l'ann^ dernière ayant donné lieu à divers accidents, je la reoj plaçai par un moteur à deux pôles dont la constructiolfl fut confiée à M. Gramme. Notre émînent ingénieur életA tricien nous livra un appareil excellent, très robustej admirablement équilibré et d'un poids sensiblement égal à celui du premier.
II La transmission de niduvement dut aussi être modH fiée. Pour éviter les dégrènements et les ruptures d-M dents dus aux déformations inévitables de la nacelle, j« suspendis tout le train des roues dentés à l'arbre même de l'hélice, le pignon n'étant relié à la machine motricq que par l'intermédiaire d'u n manchon à calage élastique permettant au train de se déplacer notablement sans qu<^ la transmission cesse de se produire.
II Enfin des précautions minutieuses furent priseâl pour assurer le graissage continu et le refroidisse ment ■ des coussinets du pignon dont la vitesse pouvait étre'J portée à un moment donné à 3,6oo tours par minute.
Il Toutcet ensemble fut essayé à outrance dans le ht gar de Chalais. Ces essais nous donnèrent une entière] confiance dans le nouveau dispositif.
a A la vitesse de 3.6oo tours qui put être soutenueJ indéfiniment, la force motrice développée sur l'arbrc'J put être portée à 9 chx.
« La poussée de l'hélice fut mesurée, on trouva qu'elle \ était reliée ^ l'intensité du courant par la formule :
phojets et essais tentes jusqu a ce j
« H, poussée de l'hélice en kilogrammes,
« Courant en ampères.
Il Cette formule se vérifie très exactement pour des valeurs de C, variant de o à io8 ampères. On peut démontrer qu'elle s'applique sensiblement au cas où le ballon, au lieu d'être mobile, obéit librement à l'efFort de l'hélice.
Il Enfin, je m'attachai à améliorer la pile, et je réussis encore à l'alléger en modifiant légèrement la composition du liquide des éléments.
H j'arrive au procédé, très simple, destiné à mesurer la vitesse du ballon par rapport à l'air ambiant. Comme l'hélice est à l'avant, on ne peut employer un manomètre, car il donnerait des indications trop fortes ; en revanche, rien ne gêne pour l'emploi d'un loch aérien. Ce loch fut organisé de la fa(;on suivante : un ballon en baudruche de lao litres, fut rempli en partie de gaz, de façon à rester exactement en équilibre dans l'air. Ce ballon fut attaché à l'exlrémité centrale du fil d'une bobine de soie de loo mètres de longueur.
« Pour faire une mesure, l'opérateur enroule autour de son doigl l'autre extrémité du fil, lâche le ballon qui s'éloigne horizontalement vers l'arrière, et qui. arrivé au bout de sa course, produit sur le doigt un choc sensible. L'instant du départ et celui du choc final sont pointés sur un chronomètre. On mesura avec soin la dérivation de ce loch ; elle fut trouvée éçale à o m. 117 par seconde. Dès lors, la vitesse v du ballon était reliée à la durée t du déroulement par la formule :
(w est exprimé en mètres et t en secondes).
Les choses étant ainsi préparées, on profita du premier beau jour pour essayer le nouveau mécanisme en
254 LES niBICEABLES
Ascension du 30 aof)l. — La preinicre ascension de l'année i885 euL lieu le ^5 août. Il s'agissait seulement d'essayer un nouveau mécanisme. Dès lors, il importait peu de revenir au point de départ ; aussi ne crut-on pas devoir attendre que le vent devînt assez faible pour permettre la direction absolue.
Le ballon s'éleva par un vent assez rapide (tî m. 5o à 7 mètres) soufflant de l'est. Il était monté seulement par les deux aéronautes MM. Ch. et P. Renard.
Pendant une heure, il lutta contre ie veni, avançant légèrement dans les basses régions, reculant un peu dè.s qu'il fut arrivé à l'altitude de 4oo nièlres.
Diverses évolutions furent exécutées, et, l'aérostat, après avoir dérivé de i.Soo mètres environ, atterrit heureusementprès de Villacoublaj où. il était attendu parl'équîpe des ouvriers militaires de Chalais. Le mécanisme s'était admirablement comporté pendant cette expérience préliminaire et le succès des essais futurs parut certain.
Ascension du 22 septembre. — Le aa septembre, à peine un mois après, une autre ascension fut décidée. Le vent soufflait du nord-nord-est, c'est-à-dire de Paris. Le ballon emportait trois aéronautes : le capitaine Ch. Renard, chargé de la machine et du gouvernail, le capitaine P. Renard, ayant pour mission d'exécuter les mesures et les observations de toute nature, et M. Duté- Poitevin, aéronaule de l'Etablissement, chargé de la manœuvre du lest et de la soupape.
Le départ eut lieu à 4 h. 25 du soir, par un temps humide et brumeux. L'hélice fut mise en mouvement et le cap dirigé sur Paris,
» Nous eûmes, dit le capitaine Ch. Renard, d'abord quelques embardées, mais etles cessèrent bientôt de se produire et dès lors, malgré le vent, ie ballon s'engageant au-dessus du village de Meudon, traversa le chemin de fer et atteignit la Seine vers 5 heures, à l'extré-
PROJETS ET ESSAIS
JUSgo A CE JOITlt
mité ouest de l'île de Billancourt. La vitesse propre du ballon fut alors mesurée au moyen du loch. Elle fut trouvée exactement égale à 6 mètres par seconde.
Il A 5 h. 13, après quarante-sept minutes de voyage, l'aérostat entrait dans l'enceinte de Paris. Malgré notre
désir de prolonger l'expérience, nous dûmes alors efFec tuer notre voyage et revenir a Clialais.
(■ Le temps était devenu, en effet, de plus en plu!
bumide, et nous avions sacrifié la plus grande partie de notre lest.
« Le retour s'effectua rapidement, car nous avions, cette fois, le vent pour nous. Onze minutes suffirent pour parcourir, au retour, un chemin qui nous avait coûté, à l'aller, quarante-sept minutes d'efforts. L'aérostat vira de bord, pour atterrir debout au vent et notre nacelle descendît doucement sur la pelouse des départs.
La fiçure 77 montre le diagramme du parcours horizontal sur le sol.
Ascension du 22 septembre i885. Diagramme du parcours horizontal sur le sol.
Résultats numériques Aller (contre le vent).
Vitesse moyenne de l'hélice, . 55 tours.
Vitesse propre dans l'air [mesuré au ballon loch ... 6 m. par seconde.
Durée du trajet, 4? minutes
ou 2.830"
Parcours 7.700 m.
Vitesse moyenne sur le sol :
Vitesse du vent (contraire d la
marche) 6 m. — 2 m. yS ^ 3 m. 27
(Ce dernier chiffre est douteux, en raison du tracé très sinueux de l'itinéraire). '
Retour (avec le vent).
Vitesse de l'hélice 55 tours.
Vitesse propre 6 m. par seconde.
Durée du trajet, 11 minutes
ou 660"