‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 95 sur 175 · INQUIETUDES POUR L'AVENIR NATIONAL · texte numérisé non relu

INQUIETUDES POUR L'AVENIR NATIONAL

des démocrates-socialistes, ni sur celui des Polonais, ni sar celui des Alsaciens, ni sur l'aide des différentes autres catégories. Si celle du Centre peut nous être acquise, je ne le sais certainement pas. De ce côté-là on craint toujours que r£mpire ne devienne plus fort que le parti, — et nous (rSmpire) nous devons tâcher d'être plus forts que lui ; c'est notre tâche et notre devoir de faire en sorte que nous le soyons. — Ainsi, de ce côté, il me faut dire que je vois un peu trouble dans l'avenir.

Il est bien possible que la Providence, -— d'après la manière dont nous avons reçu et mis à profit la grâce extraordinaire dont elle nous a comblés dans ces vingt dernières annés, — juge bon et utile d'exposer encore le patriotisme allemand au feu de coalitions européennes formées par de grandes nations voisines anti-allemandes, — de l'exposer encore une fois à un feu qui le trempe et Tépure, — en d'autres termes, il se peut bien que nous soyons mis de nouveau par la Providence dans une situation ou, comme Frédéric-le-6rand après la première et la seconde guerre de Silésie, nous ayons encore a nous défendre contre des coalitions d'Etats, qui trouvent toujours aussi dans nos discordes intestines un certain encouragement;

(Très vrai! à droite.) — les gens (au dehors) ne connaissent pas sans doute notre situation intérieure, ils ne savent pas que le peuple chez nous ne pense point comme votent des majorités parlementaires; — on l'a déjà vu en 1866, alors que, sous le poids des colères de la majorité (Oi nous nous engagions dans une guerre dite fratricide, qui était absolument indispensable pour aplanir les difficultés de la question allemande. — Hais l'étranger ne fait pas une telle distinction, son calcul est celui-ci : < les choses allemandes se disloquent elles n'ont pas de consistance, elle sont faibles». A nous aussi sera appliquée

(^) conflit parlementaire de 1862-1866. — Le ministère en était arrivé à n'avoir plas pour lui qae ofue Toiz; c'était à ce chiffre que se réduisait le parti consenratear. (Vol. IV des Discours^ p. 97.)

la phrase du colosse aux pieds d'argile, et par pieds d'argile, on entendra la majorité du Reichatag, Mais on se trompera, car il y a encore, par derrière, des pieds d'airain.

(Applaudissements à droite.)

Il se peut bien encore que nos embarras intérienrs mettent les gouvernements confédérés — et la Prusse à leur tête — dans la nécessité de voir ne quid detnmenti res publica capiatj dans la nécessité de corroborer autant que possible la force de chacun d'eux isolément et l'alliance qui les unit les uns aux autres, et de se rendre indépendants, autant qu'ils le peuvent légalement et constitutionnellement, de l'obstruction politique faite par la majorité du Reichstag.

(Ecoutez! à droite.)

Je ne suis pas au nombre des avocats d'une telle politique, je ne suis pas encare au nombre de ses avocats, et elle est foncièrement en contradiction avec mes tendances depuis vingt ans. Mais plutôt que de laisser tomber en paralysie et péricliter l'existence de la patrie, je donnerais pourtant à Sa Majesté l'Empereur et aux souverains confédérés des conseils conformes à cette politique-là, et j'en prendrais aussi la responsabilité. Je tiens pour un misérable lâche le ministre qui, au besoin, n'expose pas sa tête et son honneur pour sauver sa patrie, même contre la volonté des

jnajorités.

(Vifs applaudissements à droite.)

Du moins suis -je prêt à souflFrir ce qui pourrait m'advenir si je devais faire une pareille tentative. Mais laisser chez nous de cette façon — comme il est malheureusement arrivé à des Etats occidentaux nos voisins — laisser en quelque sorte ruiner et anéantir par nos frottements intérieurs l'héritage d'une grande époque et les conquêtes de nos vaillantes armées, c'est à quoi je ne veux en aucune circonstance prêter la main, et si Dieu m'accorde vie et santé et me conserve les bonnes grâces de l'Empereur, je trouverai le moyen de l'empêcher.

En attendant, je suis reconnaissant à cette Assemblée

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