PROLONGATION DE LA LOI CONTRE LES SOCIALISTES
loi contre les socialistes, et de nombreuses aggravations de cette loi. Or, si je ne le demande pas, c'est simplement parce que, d'après les expériences faites jnsqu*à ce jonr, je n'obtiendrais pas la majorité. Pour le degré de protection sociale que j'estime nécessaire, je n'espère point avoir ici, dans cette Chambre, la majorité, et c'est pourquoi je serai heureux si nous obtenons de vous la protection limitée que nous pouvons d'après cette loi assurer au citoyen, — pour cinq ans, s'il se peut. Voulez -vous ne la donner que pour deux ans? nous ne sommes pas en droit de livrer le citoyen, qui peut-être au bout de deux ans se trouvera de nouveau dénué de protection, — de le livrer dès aujourd'hui, sans défense, aux agitations socialistes.
(Vifs applat^issementa à droite.)
La dÎBCiiBsioD fat cootinnée par M. le dépaté Winterer (eoclésiaëiique alsacien), qui se prononçait contre la loi de 187S, par la raison qne cette loi n'avait pas en la paissance d^arrêter les progrès du socialisme. Peut-être ponyait-on condare de là an contraire qne si le socialisme avait progressé malgré les entraves de la loi, il progresserait bien pins encore qaand ces entraves seraient écartées, et qu'ainsi, an lieu d^abolir cette loi, il fallait plutôt songer à la renforcer. Mais Torateur alsacien avait une autre logique. — Donc, la loi étant abolie, comment M. Winterer entendait -il remédier au mal social et «combattre la prolétarisation croissante des masses»? Réponse: «en donnant au monde une nouvelle organisation chrétienne, et surtout en restreignant Tomnipotence de PÉtat par une législation efficacement protectrice de Touvrier.» (??) — M. Winterer s^abstint, et pour cause, de demander, comme avait fait M. Bebel, à ses auditeurs: «Est-ce assez clair ce que je vous dis là?»
M. Wmdthorst revint à la charge pour rectifier à son tour des paroles que le chancelier lui avaient personnellement adressées et qui se reportaient à Pancienne discussion du 4 décembre 1874 sur Tattentat- Kullmann. — Il est certain que M. Windthorst avait alors réprouvé ce crime; mais, en rappellant ses paroles de réprobation, il ne répondait pas sur le fait d^avoir dit que Tattentat lui paraissait une conséquence naturelle de la politique religieuse suivie par le chancelier. C^était làdessus cependant que sa rectification, il semble, aurait dû porter. — L'orateur s'était réservé d'ailleurs de prendre encore une fois la parole
sar ce aajet en troisième lectare, — mais il s'abstint dans cette dernière discussion.
Après ane noayelle réplique de M. Bebel, où il étut dit, entre antres choses: «si nous ne poavons proclamer partout notre programme, que nous avons souvent exposé d'une façon claire et compréhensible, c'est précisément le chancelier de PEmpire qui nous en empêche par la loi d'exception . . .>, — la clôture de la discussion fut prononcée.
Les amendements de M. Windthorst ayant d'abord été mis aux voix, l'Assemblée les rejeta. Le Centre seul avait voté pour.
Puis la motion-Hertling, qui réduisait à deux ans la prolongation de la durée de validité de la loi contre les socialistes, fut adoptée à la majorité de 173 voix contre 146. -^ Avaient voté contre: les progressistes, 23 membres du Centre, les députés polonais et alsaciens, le «parti du peuple» et les démocrates -socialistes.
La troisième lecture n'occupa qu'une séance (2 avril), et se termina par l'adoption du projet de loi, à la majorité de 169 voix contre 137.
Le 10 avril, le Reickatag s'ajourna jusqu'au 17 mai.
C'est à la reprise de la session que fut présenté le projet de surimposition de Veau de vie éventuellement annoncé par le chancelier dans la discussion du monopole de Talcool (v. p. 143). — Déjà condamné par la commission qui était chargée de Texaminer, ce projet fut rejeté en seconde lecture, après une discussion sommaire.
Le même jour, 26 juin, eut lieu la clôture du Reichstag.
SESSIOS SE 1886.
LOI POUR ENTRETENIR ET FAVORISER L'ÉLÉMENT ALLEMAND DANS LES PROVINCES ORIENTALES DE L'ÉTAT PRUSSIEN.
LOI MODIFIANT LA LÉGISLATION PRUSSIENNE DE 1873 QUI RÈGLE LES RAPPORTS ENTRE L'ÉTAT ET L'ÉGLISE.