‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 34 sur 175 · LE ROI DB PRUSSE ET L'EMPIRE · texte numérisé non relu

LE ROI DB PRUSSE ET L'EMPIRE

croyez -vous qu'il en eût été ainsi, Messieurs, si par Sa Majesté TEmpereur, et si par moi, sur l'ordre de l'Empereor, les droits coDstitntionnels n'eussent pas été le plus scrupuleusement traités? Où en serait l'Empire, s'il avait grandi avec la méfiance du Roi de Prusse, avec son mécontentement, si le Roi de Prusse avait eu ce sentiment: «J'étais auparavant un plus puissant monarque que je ne le suis à présent >, — s'il avait eu lieu de regretter les sacrifices qu'il a faits? Où en serait l'Empire allemand sans

la Prusse?

(Très vrai! à droite.)

A M. l'orateur je dois répondre: — que son innocence antérieure (^) , la présomption d'innocence — pour ne pas employer un mot plus expressif — qu'il a ainsi perdue comme défenseur des traités de fédération (^), il ne la regagnera pas en tâchant maintenant de se raviser et en disant ne vouloir toucher en rien au Roi de Prusse et encore moins à d'autres monarques. Je ne peux que lui assurer qu'avec les principes qu'il met ici en avant il est dans le meilleur chemin pour indiquer au Reichstag les voies qui mènent à cette situation d'une Convention unitaire, ainsi que je la désignais tout-à-l'heure, et je vois déjà M. le député devant la commission comme accusateur public des différents monarques. — Et c'est là ce à quoi nous devrions prêter notre concours?!

n semble, a dit ensuite Torateur, que la Prusse ait peur de traiter l'affaire (des expulsions) publiquement. Messieurs, de qui aurions-nous donc peur? de messieurs les signataires de l'interpeUation? Qu'ils soient nos adversaires et nos adversaires irréconciliables, nous ie savons depuis longtemps. Ou bien est-ce du public que nous aurions peur? Si nous

Q) on innocuité. — Dans plusieurs occasioDS précédentes M. Windthorst avait protesté quUl ne voulait porter aucune atteinte aux droits monarchiques.

(-) c. à d. qu*il lui est interdit désormais de se poser en défenseur de ces traités et des droite souverains particuliers, puisquMl y oppose à présent de prétendus droits unitaires de TEmpire.

étions tellement craintifs, si Sa Majesté le Roi s'effrayait, en face de la presse démocratique d'ici et du dehors, de faire ce qu'il regarde comme son devoir envers le pays et envers la monarchie, avec cette crainte nous pouvions être menés loin, — et qu'elle n'existe pas chez nous, vous pouvez déjà le conclure du fait que les mesures dont il s'agit aient été prises en Prusse.

Nous avons eu parfaitement conscience de la portée de l'opposition que ces mesures soulèveraient Nous les avons préparées auprès de nos voisins, non pas pour avoir leur assentiment, mais pour les mettre en état de recevoir les expulsés, et pour éviter l'embarras que ceux-ci, arrivant en masse d'un seul coup, eussent pu causer. Les mesures seront exécutées. Et que je craigne de les avouer, que je redoute par suite la discussion, — en vérité vous ne pouvez me le dire. Au Landtag prussien, à qui l'affaire ressortit, nous vous fournirons la preuve que nous assumons la responsabilité de ces mesures.

La question ('): cLe gouvernement de l'Empire t — une

autorité qui n'existe pas (*) — «sait-il ceci et cela?», est une

dérision des réalités. Comment donc le gouvernement de

l'Empire — qu'on l'imagine comme on voudra — dont le

chancelier de l'Empire fait partie, ne saurait-il pas ce qu'a

fait le ministre-président prussien? Ainsi, cette sorte de phrase

montre déjà certainement le manque de bonne foi dans la

tendance de l'interpellation. Vous avez eu besoin de motiver

celle-ci, et ce n'est pas sans peine que vous avez trouvé le

motif. C'est pourquoi vous simulez cette impossibilité que

peut-être apprenez-vous au gouvernement de l'Empire une

grande nouvelle

{Hilanté)

— en appelant son attention sur ceci et en disant: «Voyez

Q) posée dans rinterpellation polonaise; v, supra,

(') qai n^existe pas, — sous-eniendu: telle qu^OD prétend ici Tinvoquer, c^est-à-dire comme ajant sur les gonvernoments particuliers des droits qui en réalité ne lui appartiennent pas.

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