‹ Les Dispensaires Antituberculeux: À Lyon, en 1919Chapitre 15 sur 25 · CET PITER EN · texte numérisé non relu

CET PITER EN

Liaison avec les autres œuvres antituberculeuses. Recrutement des malades.

Un des principaux buts du Dispensaire est de diriger soit le tuberculeux lui-même, soit les personnes de son entourage, sur les formations hospitalières ou de bienfaisance pouvant servir au traitement ou à la prophylaxie, et d'être un véritable trait d'union entre les différentes œuvres. ù

La liaison avec les œuvres d'enfants a toujours existé. Le dispensaire envoie des enfants sains, nés de parents tuberculeux, soit à l’œuvre de GRANCHER, soit dans les préventoriums — entre autres le préventorium de CHARLY, du Comité Départemental. — II envoie encore les enfants dans les Colonies de Vaconces et dans toutes les institutions de plein air.

Avec le Sanatorium d'HAUTEVILLE ou le Sanatorium BAYÈRE du Comité Départemental, les rapports sont les suivants : le Comité du Sanatorium d'HAUTE- VILLE signale au dispensaire les sujets examinés par lui qui ne peuvent pas encore entrer au Sanatorium. Ces malades sont pris èn charge par le Dispensaire,< dans cet intervalle, avant leur entrée au Sanatorium. Réciproquement, le Dispensaire signale au Comité Départemental les malades qui pourraient être admis au Sanatorium de BAYÈRE. Il en est de même pour l'hôpital des tuberculeux de MONTET, (à St GENIS- LAVAL) du Comité Départemental. '

La liaison avec les hospices civils de LYON, n’existait, hélas, pour ainsi dire pas jusqu’à l’année 1918. A ce moment, M. Pauz COURMONT vit avec surprise,

par une enquête dans les servises hospitaliers, que la plupart des tuberculeux, presque tous, ignoraient même l'existence du Dispensaire ; il s’agit pourtant de la clientèle des malades qui bénéficient le plus des soins et de a prophylaxie des Dispensaires car ce sont les plus malades et les plus contagieux.

= Pour combler cette lacune, M. Pau COURMONT a institué ce qu'il appelle les Visiteuses d'Hygiène d'Hôpital. Ces Visiteuses sont chargées d'un ou de plusieurs hôpitaux dans lesquels, avec l’assentiment et sous la direction des chefs de service, elles s'occupent des malades tuberculeux. Elles établissent une fiche, mentionnant très brièvement l’état du malade, la gravité de son cas et s’il est contagieux et bacillifère ; s'il a déjà été au Dispensaire, s'il désire y aller, et un minimun d'enquête sur sa famille et ses enfants. A la sortie du malade, ce fiche est envoyée au Dispensaire du quartier de celui-ci. D'autre part, un avis imprimé est remis au malade, lui donnant la liste des Dispensaires, les jours de consultation, les formalités pour s’y rendre et les avantages qu'il en tirera.

Ainsi dirigé sur le Dispensaire et encouragé par l4 Visiteuse d'hôpital, Ie malade se rend parfois de luimême au Dispensaire de quartier. D'autre part, la Visiteuse d'hygiène du même Dispensaire, ayant reçu la

fiche correspondant au malade, va le voir à domicile de la part du médecin de l'hôpital et parvient ainsi, le plus souvent, à le décider à venir aux consultations et à être assisté par le Dispensaire.

: M. Pauz COURMONT considère cette institutiou des + Visiteuses d'hôpital comme extrêmement importante ;

Le 4 =

elle a contribué puissamment, pendrnt ces deux dernières années, à augmenter le nombre des malades assistés par le Dispensaire.

La liaison avec le Comité Département a toujours été et reste des plus étroites (Voir l'historique page:10).

Recrutement des malades. — Rapports avec le

Bureau de Bisnfaisance.

Ce qui est spécial aux Dispensaires antituberculeux de LYON, c’est le principe du recrutement des malades.

Le Dispensaire ne recoit que des indigents inscrits au Bureau de Bienfaisance. Ce principe a été à la base de l'organisation des premiers Dispensaires organisés par Juces COURMONT à LYON.

Prenant en charge tous les tuberculeux du Bureau de Bienfaisance, le Dispensaire économise à celui-ci le plus grand nombre de ses consultations médicales, un très grand nombre de médicaments inutiles et tous les bons de viande et d'œufs qui sont donnés par lui aux tuberculeux. C’est à ce titre que le Bureau de Bienfaisance verse au Dispensaire, depuis 1905, la subvention, d'ailleurs relativement modique de 10.000 fr., qui a été portée, en 1919, à 12.000 fr. Le Bureau de Bienfaisance rembourse aussile prix des médicaments qui sont fournis aux tuberculeux, sur le vu d’un bon spécial, par les pharmacies des Hospices Civils des différents quartiers ; mais il y a économie quand même sur les remèdes, car les consultations ordinaires du Bureau de Bienfaisance, n'étant pas systématisées pour les tuberculeux, donnaient en général à ces derniers, un beau-

coup plus grand nombre de remèdes. Au contraire, les médecins des Dispensaires, sachant que l'hygiène est le but principal des Dispensaires, ne donnent qu'un minimum de remèdes, nécessaires au traitement.

En pratique, le tuberculeux indigent qui veut venir

au Dispensdire doit se faire inscrire au Bureau de Bienfaisance et prendre la carte rouge qui lui permet d'aller à une première consultation du Médecin du Bureau de Bienfaisance de son quartier. Ce médecin, après avoir constaté l’état de tuberculose du malade, lui donne une attestation médicale avec laquelle le malade retire à la Mairie la carte bleue qui lui sert d'entrée au Dispensaire. Ces formalités très simples, quoiqu'’elles paraissent compliquées, ont pour but d’assurer que tous ces malades du Dispensaire eussent été soignés par le Bureau de Bienfaisance dans l’organisation antérieure au Dispensaire.

En réalité, en 1919 par exemple, les Dispensaires ont donc épargné au Bureau de Bienfaisance le traitement de 790 tuberculeux ; on voit quelle énorme économie est faite de ce chef par le Bureau de Bienfaisance qui soigne ainsi près de 800 malades pour 12.000 fr. par an et environ 8.000 fr. de remèdes ; chaque malade lui revient ainsi à peu près à 20 francs.

Les visites à domicile sont faites par les Médecins du Bureau de Bienfaisance : les Médecins du Dispensaire ne font que les consultations.

On peut prévoir, pour l'avenir, un recrutement plus large ou plus simplifié des Dispensaires, en admettant directement les malades pourvu qu'ils soient inscrits sur la liste d'assistance médicale gratuite, qui est ‘actuellement en voie de refonte.

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! C4 On peut prévoir aussi l'admission par les Dispensaires des tuberculeux de la classe moyenne, moyennant une rétribution modique ; mais cela soulève des difficultés pratiques que nous n'avons pas à envisager ici.

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