‹ Les distractions de La FontaineChapitre 18 sur 109 · ODE ANACRÉOSTIQUE A M^^ LA SURINTENDANTE · texte numérisé non relu

ODE ANACRÉOSTIQUE A M^^ LA SURINTENDANTE

SUR CE QU'ELLE EST ACCOUCHÉE AVANT TERME, DANS LE CARROSSE, EN REVENANT DE TOULOUSE.

Puis-je ramenlevoir l'accident plein d'ennui J Dont le bruit en nos cœurs mit tant d'inquiétudes .^ |j| Aurai -je bonne grâce à blâmer aujourd'hui

Carrosses en relais, chirurgiens un peu rudes .^

Fallait-il que votre œuvre imparfait fût laissé ? Ne le deviez-vous pas rapporter de Toulouse ? A quoi songeait l'Amour qui l'avait commencé, Et sont-ce là des traits de véritable épouse ?

Ne quittant qu'avec peine un mari par trop cher, Et le voyant partir pour un si long voyage. Vous le voulûtes suivre, il ne put l'empêcher ; De vos chastes amours vous lui dûtes ce gage.

Diles-nous s'il devait être fille ou garçon,

Et si c'est d'un Amour, ou si c'est d'une Grâce

Que vous avez perdu l'élolfe et la façon,

A quelque autre poupon laissant libre la place?

Pour tous les fruits d'hymen qui sont sur le métier. Carrosses en relais sont méchante voiture. Votre poupon, au moins, devait avoir quartier : 11 était digne, hélas I de plus douce aventure.

Vous l'auriez achevé sans qu'il y manquât rien, De Grâces et d'Amours étant bonne ouvrière. Dieu ne l'a pas voulu peut-être pour un bien ; Aux dépends de nos cœurs il eût vu la lumière.

Olympe, assurément vous auriez mis au jour Quelque sujet charmant et peut-être insensible. Votre sexe ou le nôtre en serait mort d'amour : Mais nous ne gagnons rien ; c'est un sort infaillible,

Ce miracle ébauché laisse ici frère et sœurs. Chez vous, mâle et femelle il en est une bande : Un seul étant perdu ne nous rend point nos cœurs : De ceux qui sont restés la part sera plus grande.

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