‹ Les discoursChapitre 6 sur 21 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

les notes publiées par M. de Bacouri — et toutes celles adressées à la Cour n'y sont certainement pas comprises, soit par la volonté du comte de La Marck, soit qu'il 7 en eût de perdues — Mirabeau examine, en dehors de la politique générale, les questions du jour, les explique, les commente, et fixe au roi, surtout à la reine, l'attitude qu'elles doivent leur inspirer. Il étudie successivement le pacte de famille avec l'Espagne, qu'il faut transformer en traité national, la qualité du pouvoir royal avant et après la Révolution, pour l'adapter à la situation nouvelle, l'ensemble des relations de la France avec l'étranger, il attaque Lafayette, les ministres incapables, il définit la Constitution, etc. Il est éloquent, dévoué, il conseille en exposant des idées et des plans, mais on ne tient aucun compte de ses avis, même dans les moments de confiance aveugle, suivis bientôt de l'ancienne méfiance pour l'entraîneur de la Révolution. La Cour est incapable de comprendre Mirabeau monarchiste mais patriote, et son action publique dans l'Assemblée l'effrayait plus souvent qu'elle ne pouvait la rassurer.

En août 1790, Mirabeau lia partie avec de Montmorin ; ce ne fut qu'en décembre, qu'approuvé par la reine, il forma une coalition avec ce ministre. Après avoir constaté l'inutilité des notes presque quotidiennes, Montmorin demanda à Mirabeau un plan, accompagné des moyens d'exécution, pour restaurer l'autorité royale. Mirabeau le fournit en plusieurs fois vers la fin de décembre, et il forme

eUes se concilient parfaitement avec le gouyemement monar'i chique. » (30* note, 14 octobre 1790.)

3^iv ' PRÊFAQH

U 47* apte k la Gaur §om h titra i' Aperçu de k ntuQtm rf^ k Frmn ^t 4^ moyens i§ egnoUm k UberHpuiHqm mec PçutofiUrgyqh,

Mirabeau énumird 4'ftbpr4 to^ §&§t^Ql^^ qui »'§ppo« a^nt ^ter9§twratioii d§ rftutopitéPQyalft : l'indépwion d» roi, rifnpQpulapité d§ la Eiini» l'étftt d'epprit de Piipjis, l'ipritftWlit4 d§ rAii»QmMé9> l'innuffi^ano© d» )g gfLrd# n^Uonal^ et de eop çh§f> I^Afaydttt. et, les Qkt^pl^s F^aoQBuSi U donne hê moyens de le»

Yftln6P9 §4ni en e^aeptpr Aueun. même k suerpe emle (i) ; fovmv Viniéeimn du pei per un aoeôrd ^ep iniflirtpes im^ «on oon^eil aembattre rimpQputr ImH de la pçine par de$i acten de bienf^is^nee et ^e» ^Qfits (|uî liii attaebepont la elappe pauvre, eppo** aer les ppoyiui&e^ ^ Paris, déeenpidérer l'Asiemblée. YoUàle» moyens pour atteindre h un premier buti la cQRVPQatipn d'une aeeonde légiilature qui »upprl* mera de la Gon^tltutipu len débita qui ont empiété sur l'autoçUé du rpii Gomment avoir dea élui eon-r furiBQa h en vue»? en surveillant ^t en travaillant

ropinioo publique, dans le seng| VQUlUt pQUr eela^

il est nâçeapaire d'établie un atelier de pressa qui pubUerade^ Quvrageadàna l'esprit du plan et d'où sortiront de» artwles I faire insérer dans les feuiUei p(|rio4ique«, de choisir des voyageuri qui paraourront

(1) « S'il ne s'agissait pas ici dMne dernière ressource et du sfttut (i'na smf^^ peuple, mo.i\ at^mct^iPd ma ffifail rejeter toya aa^. xnoyQBS (}'unp iRtrigue pbgpufe ^t ^J'u^i^ ^rtWçJÇU^P digswwi^tiQli dont je suis forcé ae donner le conseil. Mais que faire, que tenter, quft^4 |1 ne Q'ag[it pft« d» m^ mm dets «utFes, qu'on a lintiâgue «I l'ambition à combattre, et que l'instrument avec lequel on est

âV note.

IgS dépftFt€lî»eBtP» afin de fournir, sijr qBPstipnnw«i 4gs ffinseignemefttg §ur Ip^ peFgonn^Utép inflnpqtpp et 4e r6pw4rft les écrits, les (iisfippra p( Ifts pon-r VellQ§ qui leur apFPntpongés, rr- pFppag;^n(lQ ^JespioB-.

«?çp en proyinçe, T=r 4g QQpstît^er un fttplier4e poUc^

qui exerper^ ype infloeiipp ^ f ftris, §» 4'ftvpir de» afBdés 3'lgnQrapt }p9 URP îps ^utrw, dan? l'AS" semblée. C'est une entreprise audacieuse et formidable : |q PQ(ntiQ de La Marck, dans une lettre à Mercy-Argenteau, déclare qu'elle ne pourrait être réalisée que dans un autre temps et par le cardinal de Retz. Cependant Montmorin est enthousiaste du plan. La Cour l'étudié et l'approuve. On choisit les hommes, Talon et Semonville à la police, Dufresnpy à l'Assemblée avec de fionnay, l'abbé de Montesquieu, Gazalès pour le côté droit, Clermont-Tonnerre, d'André, Févêque d'Autun, Ëmmery, Chapelier, Thouret, Barnave (désignés dans la note). Mirabeau, qui tient tous les fils de l'intrigue, a des conférences qaotidiennes avec Montmorin. Mais l'exécution est lente: Talon et Semonville, les anciens agents de Lafayette, ne sont pas sûrs. On hésite entre diverses combinaisons, et c'est seulement en février 1791 que La Marck est envoyé auprès de Bouille qui commande les troupes en Alsace, avec une lettre serète de Louis XVI, pour l'instruire des projets de restauration de l'autorité royale. Mirabeau se plaint des lenteurs, des tiraillements, des indécisions, et Montmorin, pour l'encourager et le calmer, propose le 20 mars de transformer à son profit en rentes viagères le premier des billets de 250.000 livres que La Marck devait lui remettre à la fin de la législature.

zvi PRÉFACE

Mais rien ne se fait suivant ses vastes desseins. Toutefois il ne perd pas confiance : il se croit de taille, malgré tout, à ramener la Révolution dans les limites qu'il lui a fixées, lui, Mirabeau. Mais il meurt, l'exécution à peine et mal commencée, et même eût-il vécu, il n'aurait pias sauvé la monarchie qui| à ce moment-là, ne pouvait être sauvée.

Louis LUHET.

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