L'AMOUR VAINQUEUR
A Melle E. de G.
Ombres, rêves, frissons qui nous semblent sans fin, Tout fuit quand apparaît l'aube d'un clair matin; La nuit c'est la brume et la lenteur du voyage. Le jour c'est l'arrivée au port, c'est l'abordage.
Mélancolie, ennui, nostalgiques dédains S'effacent de mon front quand je presse tes mains, La vie a de la mer l'infini du rivage, L'amour c'est le salut joyeux fait à la plage.
Mais plus fort que le Jour, l'amour se rit du temps Et lorsqu'il apparaît, c'est l'éternel printemps; Tel sur les blancs chemins que la ville illumine.
Quand la foule l'hiver, dans la nuit s'achemine, On voit courant aux sports, l'oeil rempli de soleil, Passer en carnaval l'amour jeune et vermeil.