‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 33 sur 175 · LE TRAITEMENT DU CHANCELIER DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

LE TRAITEMENT DU CHANCELIER DE L'EMPIRE

dépendre cette allocation de ce qu'on soit satisfait ou non des œuvres du chancelier. Je ne veux pas combattre autrement cette manière de voir; seulement je dirai que la situation de chancelier de TËmpire ne dépend pas de M. le député et de sa satisfaction à mon égard, — autrement, il y a longtemps que je ne serais plus chancelier, — mais de Sa Majesté l'Empereur. Si vous me supprimez mon traitement, je porterai simplement une plainte devant les tribunaux, et l'Empire sera condamné à m'allouer, tant que je suis chancelier, mon traitement comme tel.

(Hilarité.)

C'est donc là un prétexte très transparent pour mettre sur le tapis une question qui n'était pas à l'ordre du jour.

Je voudrais faire remarquer tout d'abord à messieurs les membres de la haute assemblée quelle tournure les choses prendraient, si nous, au Conseil fédéral, nous entendions procéder d'après les mêmes principes et n'approuver l'allocation des traitements que pour ceux des fonctionnaires qui rempliraient leur emploi à la satisfaction de la majorité du Conseil fédéral. Veuillez ne pas oublier. Messieurs, que pour inscrire au budget une allocation le consentement de la majorité du Conseil fédéral est tout aussi indispensable que le vôtre. Le Conseil fédéral et le Retchetag sont deux corps législatifs, deux corps ayant à donner leur vote, et le premier a tout-à-fait les mêmes droits. Mais jusqu'à ce jour nous avons loyalement et légalement procédé à l'égard des fonctionnaires, et nous n'avons point fait dépendre l'allocation des traitements de la manière dont les fonctionnaires se comportaient.

Le précédent orateur, au contraire, pour motiver le rapport de ses paroles avec la question (à l'ordre du jour), s'est prétendu en droit de me retrancher mon traitement, si la politique extérieure faite par moi n'est pas celle qu'il croit bonne, et telle qu'il l'entend lui-même. M. le député reconnaîtra qu'il surfait de beaucoup ainsi son influence et 8on droit constitutionnel. Il ne peut rayer un pfennig da

traitement qui m'est assuré. Si ceux auxquels la décision appartient à mon égard, étaient mécontents de mon service, c'eût été pour moi, à l'âge où je suis, un grand soulagement de pouvoir me retirer et prendre un repos, — que je recommanderais vivement à H. l'orateur, de trois ans plus âgé encore que moi, de prendre lui-même.

M. le député s'est félicité de pouvoir me saluer comme particulariste (0. Messieurs! de tout temps ce fat ma destinée — quand j'agis strictement d'après le droit et la loi, d'après la Constitution, — d'être qualifié, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, comme appartenant à l'extrême opposé. Je n'ai jamais encore donné lieu à ce que dans la nation je fasse pris pour un particulariste , et je crois que TafBrmation de H. l'orateur trouvera généralement très peu d'écho. Mais si le Roi, mon Maître, n'était pas sûr que je défendisse les droits de son gouvernement, et si les autres confédérés n'étaient pas sûrs que je défendisse les droits de leurs gouvernements avec la même impartialité que je défends les droits de l'autorité de r£mpire, alors, croyez moi. Messieurs, la Constitution de l'Empire, dans ces dix-huit à vingt années, ne se serait pas dévetoppée et fortifiée comme elle a fait jusqu'ici; car nous aurions vu depuis longtemps que les anciennes velléités, qui caractérisèrent l'histoire allemande dans ses plus tristes phases, se seraient fait sentir chez les principales races et leurs souverains, — surtout le besoin de se garantir par leurs propres forces contre les violations du droit.

Et reportez vos regards sur le temps écoulé depuis que la Confédération de l'Allemagne du nord fut fondée: avonsnous un exemple d'un ministre essayant, ou seulement même soupçonné d^essayer — comme jadis nous l'avons vu faire en Allemagne — de pactiser avec l'étranger contre l'Empire? L'ombre même d'un tel soupçon a-t-elle jamais existé? Or,

{}) r. ranaljao du discoars de M. Windthorst.

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