‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 124 sur 175 · REVISION PROMISE DES LOIS DE MAI · texte numérisé non relu

REVISION PROMISE DES LOIS DE MAI

aujourd'hui, précisément à cette heure critique, nous départir de rintention, souvent avouée, de reviser les lois de mai, d'en retrancher ce dont on peut se passer, et de négocier sur les concessions, ce serait là vraiment faire preuve de parti-pris. Non, lorsqu'une offre nous est faite de Tautre côté, il est impossible que nous disions: maintenant nous ne voulons plus de révision parce qu'un prix nous est offert. Ainsi, le gouvernement sera, sans autre difficulté, je le répète, en état de donner cette assurance.

Quant à la manière dont le précédent orateur a interprété les intentions de la Curie, je ne la discuterai pas autrement, si ce n'est en exprimant mon entière conviction que si nous négocions la conclusion de la paix et que nous nous en rappochions, des deux côtés on négociera loyalement, sincèrement, avec confiance; — et, quant à nous, nous supposons de l'autre côté la même sûreté, la même loyauté que nous apportons nous-même en de telles négociations.

Je vous prie, Messieurs, d'accueillir ma déclaration surtout comme rectification de la manière d'apprécier un passé pour lequel je peux me dire témoin qualifié, puisque j'y ai coopéré; et quant à la position que prendra le gouvernement sur tels ou tels points, vous me permettrez de ne me prononcer que plus tard, au moment où le gouvernement pourra juger de l'effet général produit dans tous les partis du pays, et jusqu'à quelle limite de concessions la majorit<i du pays tout entier permettra d'avancer. Cette limite, le gouvernement ira très volontiers jusque-là; mais on ne peut demander qu'il se mette sur le pied de mésintelligence avec la majorité de tous les partis.

Ce n'est pas à l'opinion publique, mais à l'expression des sentiments du peuple, comme elle a la possibilité de se faire entendre dans les deux Chambres du Landtag^ qu'il appartiendra de fixer la ligne - frontière jusqu'à laquelle le gouvernement ira volontiers et avec empressement.

M. de Kleist'Retzow, interprétaot d*abord les derniers moU do miDistce-président, en concluait qae le projet de loi obtiendrait certainement la sanction royale si la majorité des deux Chambres en fayeur de ce projet se composait non seulement des conservateurs et du Centre, mais aussi d*nne fraction do la gauche. — Il ajouta: «Ces paroles dn priuce de Bismark sont un sérieux avertissement aux adversaires du projet, pour ne pas assumer la responsabilité d^avoir prolongé entre l'État et rÉglise une lutte où celui-là a plus sot^ert que celle-ci,»

L'orateur, quant à lui, voulait la paix, et il croyait devoir, comme chrétien évangélique, voter pour le projet, tandis que M. Beseler Tavait combattu en cette même qualité d'évangélique. — «Relativement aux propositions'Kopp, la désignation obligatoire des candidats ecclésiastiques étant maintenue, ces propositions devaient être votées avec le projet Par suite en effet de la Note romaine du 4 avril, la situation s'était changée de telle sorte quMl ne pouvait plus être question de rejeter le projet do loi. En conséquence, l'intérêt de l'Etat et do ses membres commandait instamment l'adoption du projet, ainsi que celle des amendements et des additions qui s'y rattachaient»

Le ministre - président prince de Bismarck reprît la parole en ces termes:

Il me faut contredire le précédent orateur dans une de ses assertions, parce que je crois que celle-ci repose sur une erreur de fait.

Il a dit que par la lutte, telle que jusqu'à présent

elle a suivi son cours, l'Etat aurait — suivant lui — plus souffert que l'Eglise. C'est une opinion que je ne partage point ; de là pourrait naître et se répandre l'idée essentiellement fausse que l'État, dans ces propositions avec lesquelles il va au devant de l'Église et de ses sujets catholiques, trahit xme sorte de nécessité où il se trouve lui-même, comme si ces propositions n'émanaient pas purement du besoin de la paix que Sa Majesté le Roi éprouve à l'égard de ses sujets catholiques, — dès l'instant qu'à Rome c^ désir de la paix trouvait une expression non équivoque.

M. l'orateur se convaincra que cette appréciation, de sa part, est erronée, s'il considère le côté parlementaire de la lutte présente, comparativement aux époques précédentes. Que de temps il y a qu'en Prusse nous n'avons eu une

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