CONCESSIONS FAITES PAR LE GOUVERNEMENT
Il n'a pas non plus d'appui du côté de la démocratie-socialiste. Bref, toutes les influences qui, au parlement, faussent la situation, n'existent pas à Rome. Le Pape est catholique, purement et simplement catholique. Que tel il soit, de là sans doute naît naturellement un certain nombre de difficultés, mais les difficultés ne seront pas compliquées par le besoin de s'appuyer sur d'autres partis, de recevoir et de rétribuer les bons offices de ces partis. Le Pape est libre et représente la libre Église catholique; le Centre représente l'Église catholique au service du parlementarisme et de la manipulation électorale; — voilà pourquoi j'ai préféré m'adresser au Pape absolument libre de toutes ces alliances qui forment avec le Centre la majorité au Reichstag^ — m'adresser au Pape et à la Curie, pour chercher la défense de ce côté-là, el je suis résolu aussi à poursuivre, dans les phases ultérieures, la même voie, parce que j'attends de la sagesse de Léon XIII, de son amour de la paix, plus de succès pour la paix intérieure de l'Allemagne que je ne puis en attendre des discussions au Reichatag^ et parce que je ne veux pas me trouver en face du parti-Centre, comme il est composé actuellement, sans avoir donné d'abord aux catholiques prussiens l'assurance que je suis d*accord avec le Pape, l'autorité la plus haute de leur confession.
Le projet du gouvernement, que nous soutenons naturellement tel que nous l'avons présenté, — de toute façon, même si les additions qu'il a reçues dans la commission et par les nouveaux amendements, ne doivent pas obtenir l'approbation de la haute Chambre, — ce projet, dis -je, contient ce que le gouvernement a cru pouvoir gratuitement et spontanément accorder, et il est impossible pour le gouvernement de ne pas vouloir donner à présent ce qu'il croyait, il y a trois mois, devoir concéder aux catholiques prussiens, que ce soit peu ou beaucoup, — de le refuser aujourd'hui, parce que dans l'intervalle on aura pris de l'aigreur et qu'on se sera querellé sur le chapitre de concessions plus étendues. — Ainsi donc, le gouvernement soutient absolument
le projet de loi, et il adresse à chacan de vous la prière de ne pas au moins se retrancher, en rejetant les propositions conciliantes, derrière ce projet; il vous en prie, par la raison déjà qu'il est tout- à-fait nécessaire au gouvernement d'entendre les opinions librement émises des deux Chambres du Landtag sur cette question, avant de prendre lui-même sa décision.
Il a déjà exprimé par la bouche de M. le ministre des cultes (^) l'intention d'ajourner sa décision définitive, et s'il a fait cette réserve, c'est qu'il veut se conserver la confiance de ces partis, de ces tendances en qui lui-même il se confie pour assurer l'avenir de l'Etat prussien comme de l'Empire allemand. Il ne peut s'exposer au danger de perdre de tels collaborateurs, animés du sentiment national, et d'être réduit, en échange, à l'assistance de tels autres qui ont pris volontairement parti pour la nationalité polonaise par opposition à l'allemande et aux efforts du gouvernement allemand pour fortifier la nationalité allemande. Il n'aurait pas confiance en la stabilité de ce qu'il pourrait ainsi gagner en s'aliénant les partis moyens. Sa confiance à l'égard de l'avenir ne peut se fonder sur la situation qu'il se créerait par un tel échange.
Pour compléter la déclaration du gouvernement je n'ai qu'une chose encore à ajouter, c'est que la révision des lois de mai, d'où la dernière Note romaine fait dépendre le consentement à l'obligation absolue de désigner les candidats ecclésiastiques ('), pourra, dans ma conviction, être promise sans difficulté par le gouvernement,
(Ecoutez!) vu qu'une telle révision a de tout temps été dans l'intention du gouvernement, et aussi bien, autant que je sache, dans l'intention de la plupart des partis. Que nous voulussions
(}) V, svprày p. 289, la déclaration de ce ministre deyant la cornmission.
C) leur désignation nominative à Paatorité civile. (§ 15 de la loi da 13 mai 1873).