‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 36 sur 175 · LES BNKBMIS DE L*EMPIRE · texte numérisé non relu

LES BNKBMIS DE L*EMPIRE

bres da parti da peuple (^), 1 Danois (^), et un de ces messieurs qui n'appartiennent à aucune fraction; — en outre, naturellement, 17 ou 18 Polonais.

Avec cette coalition homogène et nationale,

(Bruyante hilarité.)

— M. Torateur se pose en adversaire du fondateur et premier Empereur de TEmpire, et le combat dans ses efforts nationaux-allemands ayant pour but d'assurer ses sujets en différentes provinces-frontières contre les progrès extraordinaires que la polonisation, dans les quarante dernières années, depuis le commencement du règne de Frédéric-Guillaume IV, y a faits grâce à Tassistance prêtée par le clergé local, polonais, et aussi de langue allemande (^). M. Torateur a souhaité que cette polonisation continuât de progresser; souhait que partagent ses co-jurauts (^), démocrates-socialistes, Alsaciens- Lorrains et Polonais. Naturellement, ils le désirent, — mais si vous voulez retrancher son traitement à un chancelier de FEmpire qui ne se rallie pas à cette coalition, et qui refuse de venir en aide à la polonisation des Allemands dans nos provinces-frontières, alors, Messieurs — pour employer une expression berlinoise triviale — vous ne faites pas autre chose en somme que fermer la boutique (^) de l'Empire;

(Hilarité.)

— vous démolissez alors Tédifice qui a été laborieusement et au prix de grands efforts construit par le travaU du gouvernement, par la conciliation des races , par la vaillance de nos armées, — et cimenté de leur sang; — vous sapez tout simplement les fondations. Et je trouve bien peu de piété (nationale) à ce que vous le fassiez pour une question si minime, à ce que vous mettiez à répreuve les forces centrifages ~ qui

(') Volhparteij démocrates de TAIlemagne da sud. (') représenUuat qd district nord-da Schleewig. C) Bur cette sorte de complicité da clergé catholique, même allemand^ V. Vol. IV des Discours^ p. 85, 93, 114; Vol. V, p. 36, 50.

(^) Eide$hel/er, v. la note ci-dessas, p. 65. (*) BiuU zu zumachen.

se développent très puissamment dès qn^elles entrent en jeu — et cela pour Texpulsion de quelques Polonaiis russes et galicienSy mesure que le Roi de Prusse, usant des droits qui lui appartiennent incontestablement, juge nécessaire.

J*ai pris la parole après que la discussion sur cette affaire eut été continuée par le précédent orateur, — et non pas, je crois, à Tavantage de l'affaire. Ce que je H. le dé* puté a dit fera pencher la balance dans la publidté plutôt du côté national, dont l'Empereur est le représentant, dont moi-même je suis, sur Tordre de l'Empereur, le représentant ici, — que du côté confessionneL II y a effectivement là — je ne veux pas dire un procédé (de rhétorique), — mais, suivant une expression favorite de H. le député, le même dérangement oratoire (}) qui fut essayé au sujet des Hissions du Cameroun: c'est-à-dire feindre qu'il s'agisse de choses confessionnelles quand il ne s'agit que de choses nationales.

Dans l'aibire que je rappelle, nous n'avions pas voulu de missionnaires français; là-dessus, H. l'orateur prétendit que la question ne portait pas sur la nationalité, mais uniquement sur la confession catholique. Il disait que sans jésuites l'Eglise catholique est dans l'impossibilité d'accomplir, pour sa part, l'œuvre des Missions, et que sans jésuites français surtout elle ne peut le faire. Q) Le même tour aujourd'hui est donné aux expulsions et l'on dit: les expulsés, ce sont des catholiques. Sont-ce bien des catholiques? Je suis persuadé que parmi les expulsés il y a un très grand nombre d'évangéliques ; du moins nous ne nous sommes point inquiétés de la confession; la marque distinctive pour l'expulsion est exclusivement la nationalité; et c'est une fausseté qui a l'effet d'une calomnie — non pas intentionnelle peut-être

Q) rhetorische Verschiebung — déplacement dHdées par on procédé oratoire. — M. Windthorst avait employé ce mot de Verschiebung^ pour exprimer le dérangement de proportion confesflionnelle chez les popiila> tions des provinces-frontières, — et il se servit encore de la même expression dans sa dernière réplique.

(') t;. ci-dessus, p. 72.

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