‹ Les Dispensaires Antituberculeux: À Lyon, en 1919Chapitre 14 sur 25 · JUPE · texte numérisé non relu

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choses que reçoit le nouvel arrivant sont le crachoir de poche et le sac à linge. Ce sac porte imprimé de façon très évidente un numéro d'ordre. Il est en même temps distribué une série de petites marques, qui peuvent être facilement cousues sur tous les objets de lingerie. |

Chaque quinzaine, le malade place son linge sale dans le sac dont il dispose et l’apporte au Dispensaire.

Sous la conciergerie, un palier communique par deux guichets avec la buanderie : un guichet pour le linge propre, l’autre pour le linge sale. Le malade donne, à ce dernier guichet, le sac fermé contenant le linge sale! A l'autre guichet, dès la première quinzaine, il lui est remis un sac, portant le même numéro, stérilisé et contenant, désinfecté et blanchi, le linge qu'il a remis quinze jours auparavant.

La buanderie occupe, au sous-sol du Dispensaire, trois salles communiquantes.

Dans l’une, se trouve la cuve à désinfection. Dans la deuxième, les appareils de blanchisserie : fonneau laveur, lessiveuse, essoreuse. (Un local annexe contient la chaudière et la dynamo).

Dans la troisième, enfin, s'ouvre le séchoir à vapeur. Au long des murs courent les casiers qui permettent, correspondant à tous les numéros, de faire rapidement le triage et la distribution.

Les sacs, dont on a préalablement délié la coulisse, sont placés, ouverts, mais non vidés, dans la cuve à désinfection. C'est une vaste cuve quadrangulaire, remplie d'une solution de lysol au 1/1000°. On laisse, en

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principe, la désinfection par le lysol s'effectuer pendant vingt-quatre heures. En fait, quand il y a affluence, ce temps est abaïissé, mais ne descend jamais au dessous de douze heures.

Ce procédé de désinfection préalable permet de ne manipuler le linge que complètement aseptisé, d’où sécurité pour le personnel. Les sacs sont ensuite vidés. Le linge est placé dans le tonneau laveur. C’est un vaste cylindre métallique, animé d’un mouvement de rotation sur son axe, dans les deux sens ; l’eau bouillante et la solution savonneuse sont amenés par un dispositif spécial. Le mouvement est fourni par une poulie de transmission, mue elle même par la dynamo.

Après son passage dans le tonneau laveur, le linge est placé dans la lessiveuse, où il bout un temps convenable.

Ceci fait, il repasse de nouveau dans le tonneau laveur, où il est rincé par un courant d’eau pure.

L’essorage se fait grâce à une essoreuse mécanique, tournant à grande vitesse, müe également par ladynamo. (Cette dynamo est de 8 H.P).

Une fois essoré, le linge est mis à sécher dans le séchoir à vapeur. Cette opération est terminée très rapidement.

Le linge sec est trié, puis remis dans des sacs stériles qui sont rendus ensuite aux malades.

Quand il y a du linge trop souillé pour qu'il puisse être placé dans la lessiveuse commune, il est lavé, ayant été préalablement désinfecté dans une petite lessiveuse spéciale.

AO 2 Fichier Central.

Il existe, au Dispensaire Central, un fichier gardant la trace de tous les bacillaires, qu'ils soient assistés par le dispensaire de la rue Chevreul ou par un dispensaire de quartier. C’est le Fichier Central.

H est constitué par un certain nombre de cartes, résumant celles que nous avons considérées précédemment.

1° Une fiche individuelle (blanche), contenant les renseignements concernant chacun des tuberculeux assistés par l'un quelconque des dispensaires. Elle n’a trait qu'aux tuberculeux confirmés.

Au recto, on inscrit les différentes indications individuelles (hospitalisations, changements de dispensaire, (etc.).

Au verso, les renseignements familiaux (contamination, envoi d'un enfant au préventorium, etc.).

Cette fiche est établie grâce aux renseignements fournis par les rapports hebdomadaires des dispensaires annexes.

2° Un fiche de rue. — Elle est établie par le Dispen-

saire Central sur les indications des visiteuses, pour

chaque immeuble habité par un ou plusieurs tuberberculeux, qu'assite le dispensaire. Elle porte le numéro de l'immeuble, les indications utiles au point de hygiène, le nom et le logement, avec les observations adhérentes, des tuberculeux qui y habitent.

L'intérêt de cette fiche de rue est considérable : elle permet de repérer, de façon en quelque sorte automatique, les « nids à tuberculose ». L'enseignement que comporte certaines de ces fiches est lamentable. L'une

F4 FPT. +

Lt

3 LS A Q d'elles ne signale-t-elle pas dans le même immeuble 4 familles contaminées, 6 décès en 1 an?

Un compartiment du fichier central classe par ordre

ces fiches de rue, qui peuvent être retrouvées instantanément.

3° Les cartes d'enfanis. — Pour chaque enfant qu'assiste le Dispensaire, une carte est établie,, gardant la trace de l'évolution de l’enfant, de tout ce qui a été tenté pour lui éviter la contamination. Ces cartes sont’

également centralisées et classées par le fichier Central.

4 Examens de crachats. — Le ficher central garde et classe tous les examens de crachats, intéressant les tuberculeux assistés.

En résumé, le fichier central classe et centralise : 1° La carte individuelle et familiale ;

2° La fiche de rue ;

3° Les examens bactériologiques.

En outre, un repertoire nominatif permet(de retrouver rapidement les indications d'identité ou les renseignements administratifs pour chacun des assistés. Ce fichier, comme on le voit, constitue en quelque sorte l’armature qui unit les différents dispensaires, le cadre dans lequel évolue l'assistance donné aux tuberculeux indigents; c’est en même temps, par les renseignements et par les recoupements qu'il donne, un facteur précieux dans la prophylaxie collective et sociale de la tuberculose.

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