‹ Les discours de m. le comte de BismarckChapitre 63 sur 138 · DU 10 SEPTEMBRE AU 26 OCTOBRE · texte numérisé non relu

DU 10 SEPTEMBRE AU 26 OCTOBRE

Affaire du Luxembourg. — Dans la discussion du projet d'Adresse le député Bebel ayant déploré ,la perte“ du Luxembourg(1), — le comte de Bismareck répondit :

Je prends la parole pour combattre, non pas l’orateur que nous venons d'entendre, mais une erreur trop ré-

1 Le différend qui s'était élevé entre la Prusse et la France relativement au Luxembourg fut réglé, comme on sait, dans une conférence des puissances européennes tenue à Londres (mai 1867). Prenant l'initiative des concessions, la France renonça au projet de se faire céder ou vendre le Luxembourg par la Hollande. De son côté, la Prusse abandonna son droit de tenir garnison dans la ville et la forteresse de Luxembourg. — Le Grand-Duché fut déclaré Etat neutre, indépendant et inaliénable, sous la garantie collective des puissances signataires de cette déclaration.

Quant au droit de garnison cédé par la Prusse, il résultait de traités conclus en 1816 (ratifiés en 1819) entre cette puissance et la Hol-

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pandue, dont il se fait l'organe. Il s’est exprimé comme si le Luxembourg avait été arraché de l'Allemagne depuis l'établissement constitutionnel de la Confédération allemande du Nord. Cela, en fait, n'est pas juste. Le pays du Luxembourg se trouve exactement dans la même condition où il était auparavant, 1l est exactement gouverné par la même Constitution, par la même dynastie que précédemment. Ce qui a été cédé, c’est le droit de garnison que le Roi de Prusse exerçait à Luxembourg. Je veux en ce moment poser la question dans ses véritables termes et combattre — je ne dirai pas cette contre-vérité — mais cette manière d'être à côté de la vérité, qui consiste à prétendre que le grand-duché de Luxembourg aurait été arraché de l'Allemagne, ou seulement lui serait devenu plus étranger qu'avant la chute de l'ancienne Diète. Si M. l’orateur, en parlant de cette facon, a voulu exprimer aussi qu'il eût désiré que nous fissions la guerre à cause de l'affaire du Luxembourg, il se trouve dans cette vue, je crois, passablement isolé.

Il est en contradiction notamment avec l’orateur précédent, qui a attaqué le texte de l’Adresse parce que, à son point de vue, elle peut compromettre la sûreté de la paix, la croyance à la paix. Le préopinant souhaiterait qu'une guerre eût été faite pour un sujet beaucoup moindre que celui dont les orateurs qui ont expliqué le sens de l’Adresse, font un cas de guerre dans leurs discours inspirés par l’enthousiasme national.(t) Il souhaiterait ainsi que nous eus-

lande. Il est vrai qu'à l'époque où ces traités furent signés, l'État du Luxembourg faisait partie de la Confédération germanique, et c'était comme place forte fédérale que la ville de Luxembourg recevait une garnison prussienne; — du moins, les traités pouvaient être interprétés ainsi. Par conséquent, lorsque, après la guerre de 1866, la Confédération germanique fut dissoute, ce droit de garnison de la Prusse dans une place qui avait cessé d'être fédérale, devenait contestable (voir de discours du comte de Bismarck, séance du 1er avril 1867; Volume premier, p. 331).

1 Ce cas de querre indiqué, c'était l'éventualité d’une immixtion étrangère dans le règlement de la question allemande; — le projet d'Adresse adopté par le Reichstag disait à cet égard:

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