INTRODUCTION
Du ? Août 191% au 11 Novembre 1918, un million cinq cent mille des nôtres sont tombés sur les champs de bataille. La France peut-elle consentir sacrifice égal, pour chaque période de 15 ans ? Tous les ans en effet, la Tuberculose tue un minimum de cent mille Français ; elle jait en quinze ans les mêmes ravages que la querre en quatre ans.
Cette mortalité, qui, avant la querre, paraissait formidable déjà, terrifie maintenant, quand on songe au sacrifice consommé pendant ces cing dernières dhnées, quand on considère les causes de dépopulalion, qui sévissent sur notre pays.
Cette mortalité, nous ne redirons p«s qu'il la faut enrayer par tous les moyens : nous nous proposons seulement d'esquisser une j:hase de l'effort qui se continue à Lyon, pour lutter contre le fléau.
Sous diverses formes, la lulte a été engagée. Dans la cité Lyonnaise, la plus intéressante, la plus efficace aussi, c'est l'Œuvre des Dispensaires Antituberculeux.
Qu'il nous soit permis de saluer respectueusement, ici, la mémoire de leurs fondateurs, ARLOING et JULES COURMONT.
Ayant créé, en 1905 le Dispensaire, Jules COURMONT n'a pas cessé d'en perfectionner l'organisation, d'en étendre le-rayon d'action, d'en intensifier l'activité.
Au moment où, en pleine querre, le Dispensaire donnaït tout son rendement, en 1917, Jules COURMONT meurt.
M. le Professeur Paul COURMONT reprend la mission à laquelle son frère s'élait voué. Il assure, depuis cette époque, la direction du Dispensaire et en crée quatre nouveaux en deux ans.
Qu'il veuille bien agréer ici le témoignage de toute notre respectueuse reconnaissance pour les précieux conseils qu'il a voulu nous prodiquer, pour tous les documents personnels qu'il a mis à notre disposition, enfin et surtout, pour la très grande amabilité qu'il ne cessa de
nous témoigner.
AMEVON SEEN 1919
CELA BPEITRE LT
Principes généraux du fonctionnement des Dispensaires. Les Dispensaires à Lyon : vue d'ensemble.
Historique.
Le Dispensaire antituberculeux de Lyon a été établi sur le type du Dispensaire CALMETTE, de Lille, appelé encore : « Dispensaire français ». |
Il s’agit en effet d’une formule bien spéciale, distinguant les Dispensaires en question de ce qu’on appelle en général Dispensaire, c’est-à-dire des consultations
médicales avec distributions de médicaments et de
secours. p) R
Le principe du Dispensaire CALMETTE est de faire surtout de l'hygiène prophylactique de la tuberculose :
1° Par des consultations médicales, l'examen et les
conseils du médécin devant être à la base dé toute prophylaxie (examen des crachats, prescription d'hy- “giène, etc.) : | ;
2% Par la surveillance hygiénique du tuberculeux à domicile par l’enquêteur-ouvrier ou la visiteuse d'hygiène, qui font une enquête sociale (parallèle de l’enquête médicale) au logement même du tuberculeux, le visitent régulièrement et lui font exécuter les prescriptions d'hygiène ; |
3° Par la désinfection du linge des tuberculeux par le Dispensaire.
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Le but essentiel de ces Institutions est donc de faire de l'hygiène et de la prophylaxie, beaucoup plus que du traitement. Cette hygiène et cette prophylaxie sont assurés au domicile même du tuberculeux, où doivent être prises toutes les précautions destinées à empêcher la propagation de la maladie dans l'entourage, précautions qui s'adressent soit au tuberculeux lui-même, soit au local, soit enfin aux personnes de l'entourage.
Le Dispensaire remplit ainsi un rôle primordial indispensable dans l’état actuel de la tuberculose. En effet, les Hôpitaux d'isolement et les Sanatoriums ne reçoivent, et ne recevront de longtemps, qu’une partie minime des malades tuberculeux indigents. La plupart des tuberculeux, soit par leur faute, soit par manque d'Hôpitaux ou de Sanatoriums, demeurent à domicile et dans leur famille la plus grande partie de leur maladie. C’est donc là qu'il faut les traiter et surtout assurer la prophylaxie; c'est là le but bien spécial des Dispensaires français.
Historique des Dispensaires Lyonnais.
Le premier Dispensaire lyonnais a été fondé en 1905, comme un des services de l'Institut Bactériologique dirigé par S. ARLOING et Jules COURMONT. Il a été organisé et dirigé jusqu’en 1917 par Jules COURMONT.
Ce Dispensaire, qu’on peut qualifier de modèle, a été installé rue Chevreul dans des proportions et avec un soin des détails qui en font un Dispensaire modèle, car il comprend, outre les locaux indispensables aux consultations, examens bactériologiques et la buanderie
et
centrale, une belle installation de bains et de douches destinés aux malades.
En 1906, fût organisé, toujours sous la même direction, le Dispensaire-Annexe de la Place St-Vincent pour la partie nord de la Ville de LYON.
Jusqu'en 1917, ces deux Dispensaires se sont chargés de tous les tuberculeux indigents du Bureau de Bienfaisance, se partageant la ville de LYON en deux secteurs : le premier pour la partie Sud et le second pour la partie Nord de la Ville. Les malades de la Commune de VILLEURBANNE, limitrophe de LYON, se rendaient au Dispensaire de la rue Chevreul.
Avec le Comité Départemental du Rhône pour la lutte contre la tuberculose, la liaison des Dispensaires antituberculeux de Lyon a toujours été des plus étroite.
En 1916, le Comité Départemental pour l'Assistance aux Militaires Réformés pour Tuberculose, n° 2, a été installé dans les locaux mêmes de l'Institut Bactériologiqué ; le Président de la Commission techique de ce Comité, Juzes COURMONT, était à la fois Directeur des Dispensaires.
Jusqu'à sa mort, en 1917, les deux œuvres ont eu, en sa personne, la même Direction médicale effective. Les Militaires Réformés vinrent aux consultations déjà organisées pour les malades civils dans les locaux de la rue Chevreul et de la Place St-Vincent.
En 1917, Juzes GOURMONT fut remplacé, à la tête du Comité Départemental, par le docteur MOUISSET, et à la Direction de lInstittt Bactériologique et des Dispensaires antituberculeux, par M. Pau