‹ Les distractions de La FontaineChapitre 78 sur 109 · SUR L.\ NAISSANCE · texte numérisé non relu

SUR L.\ NAISSANCE

DE Mo.NSEIG>'EUR LE DcC DE BOURGOGNE.

Or est venu dedans notre univei's Cet héritier d'un assez bel empire, Cet enfant cher à cent peuples divers, Cher au héros par lequel il respire.

Cher à Louis ; et cela c'est tout dire :

C'en est assez pour obliger les dieux

.V conserver des jours si précieux :

Jours où leur main tous ses trésors enserre.

Depuis qu'on voit la lumière des cieux,

Plus beau présent ne s'est fait à la terre.

Notre Apollon, dans ses divins concerts, Chante déjà cet enfant sur la lyre :

Je vois pour lui méditer tant de vers, Qu'impossible est au neuf Sœurs d'y suffire. Bien que ma muse aux grands etTorts n'aspire, Je m'écrierai d'un ton audacieux :

« Par cet enfant, de gloire ambitieux, Aux bords lointains puisse passer la guerre ! Puisse la paix s'affermir en ces lieux ! Plus riches dons ne se font sur la terre. »

Il nous promet des printemps sans hivers.

Point d'aquilons, un éternel Zéphyre.

Bien peu de cœurs éviteront ses fers ;

C'est ce qu'un sage aux astres m'a fait lire ;

Amour l'appelle avec un doux sourire.

Bellone aussi le rendra glorieux.

Louis sera, d'un soin laborieux,

Son maître en l'art de lancer le tonnerre ;

Il en tiendra cet air impérieux :

Plus beau talent ne règne sur la terre.

ENVOI A M"*^ LA DaUPIIINE.

Princesse aimable, et d'esprit gracieux.

Regardez bien ce qui s'est fait de mieux

Depuis qu'hymen des nœuds d'amour nous serre ;

Sur cet enfant ayez toujours les yeux :

Plus digne soin n'est pour vous sur la terre.

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