‹ Les distractions de La FontaineChapitre 106 sur 109 · TRADUCTION PARAPHRASÉE · texte numérisé non relu

TRADUCTION PARAPHRASÉE

DE LA PROSE DIES IRjE.

Dieu détruira le siècle au jour de sa fureur. Un vaste embrasement sera l'avant-coureur ; Des suites du péché long et juste salaire Le feu ravagera l'Univers à son tour Teri'e et Cieux passeront et ce temps de colère Pour la dernière fois fera naître le jour.

Cette dernière Aurore éveillera les Morts

L'Ange rassemblera les débris de nos corps ;

11 les ira citer au fond de leur asile.

Au bruit de la trompette en tous lieux dispersé

Toute gent accourra David et la Sybille

Ont prévu ce grand jour et nous l'ont annoncé,

De quel frémissement nous nous verrons saisis ! Qui se croira pour lors du nombre des choisis ! Le registre des cœurs, une exacte balance Paraîtront aux côtés d'un Juge rigoureux. Les tombeaux s'ouvriront, et leur triste silence Aura bientôt fait place aux cris des malheureux.

La nature et la mort pleines d'étonnement Verront avec effroi sortir du monument Ceux que dès son berceau le monde aura vu vivre. Les morts de tous les temps demeureront surpris En lisant leurs secrets aux Annales d'un Livre, On même les pensers se trouveront écrits.

Tout sera révélé par ce Livre fatal :

Rien d'impuni. Le Juge assis au Tribunal Marquera sur son front sa volonté suprême, Qui prierai-je en ce jour d'être mon défenseur ? Sera-ce quelque juste? Il craindra pour lui-même, Et cherchera l'appui de quelque intercesseur.

Rois qui fais tout trembler devant Ta Majesté, Qui sauves les Elus par ta seule bonté, Sources d'actes bénins et remplis de clémence, Souviens-toi que pour moi tu descendis des Gieux ; Pour moi te dépouillant de ton pouvoir immense. Comme un simple mortel tu parus à nos yeux.

J'eus part, à ton passage, en perdras-tu le fruit ?

Veux-tu ine condamner à l'éternelle nuit.

Moi pour qui ta bonté fit cet effort insigne ?

Tu ne t'es reposé que las de me chercher :

Tu n'as souffert la Croix que pour me rendre digne

D'un bonheur qui me puisse à toi-même attacher.

Tu pourrais aisément me perdre et te venger Ne le fais point. Seigneur, viens plutôt soulager Le faix sous qui je sens que mon âme succombe, Assure mon salut dès ce monde incertain. Empêche malgré moi que mon cœur ne retombe, Et ne te force enfin de retirer ta main.

Avant le jour du compte efface entier le mien, L'illustre Pécheresse en présentant le sien. Se fit remettre tout par son amour extrême. Le Larron te priant fut écouté de toi : La prière et l'amour ont un charme suprême. Tu m'as fait espérer même grâce pour moi.

Je rougis, il est vrai, de cet espoir flatteur : La honte de me voir infidèle et menteur, Ainsi que mon péché se lit sur mon visage, J'insiste toutefois, et n'aurai point cessé, Que ta bonté, mettant toute chose en usage, N'éclate en ma faveur et ne m'ait exaucé.

Fais qu'on me place à droite, au nombre des brebis.

Sépare-moi des boucs réprouvés et maudits.

Tu vois mon cœur contrit, et mon humble prière.

Fais-moi persévérer dans ce juste remords :

Je te laisse le soin de mon heure dernière ;

Ne m'abandonne pas quand j'irai chez les Morts.

{OEuvres Posthumes.

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