QUESTIONS DE POUVOIRS
à s'élever au dessus du sol. Ce commencement de construction pourra-t-il soutenir le poids du combat de pouvoirs qu'on lui fait supporter en ce moment, on ne vaudrait-il pas mieux que vous attendissiez qu'il fût quelque peu solidifié? — sur cette question je n'ose décider, parce que je ne puis lire dans l'avenir et que je suis trop müri par l’expérience pour prophétiser ou pour menacer. Mais une certaine inquiétude me saisit quand je vois que la peine et le travail, que les événements les plus grands et les plus heureux, que les admirables exploits de nos armées, que tout ce qu'il a fallu enfin pour nous amener aû point où nous sommes actuellement, — soit déjà, après neuf mois, oublié par vous ou traité comme histoire ancienne dont il nest plus question, et que vous vous occupiez uniquement d'extension de pouvoirs dans un moment où vous croyez les gouvernements assez embarrassés pour que vous puissiez leur arracher une concession. D’autres occasions de l'obtenir se présenteront; assurément, elles ne vous manqueront pas. Mais d'abord laissez les fondements de l’édifice se tasser et s’affermir avant de vous livrer sur ces premières assises à de telles évolutions ct de tels combats. C'est un regret que j'ai déjà vivement éprouvé lorsqu'il s’est agi des indemnités parlementaires, le regret de voir qu’à peine avons-nous fait un compromis, vous commencez à Pattaquer, et que l’on se débatte sur des questions de pou- Voirs plutôt que de consolider l'institution fédérale. D'après vos conceptions de droit vous nous mettez, si l'amendement est adopté, dans cette triste alternative: point d’amélioration de la flotte, ou un conflit. La responsabilité d’une telle alternative où nous serons placés, je dois la repousser pour les gouvernements confédérés et la rejeter sur ceux qui modifient une loi — bonne et utile en soi — par cet amendement, calculé uniquement en vue d’une extension de pouvoirs, que l’on veut arracher aux gouvernements, en profitant de l'heure où on les croit dans l'embarras.
Je ne puis que répéter ce que j'ai dit au sein de la
commission; et lorsque M. le préopinant exprime un doute
au sujet de ce qui à été promis, je crois me rappeler que ces promesses qui, suivant lui, n'auraient pas été exactemement remplies, n'ont point été faites par moi. Une assurance que je puis renouveler ici, c’est que, dans la séance de ce jour, au nom de la Présidence et des gouvernements, je retirerai tout le projet de loi, si l’amendement est adopté.
Après un discours du député Lasker en faveur de l'amendement, le comte de Bismarck répliqua:
Je prends la parole seulement pour deux rectifications de fait.
M. l’orateur pense que dans le Conseil fédéral on ne s'est mis d'accord (sur le rejet de l'amendement) qu'après plusieurs discussions, et difficilement, semble-t-il supposer; c'est une erreur. Toute la question a été résolue en quelques minutes, attendu que les gouvernements dès le principe étaient unanimes sur ce point qu'ils ne pouvaient faire la concession demandée; et je crois que M. le préopinant a été mal renseigné. ès
La seconde rectification que je crois devoir faire aussi en ce moment à trait à cette question: «En 1866, l'argent pour la guerre nous a-t-il été refusé, oui ou non?» M. l’orateur s’en est référé à des paroles prononcées par le gouvernement, à un témoignage moral rendu par lui, lorsquil a dissous la Chambre. Mais c'est au vote donné après la œuerre que se rapporte ce témoignage.
Je pense que M. le préopinant avait dans l’idée la dernière dissolution qui à eu lieu l’année dernière; et si je ne me trompe, le témoignage dont il parle se trouve dans le manifeste. ... Au surplus je me borne à constater que c'est toujours un besoin pour moi, — et M. l’orateur, ily a quelque temps, me rendait lui même cette justice, — d'être poli dans toute discussion, aussi longtemps du moms que je n'ai pas perdu mon égalité d'esprit et d'humeur, = et à faire observer que l'expression employée dans l’ordons