Les discours de M.P.E. Blondin, à Ottawa [microforme]
Je regrette de contribuer à prolonger ce débat et d'abuser du temps précieux de cctte Chambre, pour me servir d'ure expression que je trouve d'ordinaire en tète des plus longs discours qui vous sont adressés, mais je croirais manquer à mon devoir si je restait silencieux sur cette qrestion.
Je suis ” vaincu très sincèrement, et dela manière la plus désintéressée possible tant au point de vue politique qu'à tout autre point de vue, qu'une enquête générale s'imps ie, non pas dans un district s : ement, non pas seulement sut .e mesurage, la classification, la surveillance et l'inspection ; mais encore sur toutes les méthodes suivies pour la construction du Transcontinental national, section est d’un bout à l'autre de la ligne... et j'affirme que l'opinion publique la réclame.
‘n conséquence, je demande une enquête générale, honnête, publique, complète, sans entraves de procédute et de politique, suivant les conclusions de f'amendement proposé par mon honorable ami le député de Simcoe (M. Lennox) et non pas une inquisition sommaire, œestreinte, privée, arlitraire, et plutôt moyennageuse, comme teud à nous l'imposer la résolution de l'honorable Premier ministre.
Devant l'énorme gravité de
l'accusation portée par Monsieur Lumsden, à cause de la haute position de ce Monsieur, à cause de sa parfaite intégrité, de sa compétence et de l'autorité de sa parole dont personne dans cette Chambre n'a le droit de douter, à cause de la différence inexplicable et alarmante que nous trouvons entre le coût estimé du Transcontinental,— une bagatelle, quand ces honorables messieurs l'ont entrepris — et la somme monstrue..se qu'il nous coûte et qu'il va nous couter, je dis, monsieur l'Orateur,- qu'une enquête générale s'impose, et tous les discours des honorables membres de la droite m'ont convaincu plutôt du défaut de leur
raor :* politique, de leur candeu:. : ue du nor fondé de mon affit:.ution.
En face de leurs déclarations, je me demande, Monsieur l'Orateur, par quelle perversion des lois les plus élémentaires de la logique, —j'allais dir- de la morale,—ces honoralles mz:ssi+urs peuvent sentir de l'inclination, et une apparente satis'action à tourner d'abord toute ieur arr tume, leurs doutes et leur malveillance contre le bon cv: fidèle serviteur qui a eu le courage de faire son devoir, à soa propre détriment, sans £za”d pour son intérêt, pour le bien du navs, et à donner toutes leur: svinpathies à ceux-la mms contre qui les premières préventions
xistent, contre qui la réprobaion devra exister ?
Mais ma courte expérience ans cette Chambre m'a appris que ce gouvernement a beau-
coup plus de tendresse pour ses amis politiques prévaricateurs que pour leurs juges intègres,et chaque fois qu'une enquête a dévoilé la malversation et le vol, les coupables et les criminels ont toujours trouvé dans cette Chambre un gouvernement et des ministres disposés à discréditer, mème déshonorer les Lribunaux, pour mieux absoudre Bt sanver les condamnés,
En passant, qu'il me soit Permis de dire à ces messieurs de la droite qui aiment tant à ressasser les scandales de l'adiministration conservatrice, que s'il existait des scandales alors les gouvernements conservateurs n'ont jamais cherché à empêcher les enquêtes. Et l'on peut dire glorieusement de ceux qui présidaient à la chose pu- Llique, dans le temps, ce que dit un personnage classique :
Et quand nos vieux héros a-
vaient du mauvais sang, Ils eussent, pour le perdre, ouvert leurs propres flancs.
Et à quel autre but tend la résolution de l'honorable Preimier Ministre, si ce n'est à discréditer encore une fois, l'accu- Sateur public, en instituant une recherche sur la vérité de de ses affirmations ? Je dis, monsieur l'Orateur, que nous n'avons pas plus le droit de douter de la parole de Monsieur Iumsden que nous n’avons
le droit de douter de celle d'un
ministre siégeant sur les banquettes du Trésor. Je dis que
le simple bon-sens nous défend
de douter de la parole de Lumsden, Je dis que ses accusations doivent être tenues
comme vraies; et que si elles sont vraies pour un district.
que si le vol et la surclassification ont existé dans un district, en particulier, nous avons raison de conclure que ces malversations peuvent et doivent avoir existé dans d'autres districts. et que par conséqueut.une enquête générale s'impose au plus tôt afin d'arrêter ce: coulage du Trésor, afin d'enraver ce fléau qui ruine le pays.
Le gouvernement oserait-il 1-étendre qu'il a toutes les informations nécessaires sur les autres districts, et qu'une enquête ne pourrait rien révéler ?
Si telle est sa prétention, qu'il me permette de lui dire qu'il se trompe, et en voici un exemple entre mille. I'an dernier, le 121mai, je posais la question suivante, rapportée à la page 6603 des débats, à l'honotable ministre des Chemins de fer :
Quel est le montant total des dommages causés annuellement aux travaux du Transcontinèntal national par la crue des eaux jusqu'à ce jour, en amont de Ia Tuque, depuis ce dernier endroit jusqu'au creek à Ludger Noël. ?
La réponse a été rien moins que candide, la voici :
Il n'y a aucun dommage.
Eh bien, je suis allé moi-même sur les lieux, ‘j'ai examiné de mes propres yeux, j'ai entendu les témoins de l'endroit, et j'affirme ici que l'honorab,e ministre a été ignominieusement trompé et qu'il a par là même trompé la Chambre, que des dommages existaient pour un montant très considérable.
Voilà, monsieur l'Orateur, un fait qu'une enquête générale nous permettrait de démontrer.
Est-ce que le Gouvernement ne cherche pas plutôt à empécher la lumière de se faire ? Je suis enclin à le croire, et si tel est le cas, je puis le féliciter de sa sagesse car il a bien raison de craindre l'opinion publique.
A part es accusations qui nous viennent de tous côtés, à part des montagnes d'informations— pour me servir d'une parole chère à l'honorable Premier Ministre,— une enquête me permettrait de faire connaître au public, quiest à bon droit inquiet et sourçonneux, les raisons qui ont fait choisir un marais, un véritable marais, pour cour de garage, du Transcontinental, de préférence au site magnifique de La Tuque qui était tout désigné d'avance comme l'endroit le plus splendide à cette fin.
monsieur l'Orateur,
L'honorable président de la “ommission du Transcontinental, lors d'un voyage à La Tuque, n'avait pas caché son admiration pour ce dernier endroit et ilne pouvait pas s'expliquer comment on en choisirait un autre.
L'ingénieur en chef de Ja sec:
tion de Québec, M. Doucet, a:
vait, lui aussi tout d'abord in cliné pour ce dernier endroit, el la main de l'un ou de l'autre de ces messieurs en avait dessiné le plan de circuit sur une carte de Ia Tuque.
Pour quelle raison a-t-on subitement changé d'opinion, contre les lois du Lon sens, de Î'économie et du génie civil ?
C'est encore là un point qu'une enquête générale nous permettrait d'éclaircir.
Mais, monsieur l'Orateur, ji comprends que la nature de cet:
te discussion ne me permet pas d'entrer dans les détails de ces questions. J'ose croire cependant que cesfaits succints, joints à ceux déjà cités par les honorables députés qui m'ont précédé, démontreront, si non au gouvernement, du moins au pays, qu'une enquête s'impose, et queles conclusions de l'amendement de mon honorable ami, le député de Simcoe, devraient être accordées.
Discours de M. P. E. Blondin au banquet R. L. Borden à Ottawa
Premier discours de M. Blondin, à son arrivée à Ottawa, lors d'un banquet à M. R. L.
Borden, Novembre 1908.
Paroles franches, et fières revendications.
(La Santé de la Province de Québec ) .
Monsieur le Président,
Messieurs,
Au nom des nouveaux membres de ma Province, je vous remercie de l'accueil enthousiaste et trop flatteur que vous faites à cette Santé. ;
Et pour moi personnellement, je suis tenté d'avouer qu'en ac-
ceptant d'y répondre en FRAN- ÇAIS, je me savais acquise d'avance la sympathie non seule-
ment des députés anglais de Québec, mais aussi de vous tous, Messieurs, venus des différentes Provinces du Dominion Anglais, et qui formez avec moi la loyale opposition de Sa Majesté dans la Chambre des Communes du Canada.
Et en effet, depuis l'ouverture de cette session, il nous a été donné, à nous, nouveaux membres, de constater que ce qui a existé aux jours glorieux du parti conservateur, et qui a fait sa force :— (que ce qui doit exister encore et toujours, sl nous voulons que .'avenir soit digne du passé, )— existe aujourd'hui à un dégré éminent : — Je veux dire, la sympathie des Provin-
ces-Sœurs pour la Province de Québec.
Et hier encore, en vous foigunant unanimement à nous et en supportant vigoureusement une mesure quine ooncernait que les intérêts de la Province de Québec, qui ne favorisait que Québec, et Québec seule, vous avez donné un démenti, comme j'espère et je sais que vous en donnerez encore par milliers,un démenti aux accusations de fanatisme que le parti libéral a trop lancées contre vous dans ma Province, au cours de ces dernières années.
Cette sympathie, Messieurs,si nous ensommes fiers, — nous croyons aussi la mériter.
Certes, chez nous, ilest vrai que nous avons une mentalité, une croyance, une nationalité distinctes, auxquelles nous tenons plus qu'à la vie, plus que tout au monde ! Distinctions, il est vrai, mais distinctions qua les plus grands politiques de l'Angleterre ont proclamées devoir être respectées scrupuleusement, respectées entièrement, pour le Lien de ce pays, pour la sécurité de l'Empire même |
Mais ces traits distinctifs se fondent chez nousen un seul tout : le nom canadien ! en une seule ambition ; cell: qui est ‘cœur de tous les enfants de ce pays, d'un océan à l'autre, celle de voir notre Canada
a a heureux, grand et prospèrei! Et Constitution qui Ma race va, chantant Partout serve nos droits, et tonjours : ‘Le Canada... où avec Sir Char terre de ses aïeux ; le Canada, défendait es dro: Son pays, ses amours |! ’’ Elle norité, et subiss, n'a pas d'autre patrie, ELLE une défaite plu N'EN A PAS EU, ELLE N'EN ic AURA JAMAIS D'AUTRE ! toire plus éclatante, Mais moins Et j'arrête là, Messieurs, des honorable, Considérations qui pourraient Et c'est être plus longues. La figure dis- croyons tinguée du chef vénéré de a litique d Province de Québec, M. Monk, pays que vous avez placé le premier, dans auprès de ce premier chef, aus- c'est sii vénéré, M. Borden,.… ses pa-
— Protège et conjusqu'au jour les Tupper, il its d'une miait pour nous S glorieuse et plus féconde que certaine -::
Parce que nous que le vieux Credo pou Conservatisme en ce est profondément gravé votre cœur, M. Borden, Parce que nous croyons qu'il est également ancré dans roles, ses actes vous traduisent votre Cœur, âtous Messieurs,que plus éloquemment que je ne Pour nous sommes ici, nous, les nourais le faire, les sentiments de veaux membres, soldats de votre ma Province à l'égard de VOUS armée, prêts à Combattre coudetous, et à l'égard du Ix:: à-coude avec vous, et prêts à nion. vous soutenir loyalement, en Et si nous sommes ici, nou- tout et partout, dans la défaite, veaux députés, français et ca- dans la victoire, Pour le plus tholiques d'une Province fran- grand bien du pays. Saise et Catholique, au milieu Sirs,— de vous qui êtes d'une langue I am throu et d’une croyance distinctes, Words I niay utter in your OwWm c'est que l'histoire nationale language are these : let ou: Nous a appris que le Parti con- leaders ‘ stand DY that flag, — Servateur a été, et ne Peut ces- let each ofus stand LY on ser d'être, sans renier ses ori- leaders, and if we are few frore gines, le Protecteur des princi- Québec now, we will bring the pes fondamentaux du droit, de whole lot with us after new la justice et de l'équité, — & elections puis le jour où il écrivit cette
gh, and the only
Discours prononcé en réponse à
L'Hon. Bro-
deur sur l'élection de Drumon -Arthabaska
M. P. E. BLONDIN (Champlain): Monsieur l'Orateur, en prenant la parole en angiais, je me sens obligé de réclamer votre indulgence. -Je n'aurais pas eu une telle hardiesse si mon plus ardent désir n'était de me faire comprendre par tous les membres de la Chambre. En dépit de tout ce que les journaux ont publié, en dépit de toutes Jes assertions contraires que l'on a faites en cette Chambre, f'affirme ici, de mon siège de député, j'affirme en présence de nes compatriotes que penda Loute la durée de la campagne électorale dans Drummond-Arqui avons cc”
fhabaska, nous battu le candidat ministériel,
nous sommes restés fidèles à notre roi, à notre pays et aux principes que nous croyons VÉritablement être ceux du parti conservateur. ( protestations ):.
Je dois dire tout de suite, monsieur l'Orateur, que je ne m'attribue ni mérite ni démérite du résultat de l'élection de Drummond-Arthabaska, car avant même que je me rendisse dans cette division électorale, avant même qu'aticun de mes amis s'y rendit, les électeurs ayaient résolu de voter contre la loi du grvice naval. J'ai moi-même entendu certains OTganisateurs et des amis des députés ministériels dire que Îes choses allaient mal dans Drum-
mond-Arthalaska à cause de cette fichue loi du service naval.
Je suis fort aise que mes honorables amis de la droite, se fondant sur les comptes rendus des journaux, aient cherché à me faire passer Pour avoir dit que les Canadiens français font fi de l'opinion des autres PE" vinces sur cette question de la marine de guerre. Ce n'est pas précisément ce que j'ai dit,mais je me suis exprimé dans ce sens, et voici comment c'est arrivé.
os adversaires cherchaient à prendre les citoyens de Drummond-Arthabaska par la peur dans le but de les empêcher de se prononcer librement sur cette question, leur disant que s'ils agissaient de la sorte, les autres provinces useraient de représailles àleur égard. On voulait faire croire aux électeurs de Drummond-Arthabaska que les provinces anglaises sont peuplées de fanatiques e‘ de gens à l'esprit étroit. C'est pour cela que j'ai dit à mes compatriotes de ne pas craindre les pro:
vinces anglaises.
Certains de nos honorables amus de la droite ont dit à la population de Drummond-Arthabaska que c'est à la Grande-Bretagne que nous sommes redevables de tout ce que nous soinmes et de tout ce que nous avons, et moi, suivant en ceia l'exemple de sir Charles Tup-
De CE:
Re per, de sir Richard Cartwright fait de cette circonstance. Je et de nombre de membres de n'entends pas faire perdre le cette Chambre qui siègent à vo- temps de la Chambre en faisant tre droite, monsieur l'Orateur, des citations : qu'il me soit j'ai répondu que ce n'était pas néanmoins permis de Citer, à vrai. titre d'échantillon de comptes
Les journaux ne sont Pas seuls rendus de Journaux, un extrait à se tromper ; l'honorable mi- de l''Evening Recorder", de nistre (M. Brodeur) qui vient Brockville, journal que je croi de reprendre sa place a lui-mê- être l'organe de l'un des minis me commis une inexactitude en tres.. Voici ce qu'on lisait dan parlant de certaine caricature son numéro du 19 novembre : que, à l'entendre, l'on aurait ‘On portait beaucoup d'intérépandue dans Drummond-Ar- rêt à la cérémonie d'hier, car le thabaska. Il a dit à ce PTOpOS: nouveau député d'Arthabaska
“Les Nationalistes ont dis: devait y assister. Ce Nationatribué aussi des gravures dans liste arriva, et il est d'usage de le comté. J'en tiens uræ à la Saluer l'entrée d'un nouveau démain. Naturellement, pour eux, puté par de vigoureux applaule drapeau anglais n'est rien. dissements : mais l'accueil si- Peu importe qu'on le piétine. lencieux qu'on lui fit n'eût d'é- Cette petite caricature Cepen- gal que celui qu'eût M. Monk dant montre quel esprit anime quand il prit son siège.'’ le parti conservateur de la pro- Le ministre de Ja Marine et vince de Québec. F/le représen- des lêcherires prétend que la ca te Baptiste fumant sa pipe ricature dont je viens de parler tranquillement et tenant l'U- a, de même qu'une autre, êté rénion Jack à deux mains. Der- pandue dans le comté de Drug
rière luiest l'Anglais John mond-Arthabaska au cours 2.
Bull. Baptiste «a enlevé son ha- la Campagne électorale. Il <
bit et l'a accroché à un arbre et trompe encore. Qu'il se rep<-
l'Anglais lui dit: “Tiens le au journal où il l'a découpée drapeau Baptiste, et pendant c: trois, jours après l'élection. temps, je vais avoir soin de ton constatera qu'elle fut publiée habit''. Qu'on me permette de citer un Cette caricature et la légende extrait d'un discours prononcé qui l'accompagne n'ont jamais par le ministre de la Marine luiété imaginées par les nationa- même, en 1896, lorsqu'il a voté sistes: c'est une création de contre le budget dela milice. l'honorable ministre lui-même Que disait-il de l'Angleterre et non du ‘‘Nationaliste'’. Elle dans cette circonstance ? Voici: est reproduite du ‘‘Canada'’, et ‘J'ai toujours entendu dire
le journal que le ministre tenait que, si, par impossible, nous a-
à la main portait une inscrip- vions une guerre au Canada,
tion qui devait le mettæe au nous aurions le droit de comp-