‹ Les distractions de La FontaineChapitre 17 sur 109 · A MONSIEUR JANNART · texte numérisé non relu

A MONSIEUR JANNART

A Chaûry {Château-Thierry), ce 25 février 1658. \ Monsieur mon Oncle,

J'ai montré votre lettre à mon père, qui est bien aise d' ne plus devoir qu à vous, et vous en écrit. Je crois que s: lettre peut tenir lieu de procuration. Le principal intérê qu'il a en cette afTaire est d'être déchargé envers tous di total de la rente, et de n'être plus obligé que pour sa par envers vous. Il vous supplie d'y prendre garde, et de n( point rembourser sa part que ma sœur n'ait aussi rem bourse, ou ne rembourse la sienne.

M'"^ de la Fontaine a eu deux accès de fièvre depuis deux urs. Je crois que ce ne sera rien. Nous avons résolu d'aller continent après Pâques à Paris, pour accommoder notre Faire ; cependant je baise très-humblement les mains à "^ Jannart, avec votre permission, et suis. Monsieur mon Qcle, Votre..., etc.

A M. JANNART

A Chaûry (Château- Thierry), ce 26 mars 1658 . Monsieur mon O.ncle,

Vous ne recevrez point encore par cet ordinaire la lettre B mon père ; il est toujours malade, et a éié saigné encore ne fois. Ce n'est pourtant pas chose fort dangereuse. Dès u'il sera en meilleur élat, il ne manquera pas de vous

rire touchant l'affaire de ma sœur, qu'il vous prie d'atiever au plus tôt, si vos affaires vous le permettent.

Je vous écrivis au long, mardi dernier, touchant votre srme des Aulnes- Bouillans ; par celle-ci vous trouverez on que je fasse le solliciteur, et vous recommande une ffaire où M"^ de Pont-de-Bourg a intérêt. Je n'ai pas honneur d'être connu d'elle, mais quantité de personnes e mérite prennent part à ses intérêts. Je suis prié de vous 1 écrire de si bonne part, qu'il a fallu malgré moi vous tre importun, si c'est vous être importun, que de vous oUiciter pour une dame de qualité qui a une parfaiement belle fille. J'ai vu le temps que vous vous laissiez oucher à ces choses, et ce temps n'est pas éloigné ; c'est >ourquoi j'espère que vous interpréterez les lois en faveur

de M'"" de Pont-de Bourg. Vous en aurez des remercîmei de l'Académie ; mais je les compte pour rien, en comp i raison de ceux que vous fera celle belle fille, dont la beau doit êlre fort éloquente de la façon qu'on me l'a dépeint .

J'irai à Paris devant la fin du carême, et peut-être deva la fin de la semaine où nous allons entrer ; ce sera po aviser avec vous au moyen de terminer notre affaii M"® de La Fontaine m'en presse : ce n'est pas qu'elle s( plus mal qu'elle était il y a six mois ; mais il est b( d'assurer la chose au plus lot. J'y ai un intérêt trop grai pour la laisser plus longtemps au hasard, outre que M"* ( La Fontaine ne veut pas faire à Paris un long séjour, sera bien aise de trouver les affaires toutes disposées. Av votre permission, M""" Jannart aura pour agréable m Irès-humbles baisemains.

Je suis, Monsieur mon oncle.

Votre très humble et très obéissant serviteur,

De la Fontai>'e.

A MONSIEUR JANiNART.

A Reims, ce 19 août IGoS.

Je vous renvoie le calcul de ma sœur, bien difterent c mien. La difiérence vient de ce que, dans le mémoire d quittances que vous m'avez envoyées, il y en a une de 4< livres du 2 septembre 1606, dont il n'est point fait mentic dans le mémoire de ma sœur ; et peut-être impute-t-el cela sur les arrérages qui précèdent la dernière quittant de 57, dont je vous ai envoyé copie ; car mon père n'étc pas encore mort, et possible avez-vous payé, en son acqui.

a îs 4oo livres pour les arrérages de la rente ; car il me ]| luvient qu'environ ce temps vous fournîtes quelque I gent pour lui à Paris, qu'il rendit à Jeanne Bruyer. Vous ij avez qu'à voir les termes de cette quittance de /joo livres; fl mécompte vient aussi de ce que je n'imputais pas les m ymraes données, sur les arrérages précédents fait à fait I l'elles ont été données, mais je faisais un gros de tous j ;s arrérages jusqu'à présent, et je le déduisais sur les ^ >mmes données et sur lintérét, et en cela ma sœur pour- ] lit bien avoir raison ; mais dans son mémoire il y a une ii Teur de 2^0 livres ou environ, que j'ai marquée à la ■ Uarge. C'est pourquoi la chose vaut bien la peine que jbus fassiez calculer le tout sur une table d'intérêt : je m l'en ai point en ce pays -ci.

I Je ne puis aller à Paris de plus d'un mois, et je ne m'y rois nullement nécessaire ; je vous écris de Reims, oîi vos fttres m'ont été envoyées. Je serai dans trois ou quatre i)urs à Château-Thierry. Ma sœur me mande qu'elle a fort , flaire d'argent ; c'est à vous de prendre votre commodité.

Page 1