XII PRÉFACE
Cependant Mirabeau tint ses engagements, et toute phraséologie dépouillée, non pad en courtisan, mais en homme politique, en homme d'État, qui veut faire adopter ses idées, sa conception d'une nation constituée sur de bases nouvelles aussi bien au roi qui doit exécuter qu'à l'Assemblée qui légifère. Ses notes, plus ou moins importantes, selon les événements, vont du 1*' juin 1790 au 3 février 1791, au nombre de cinquante ; elles forment un véritable traité politique, malgré certaines qui ne sont que l'expression du dépit de Mirabeau, de ses rancunes ou de ses combinaisons personnelles. Mais quand il traite des intérêts de l'État, de la royauté et de la Révolution, sa pensée est ferme, claire, sobrement et vigoureusement écrite (1). Dans
pour organe. Mirabeau voulait fortement une chose dans laquelle Tabsolu n'entrait réellement pour rien; l'unité monarchique comme résultant de la pondération des forces sociales. Le nom de Mirabeau est synonyme de monarchie domptée ; il n'y parait nulle part autant que dans sa correspondance avec M. de La Marck. »
Proudhon, La Justice dans la Révolution et dans FEglise, t II, p. 406.
(1) Ainsi dans sa déclaration politique faite à la demande de la Cour : « Que doit-on entendre par les bases de la Constitution? — Réponse. — Royauté héréditaire dans la dynastie des Bourbons ; Corps législatif périodiquement élu et permanent, borné dans ses fonctions à la confection de la loi ; unité et très grande latitude du pouvoir exécutif suprême dans tout ce qui tient à l'administration du royaume, à l'exécution des lois, à la direction de la force publique; attribution exclusive de l'impôt au Corps législatif; nouvelle division du royaume ; justice gratuite; liberté de la presse ; responsabilité des ministres ; vente des biens du domaine et du clergé ; établissement d'une liste civile, et plus de distinctions d'ordres ; plus de privilèges ni d'exemptions pécuniaires; plus de féodalité ni de parlements; plus de corps de noblesse ni de clergé; plus de pays d'états ni de corps de province; voilà ce que j'entends par les bases de la Constitution. Elles ne limitent le pouvoir royal que pour le rendre plus fort ;