DISCOURS D'UN ORATEUR DU PARTI -CENTRE
d'être venue au devant de nous par la motion sur laquelle nous discutons, et vous pouvez compter, Messieurs, que partageant votre confiance nous marcherons avec vous la main dans la main.
( Vï/s applaudissements réitérés à droite et du côté des natiofiauxlibéraux. — Si/jtemenis à gauche et au Centre.)
La discassion était loin d^êtrc épaisée; il n'y avait pas moins de 45 oratears inscrits, dont 24 pour la motion- Achenbach et 21 contre^
Le premier qai prit la parole, M. le député Windthorst, déclara dVbord qaMl se tiendrait snr le terrain dé/ensif, c^est-à-dire qa'il repoussa vivement Taccnsation d^hostilité envers TEmpire, portée contre les membres du Contre et leur chef; il rappela que son parti avait voté pour le gouvernement dans la question do réforme économique et financière (1879); si, dans d'antres occasions, très nombreuses il est vrai, le Centre s'était tenu du côté de l'opposition, c'est que M. Windthorst et ses amis n'entendaient pas être «des porte -queue du pouvoir existant».
Suivirent plusieurs observations et rectifications personnelles: — snr les fidèles attaches de l'orateur à la dynastie hanovrienne, — sur sou ancien discours à propos de l'attentat-KuUmann, — sur les prétendus appuis qu'il aurait cherchés au dehors, en se référant, dans une récente discussion, à l'opinion autrichienne ou française etc. — Puis, M. Windthorst entreprit l'apologie de la feue Division catholique et de son chef «inoffensif», M. Kr&tzig, rétrospectivement chargé par le chancelier. Si l'on avait supprimé cette Division, c'était en réalité qu'an ministère des cultes «on ne pouvait supporter le regard d'un oeil catholique».
De là, passant à la question polonaise, l'orateur la posait ainsi en principe: «Les Polonais ont exactement les mêmes droits que les autres sujets prussiens; donc, quand ces droits sont attaqués, nous devons les défendre comme les nôtres.» Une situation exceptionnelle pour les provinces polonaises serait incompatible avec la Constitution du royaume; si l'on créait une telle situation, il n'y aurait plus de sûreté de droit dans l'Empire ni en Prusse. ... — M. Windthorst persistait d'ailleurs à penser et à affirmer que toutes les mesures prises ou à prendre relativement aux Polonais, étaient réellement dirigées contre le catholicisme.
La conclusion prévue, c'était que le parti- Centre tout entier voterait contre la motion - Achenbach et contre le projet de loi qui devait s'en suivre.
Pendant la première partie de ce discours, le ministreprésident avait Quitté la salle; mais il devait répliquer in extenso à M. Windthorst, dans la séance suivante ; v. ci-après cette réponse.
M. le ministre de rinstractton pabliqae et des cultes, de GoMler, se contenta de relever l'assertion de M. Windthorst an sujet de la Division catholique: comme quoi cette Division aurait été supprimée parce qu'on ne pouvait supporter le regard d'un œil catholique dans les dossiers du ministère des cultes. Or, c'était justement le contraire qai avait eu lieu: — «Encore aujourd'hui, dit le ministre, manquent de très nombreuses pièces officielles, que cette Division avait eues dans son ressort; encore aujourd'hui, nous ne savons rien do certain sur des négociations suivies entre des évêques et la Division relativement à des questions de droit importantes. . . . Ainsi, comme on l'a dit, la Division catholique, qui était instituée pour défendre les droits de l'État vis-à-vis de l'Église, ne faisait au contraire que sauvegarder les droits de l'Église envers et contre ceux de l'État»
Après un discours do M. le député Dr. Wehr (de la Droite), en faveur de la motion -Achenbach, — et une série de répliques personnelles, — la suite de la discussion fut renvoyée à la prochaine séance.