‹ Les distractions de La FontaineChapitre 105 sur 109 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

SUR LA. SOUMISSION QUE l'o>' DOIT A DIEU.

Heureux qui, se trouvant trop faible et trop tenté. Du monde enfin se débarrasse !

Heureux qui, plein de charité,

Pour servir son prochain y conserve sa place !

Différens dans leur vue, égaux en piété, L'un espère tout de la grâce,

L'autre appréhende tout de sa fragilité.

Ce monde, que Dieu même exclut de son partage,

N'est pas le monde qu'il a fait.

C'est ce que l'homme impie ajoute à son ouvrage, Qui fait que son auteur le condamne et le hait. Observez seulement le peu qu'il vous ordonne

Et, sans cesse le bénissant.

Usez de son présent, mais tel qu'il vous le donne, Et vous n'aurez rien fait qui ne soit innocent.

LES DISTRACl'IOXS DE LA FONTAINE 415

Crois-tu que le plaisir qu'en toute la nature

Le premier être a répandu

Soit un piège qu'il a tendu

Poursurprendre la créature ?

Non, non ; tous ces biens que tu vois Te viennent d'une main et trop bonne et trop sage, Et, s'il en est quelqu'un dont ses divines lois

Ne te permettent pas l'usage, Examine-le bien, ce plaisir prétendu,

Dont l'appât tâche à te séduire, Et tu verras, ingrat, qu'il ne t'est défendu

Que parce qu'il te pourrait nuire.

Sans ses lois et l'heureux secours

Qu'elles te fournissent sans cesse.

Comment, avec tant de faiblesse, Pourrais-tu conserver et tes biens et tes jours ? Exposé chaque instant à mille et mille injures. Rien ne rassurerait ton cœur épouvanté, Et ces justes décrets contre qui lu murmures

Font ta plus grande sûreté.

Voudrais- tu que la Providence Eût réglé l'univers au gré de tes souhaits,

Et qu'en te comblant de bienfaits, Dieu t'eût encor soustrait à son obéissance?

Quelle étrange société Formerait entre nous l'erreur et l'injustice. Si l'homme indépendant n'avait que son caprice

Pour conduire sa volonté !

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