‹ Les discours de M.P.E. Blondin, à Ottawa [microforme]Chapitre 2 sur 6 · CR ER · texte numérisé non relu

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ter surla protection de l'Angleterre, que la seule raison du maintien du lien colonial était que, dans le cas où nous aurions des difficultes internatiomales, nous pouvions compter, avec certitude, sur l'appui de l'Angleterre

“Eh bien! monsieur te présilent, je regrette d'apprendre que dans le cas actuel le Gouvernement a acheté ces fusils de l'Angleterre, non pas d'un particulier, non pas d'une compagnie particulière, mais qu'il a acheté ces armes du gouvernement anglais, "* G'iè Ce gouvermement nous temande de lui en gembourser le mont:nt. Est-ce là la protection promise par l'Angleterre au Canada ? Est-ce % la position qu’ nus est faite comme colonie ? Je «rois que mous aurions raîson de nous at tendre à toute autre chose de la part de l'Angleterre. "”.

Pendant la lutte électorale de Drummond-Arthabaska, les députés de la d'oite ont répété leurs anciens discuufs sur la question Riel et la question écoles du Manitoba, discours dans lesquels ils faisaient appel aux préjugés nationaux. Ils ont été élevés à cette dans ma province, depuis qu'ils sont au pouvoir, ils ont tenté d'exploiter de leur mieux le cri de race.!

mm er

La première raison pour laquelle nous avons combattu la loi du service naval dans Drummond-Arthabaska, c'est qu'elle constitue un danger pour les relations qui existent entre la Grande-Bretagne et le Canada, et j'ai déclaré partout que nous étions prêts à sacrifier notre vie pour la défense de notre patrie et le maintien de 1a suprématie britannique.

Jene traiterai pasce sujet plus longtemps. Tout ce que je désirais faire, c'était d'expliquer mon attitude et, avant de reprendre mon siège, je désire protester au nom des électeurs de Drummond-Arthabaska et de toute la province de Québec contre la conduite des membres a la droite qui veuient faire croire à la Chambre et au pays que la population de Québec est inéapable de juger une question impartialement, mais se laisse aisément influencer par les cris de race et les préjugés. En dépit des cris de race, la Provi de Québec a donné son appui à feu sir John Macdonald durant dix-huit années et, le moment venu, la population de Québec prouvera au pays qu'elle peut décider les questions publiques sans tenir compte de sa nationalité et donner son appui à nn Anglais aussi bien qu'à un Canadien-Français.

Discours de M. P. E. honte sur la tene na-

vale du Canada

M. P. E. BLONDIN (Chatuplain) (texte): Monsieur l'O rateur, je me permettra de fé lciter tout simplement {'honorable député de Chatubiy-Ver chères (M. Geoffrion), de son magnilique oratoire, mais je ne crois pas devoir le suivre dans le dédale plus où moins obscur de son argumentation. Il ne s'est pas même efforcé de nous prouver qu'il était autorisé de de décider l'importante question qui est devant cette Chambre par son souverain, qui est le peuple, ou qu'ilareçu un mandat à cet effet.

Malgré le regret que j'en éprou ve, :e me sens obligé de protester hautement à la fois contre la politique du gouvernement et contre celle de mon propre parti, sur cette question de la création d'une marine Canado-Impériale, ou d’une contribution en argent.

Et en me levant pour appuyer l'amendement proposé par l’honorable député de Jacques-Cartier (M. Monk), par lequel il demande un appel au peuple préalablement à aucune décision en cette matière, j'ai la pleine conscience de n'obéir qu'à la stricte dictée de mon respect pour le peuple et les institutions de ce pays, comme l'honorable député l'a fait Ini-tnême.

Je ne veux pas douter de la sincérité des oteurs qui m'ont

précédé, ni rechercher jusqu'à quel point l'effort oratoire remplace la logique et parfois la vérité, dans leurs discours ; mais vous me permettrez, monsieur l'Orateur, de dire que l'argumentation de mon honorable ami de Jacques-Cartier est encore intacte malgré ses assauts plus brillants et astucieux que sérieux et convainquants.

Son discours domine encore ce débat, plutôt obscurci, de toute la hauteur lumineuse du principe qui l'a inspire ; et il restera, comme on l'a déjà dit :

‘‘une page d'histoire vraie, un monument de logique et de bon sens'', dans nos annales parlementaires.

On a beaucoup parlé jusqu'ici, des dangers de toutes sortes,qui, à mon sens, menacent bien ‘us les rives lointaines de l'ix rination que celles de notre patrie; mais onapeu ou point parlé du grand danger, du seul vraiment évident et vraiment imminent qui menace le plus cher etle plus sacré de nos droits : celui du gouvernement de ce pays par le peupie et non par des ministres autocrate:, celui du gouvernement de «e pays par le peuple et non ‘Ar cent quarante députés sans :aandat et sans autorisation. Cer, c'est sans mandat de lui, ssans Sa connaissance et sans son consentement que ces honofables

messieurs proposent et sanctionnent cette mesure extraordinaire qui, de l'aveu de tous, dépasse en importance et en conséquences formidables les plus angoissants problèmes qui atent jamais émuce pays. Et, je de- Mande à ces messieurs quand le peuple, quiest après tout le seul maître, le seul souverain de ce pays, (car en terre britannique, le roi lui-même n'est que le représentant suprême de la volonté nationaie), je demande dis-je, à ces messieurs de la droite, quand le peuple leur a-til donné mandat de mettre une telle politique à exécution ?

A quoi sert d'invoquer la résolution du 29 mars 1909, qui n'a pas plus lié les memlres de cette Chambre que les mille et une autres résolutions adoptées comme celle-ci, à l'unanimité,et qui reposent maintenant et pour toujours dans le large cimetière du gouvernement où elles n’entendront jamais la trompette de la résurrection ?

Et en admettant que cette résolution ait püû nous lier, par quelle marie de la logique, peuton prétendre qu'elle puisse lier le peuple qui n'v apas pris part, qui ne s'y est pas engagé, et qui ne l'a pas autorisée ? Et le rapport des différentes Conférences Impériales, dont on ïinvoque la longue publicité, fournit-il un argument plus sérieux

et plus justifiable que le pre--

mier. pour refuser un appel au

peuple ? ; Ce rapport, qui peut contenir, mais infiniment moins qu'on ne

l'a dit, quelques germes imperceptibles de la politique actuelle, pour peu qu'il ait été communiqué aux électeurs, à la inasse du peuple, y a été interprété comme contenant le refus absolu du Canada d'entrer dans la politique impériale, et comme rien autre chose ; et voilà tout ce que le peuple de ce pays en a jamais connu. Et qui peut me contredire ici, si j'affirme que jamais ce gouvernement, ni l'honorable premier ministre,ni aucun de ses partisans, n'ont jamais rien fait jusqu'à présent pour changer ou détruire cette crovance populaire ?...…..

Jamais non plus ils ne lui ont dit un seul mot de la politique qu'ils nous soumettent aujourd'hui.

Quelques honorables ministres sont venus dans mon comté, lors des dernières élections : ils ont gardé le silence le plus entier sur cette question.

Et je reste encore dans les Lornes de la vérité, et de a modération si je dis que c'est plutôt”Tout le contraire de la politique actuelle qu'ils ont rrêch* lors des dernières élections et depuis l'origine de cette question, et je n'en veux citer qu'une preuve entre mille.

Voici ce que disait ‘‘le Canada'° du 5 Octobre 1903, dans un article intitulé ‘‘Participation Militaire’”:

“T1 suffirait de quelques exaltés, passant une résolution et demandant l'intervention, pour que l'Angleterre prenne le Canada au mot et lui dise: C'est

bon, envoyez vos soldats et vos vaisseaux. Et nos braves Canadiens seraient obligés d'aller se battre pour les beaux yeux de la Macédoine et pour la grande joie de bachi-bouzouczs.Tandis qu'en .restant comme nous sommes, personne ne peut nous demander de marcher. Que ceux qui passent des résolutions y aillent si cela leur plaît, mais les Canavens ne marchent pas.

Ah oui, conservons longtemps le “statu quo'', c'est notre salut. Maïintenons fermement pouvoir sir Wilfrid Laurier qui a donné au peuple casadien l’assurance de ne pas laisser entrainer notre p. ys dans le tourbillon militaire, ni dans les querelles d'autrui. Nous somtes Lien, restons comme nous sommes.'"

Mais pour éviter ce point qu'ils ne peuvent nier, nos honorables collègues ont eu recours depuis le commencement de ce débat, à leur tactique habituelle de taire leurs faiblesses et leurs péchés ; ils n'en ont point parlé. Et pour échapper aux conséquences rigoureuses de ce fait évident, ils se sont efforcés de diminuer en apparence, aux veux du public, l'énormité de l'entreprise dans laquelle ils vont nous jeter, et de réduire aux proportions d'une bagatelle les sommes fabuleuses qu'elle va nous coûter.

Ils ont dû admettre, cependant, que la première dépense sera de quinze millions au moins. Et‘si nous tenons compte de cet important aveu du premier ministre ‘qu’il en sera

peut-être de ces prévisions comme de celles du Transcontinental, et qu'il pourra s'ensuivre des dépenses beaucoup plus lourdes'',— si nous tenons comp te des détails nouveaux que chaque jour nous apporte, toufours de plus en plus considérables, comme par exemple de cette évaluation de l'amiral Kingsmill, que l'Honorable Ministre de la Milice paraissait si effrayé de nous communiquer, l'autre jour, nous devons, sans effort d'imagination, porter cette dépense initiale à vingt-cinq millions, plutôt qu'à quinze millions.

Et ce n'est là qu'une partie de la vérité ; car ces honorables membres se sont bien gardés d'écarter devant les yeux du public le voile qui lui dérole encore les obligations de l'avenir, ce gou fre du militarisme dont l'honorable premier ministre nous parlait autrefois d'une manière si éloquente, et que l'expérience des vieilles nations nous montre d'une manière si claire, si précise et si inquiétante.

Ils n'ont pas dit, non plus, à leurs électeurs, qu'une fois lancé dans la voie des arme ments, un peuple doit augmenter et toujours augmenter ses armées, multiplier et toujours multiplier ses navires de guerre. Mais l'exemple de motre propre milice, dont le Ludget annuel a augmenté de six millions en quelques années, est suffisant à nous rendre soup- Conneux du silence de ces messieurs. et défiants de leur opti-

misme. Mais ils vont plus loin encore, dans leur tentative d'endormir l'opinion publique, et depuis le commencement de ce débat ils se sont efforcés de laisser entendre que cette loi nouvelle et inouïe découle naturellement de nos statuts, et qu'elle n'est que le développement de notre loi actuelle de la milice.

L'article 69 de cette dernière loi décrète expressément que le Gouverneur en Conseil ne pourra mettre notre milice actif sur les frontières ou au-delà, que pour la défense du Canada.Malgré les aïfirmations contraires, je persiste à dire que cette disposition ne justifie pas les conclusions que ces honorables messieurs, à savoir que le Canada est tenu de partager toutes les guerres de l'empire, mais qu'il en résulte plutôt que le Canada n'est tenu qu'à ses propres guerres, et qu'il n'est en guerre que lorsqu'il est attaqué.

C'est ainsi que l'a toujours interprété le peuple de ce pays ; et la loi qu'on nous propose en est une qu'il ignore, qui est contraire àses croyances politiques, et sur laquelle il n'a jamais été consulté.

Mais le peuple, aux ‘yeux de ces honorables messieurs de la droite, le peuple, ils l'ont assez répété, ils l'ont assez falssé entendre, le peuple, pour eux, est un grand enfant en tutelle, qu'ilne faut pas consulter sur ces graves questions, par crainte de son fanatisme et de ses passions juvéniles. Cette con

viction domine tellement l'esprit de nos honorables collègues que l'aveu en déborde de tous leurs discours, il s'échappe par toutes les nombreuses fissures de leur argumentation.

Monsieur l'Orateur, j'avoue sincèrement que je ne puis comprendre l'efficacité de la convocation du Parlement après le départ de notre flotte, pour exprimer après coup son approbetion ou sa césapprobation...Æt, e ne puis voir dans cette disposition qu'un dernier subterfuge pour cacher grossièrement aux yeux du peuple le coup funeste que l'on porte à son droit alsolu jusqu'ici de contrôler les deniers publics que l'on engage ici, en ce moment même, d'avance ef sans son consentement un dernier subterfuge pour cacher à peine et de la manière la plus méprisante l'atteinte humiliante dont on blesse à jamais la conscience nationale, en imposant à tout un pays une guerre qu'il n'aura ni déclarée, ni désirée, et qu'il réprouvera peut-être.

Voilà, monsieur l'Orateur,autant de choses nouvelles que le peuple, après tout, a le droit de connaître et d'apprécier avant d'y être lié à ‘amais. Ce sont là autant de considérations nouvelles qui justifient amplement l'amendement de l'honorable député de Jacques-Cartier, et qui feront de cette loi, si elle est adoptée ainsi, non seulement un abus de mandat, mais um attentât à la liberté populaire et “x institutions de ce pays.

Mais 'e ne veux pas - prendre mon siège sans déclarer à ce Gouvernement que je suis prêt à subir les conséquences extrémes de mes convictions, afin de décharger entièrement ma responsabilité du forfait qu'il va commettre ; et puisqu'il refuse l'anpel au peuple que nous lui de. «ndons, avec les milliers de signataires des requêtes que nous lui avons présentées, je suis prêt, monsieur l'Orateur, à remettre immédiatement ma démission entre vos mains, si l'honorable ministre des Postes, (M. Lemieux), qui s'est fait le défenseur de cette politique dans ma province, veut faire de même et venir subir avec moi les risques ‘d'une élection dans le comté de Champlain, où il trouvera, j'en suis sûr, une population au-dessus de l'esprit

de ‘anatisine et de parti que lui et ses honorables amis semblent tant redouter chez notre peuple.

Monsieur l'Orateur, je me suis joint detout cœur à l'honorable député de Ste-Anne (M.Doherty), lorsqu'il félicitait l’honorable premier ministre de son prompt.retour à la santé. J'en étais particulièrement heureux, Mais je suis certain que l'hunorable député n'a pas dit 1à toute sa pensée et a tû le meilleur de son âme. Il aurait voulu rajeunir l'honorable premier ministre. Nous voudrions tous le rajeunir, espérant qu'avec ses brillantes années de jeunesse il retrouverait ses convictions d'autrefois, et qu'au lieu de défendre ce bill devant la Chambre, il le combattrait à nos côtés.

ncident Bivndin-Brodeur ou le député de

hamplain réussit à

article du ‘Devoir’

lire au Ministre un

‘intitulé L'Hon. L.

P. Brodeur. Menteur public !

M. P. E. BLONDIN ( Champlain) (texte): Monsieur le Président, je ne dirai qu’un mot car à cette heure avancée de la nuit, je ne veux pas que mes adversaires ajoutent au prétendu crime dont ils m'accusent, celui de prolonger davantage ce débat. Je regrette que le très Horotable Premier Ministre ne soit pas à son siège, car je désirerais lui poser une question directe à laquelle Îl a seul autorité pour répondre ; et ‘e ne puis retenir l'expression de gon étonnement de l'indifférence que le très honorable monsieur témoigne à ce débat, et je me demande si un regret tardif ne l'aurait pas enfin atteint et inspiré de ne pas participer à ‘la comédie criminelle qui se joue ici. L'honorable ministre de la Marine et des Péchbries a l'audace d'insinuer que j'aurais dû m'adresser à lui pour m'informer avant de porter les accusations.

A lui, je n'ai qu'une réponse bien courte à donner. Il était en Chambre quand j'ai porté mes accusations. Puisqu'{il avait en main, comme il le prétend.

la preuve de la justification du député de Richelieu, pourquoi

ne s'est-il pas levé de son siège, et q'e ne me ‘les a-t-il données

alors ? J'aurais retiré mes accusations. et il aurait évité cette enquête,

Mais, monsieur le Frésident, cette affirmation du Ministre est tout simplement une balourdise et une supercherie. La preus ve à l'enquête a démontréé que, même si le ministre avait voulu, de bonne foi, et avec moi, faire une enquête privée, if n’aurait rien trouvé, car tout lui avait été soigneusement caché, et les livres que nous aurtons examinés ne lui auraient rien dit,, car ils étaient falsifiés. Et je défie le ministre de me contredire quand j'affirme qu'à l'heure actuelle il lui est encore impossible de faire une enquête, car les documents sont détruits et les livres falsifiés.

Je comprends qu'il ne m'appartient pas de discuter la preuve, les faits ou le rapport du Comité dans cette cause où je suis partie intéressée, mais ‘e tiens à protester de toutes :nes forces contre cette partie du rapport de la majorité qui m'attaqu? personnellement, et qui tente de me faire jouer le rôle du coupable en cette enquête.

La mentalité politique des honorables membres du Gouvernement, leur aveuglement partisan et haîneux. les a em-

pêchés de réaliser, par leurs propres jorces intellectuelies, la stupidité de l'action qu'ils commettent en 11 accusant — mais l'opinion publique, exprimée par la voix de tous les ‘ottrnaux de ce pays, indifiéremment aux distinctions de partis et particusièrement les journaux libéraux eux-mêmes, et des plus grands, des plus lus et des plus iniluents de leur parti— a enfin rappelé les honorables messieurs aux lois de la convenance et leur a fermé la bouche sur cette honteuse partie de leur rapport.

Ce soir, pas un d'eux n'a osé commenter cette partie de leur rapport ; ils se sont tus, parce qu'ils en ont tous eu honte, et qu'ils ont entendu le pays tout entier les conspuer, et eux qui, hier, parlaient de m'expulser et de me lyncher n'ont plus un mot pour me condamner, et Testent les lèvres stupidement closes devant l'expression du mépris que je leur jette de mon siège.

Les partisans du Gouvernemumt ont combiné tous leurs efforts, leur éloquence et eur subtilité à détourner la vérita.

ble signification de la présente enquête, en s'apitoyant sur le sort du député de Richelieu, et en rétrécissant tout ce débat à la mesquine mesure d'une question de piastres et de centins.

Mais ilsne tromperomt pas l'honnête bon sens du peuple de ce pays ; ils ne tromperont pas la pure et limpide clairvoyance de ce bon ‘uge intègre, qui, bien

avant le ridicule efiort de cette nuit, a condamné sévèrement le député, le ministère et les méthodes que j'ai dénonctes. Que les honorables membres de la

+. «prennent bien que :a srésente question les dépasse tous, du plus petit jusqu'au plus grand ; elle comporte 3e plus grand de nos principes parlementaires, celui de l'intégrité du Parlement et de l'honneur dé ia nation.

C'est à cette hauteur que se trouve la véritable portée de ce débat, et pas une ligne plus bas.

Que ceux qui m'entendent et qui me regardent en face, des banquettes ministériclles, éeoutent bien ceci : j'ai pour Monsieur Lanctôt toute la sympathie et toute la déférence qu'un honorable membre de cette Chambre doit à un confrère :

j'ai. pour tous ceux qui siègent en face comme à côt de moi, tout le respect qui leur est dû, mais qu'ils sachent bien une chose. c'est que quand cette sympathie viendra en conflit avec mon devoir, je n'hésiterai pas un instant à la sacrifier et à la fouler aux pieds : c'est que auand l'intérêt public, la moralité «t ma conscience seront entre eux et moi, qu'ils se le tiennent pour dit, ‘e leur passera; sur,le corps, et je n'aurai aucun égard pour eux.

Et qu'ils me permettent de le répéter. il ne s'agit pas ici de M. Lanctôt, du parti libéral ou de qui que ce soit dans cette Chambre, inais bien seulement

“de la bonne administration des entend laire répéter demain affaires publiques et de J'hon- dans toutes les demeures et à neur de la nation. tous les joyers du pays, qu'il Un konoralue député crittina- est permis à tous de détourner liste de Montréal, le député de les biens et l'argent de l'Etat Montcalm (M. Laiortune) a à leur profit, et s'ilest prêt à voulu faire du pathétique au couvrir de son Manteau auguste milieu des balourdises de son de premier ministre de ce pays grotesque discours ; il m'a lan- tous ces malversateurs, pourvu cé des malédictions, des sou- qu'ils remboursent plus tard ce haits de malheur... il m'a jeté qu'un jour ils auront volé ? des sorts!!! et m'a demandé M. P. E. BLONDIN (Chamcompte des ,armes que j'avais plain): Monsieur l'Orateur,c'éfait verser. Il a -mblié pour un tait mon intention de demander moment, et contre sa coutume, la parole sur la question que le ministère qu'il remplit. Lui, l'honorable ministre( M. Broqui est chaque jour devant les deur) vient de traiter. Je voutribunaux criminels, représen- lais rappeler à la Chambre que tant la Couronne, et deman- j'ai nié avoir prononcé les parodant le châtiment des coupa- les que le ministre m'a prêtées bles, que me répondrait-il si je et dont il prétendait avoir puilui demandais compte des lar- sé Je Compte rendu dans le ‘‘DEmes qu'il fait verser chaque VOIR, et que ce journal affirme jour, lui qui réclame sans C:ss€ n'avoir pas publié le des châtiments, et des supplices rendu en question. et même la mort. ‘ Je serais Lien aise d'entendre Il est dans la même position le ministre dire à ,à Chambre Gue moi, et en portant es acCu- où il a pris les extraits sur lessations que j'ai portées, je n'ai quels il base l'accusation de dé. fait que remphirici le sévère loyauté qu'il porte contre moi ministère qu'il remplit là-bas. devant cette Chambre. Ces Maintenant, je sais que le très comptes rendus ont été emprunhonorable premier ministre se- tés à l'un des journaux lihéra ici dans un instant, et qu'il raux, soit au «‘Soleil" ou à la votera pour la motion de blan- «vis chissage du député de Richelieu. L'hon. M. BRODEUR: L'ho- Je lui demande de vouloir lien norable député (M. Blondin } dire au pays si, en votant aîn- ne niera pas, je suppose, que cesi, ilentend ratifier en tous ci estun extrait d'un article points la conduite du député de publié dans le DEVOIR Richelieu, et s'il veut faire sa- Quelques VOIX: Asseyez-vous voir demain, aux milliers d'em- L'hon. M. BRODEUR : Je poployés publics, aux députés,aux se simplement la question et je hommes publics qui demain li- me demande Pourquoi on m'inront le résultat de ce débat,s'il terrompt ainsi, vu surtout : que

compte

Champlain Champlain qu'il citait avaient ne soulève pas d'objections. Il été rapportées dans le ‘Devoir? ne niera pas, je suppose, que le 11 s'agit de savoir, il me sempassage suivant se trouvait ble, si ces paroles sont emprundans le DEVOIR qui lui attri- tées au “Devoir”. buait ce langage : M. LAKE : J'ai compris “Vous intimidez le peuple en qu'on critiquait un article du agitant le drapeau anglais, et ‘‘Devcir'. Assurément, la Cham en ajoutant que nous devons bre doit savoir cœ qu'est cet arcontribuer toujours et partout ticle.

à la défense de cet ennemi de L'hon.M.BRODEUR: M. l'Or.…. nos libertés constitutionnelles ; AM. l'ORATEUR: La question mais on ne nous fera pas oublier de règlement a été posée et les qu'en 1837 ila été nécessaire de honorables députés doivent s'en percer des trous dans ce dra- tenir à cette question. peau afin de pouvoir respirer J'hon. M. BRODEUR : J'ai l'air de la liberté”. cité trois extraits que j'ai at- M. BLONDIN : Voilà précisé- tribués à l'honorable député ment où l'honorable ministre a (M. Blondin)....… tort. Ce compte rendu contient L'hon. M. FOSTER: Ce n'est des paroles que j'ai proférées, pas traiter la question de rèmais aussi d'autres dont je ne glement.

suis ‘amais servi, de sorte que L'hon. M. BRODEUR: Si l’ho le compte rendu comporte un norable député (M. Foster) désens différent du sens de mes pa- sire que j'expose la question de Afin d'élucider la ques- règlement...

tion, j'ai l'intention de tradui- M. l'ORATEUR: Si je comre ce passage et de m'en Tappor- prends bien, le ministre parle ter au jugement de la Cham- d'un article et le représentant bre. L'article, qui a pour titre de Champlain d'un autre. C'est “AL, L. P. Brodeur.'' accuse le l'appel an règlement que je déla sire entendre discuter.

le représentant de

roles.

ministre d'avoir trompé Chambre. J'ignore si j'ai l'ha- J/hon. M. BRODEUR: C'est bileti voulue pour le traduire. afin de le discuter que j'ai pris Sir WILFRID LAURIER: À la parole. I article publié dans l'ordre ! le “Devoir est tout à fait bles- M. L'ORATEUR : On soulè- sant et injurieux.

ve une question d'ordre et je L'hon. M. FOSTER : Je prévoudrais savoir en quoi elle con- tends que le ministre ne traite siste. pas la question de règlement, : Se- mais la première question.

Sir Wilfrid LAURIER :

le ministre de la Mari- L'hon. M. BRODEUR: Si l'ho

ne et des Pêcheries a donné des norable député me permet d'exexplications et déclaré que les poser la question de règlement, paroles du représentant de il pourra soulever des objec-

lon moi,

RE re

A tions,.si je m'en éloigne

He être contredite au dehors ni

ième par les députés...

vous la bonté, monsieur l'Ora- Une VOI

teur, de dire en quoi consiste ticle] l'appel au règlement ? M. BLONDIN:

le même article ajin d'expliquer

sais pourquoi l'honoral,le député les faits à la Chambre et de lui ne Ie permet pas d'exposer la Permettre de se prononcer entre Foie le ministre et moi. Le ministre,

L'hon. M. FOSTER: L'hono- qui n'a Pas retiré ses paroles— rable ministre n'expose pas la et c'est pour cela que Je ne veux question de règlement, Pas laïsser tomt 2r l'incident— L'hon. M. BRODEUR: Cet &T- M'a acctisé d'avoir proféré des ticle m'accase d'avoir trompé paroles délovales, et il à déclala Chambre... ré qu'il €Mmpruntait ces paroles M. SPROULE: si je saisis aux Comptes rendus du ‘Devoir’ bien, voici le différend : J'ho- cherchant à faire croire à la norable député se plaint qu'un Chambre qu'elles devaient avoir article qui ne rapporte pas fi- été fidèlement rapportées puisdélement ses paroles est cité en qu'elles Paraïissaient dans un cette enceinte, et qu'on l'en journal Publié par mes amis. tient responsable. Cette déclaration n'est pas exac

Quelques VOIX: Pas du tout. te, monsieur l'Orateur, et je M. SPROULE: Oui, et il ap-

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