‹ Les distractions de La FontaineChapitre 81 sur 109 · EN RÉPONSE A SA BALLADE DONT LE REFRAIN EST · texte numérisé non relu

EN RÉPONSE A SA BALLADE DONT LE REFRAIN EST

On n'aime plus comme on aimait Jadis.

iG84.

Qu'à caution tous amans soient sujets, C'est une erreur qui les bons discrédite. On voit au monde assez d'amans discrets ; La race encor nest pas toute détruite ; Quoi qu'en ail dit femme un peu trop dépite, Rien n'est changé du siècle d'Amadis, Hors que pour être amitié maintenue Plus n'est besoin d'Urgande Desconnue- ; On aime encor comme on aimait jadis.

' C'était le roi qui avait donné à Quinault le sujet d'Amadis. - Fée du roman d Amadis

Il est bien vrai qu'on choisit les objets, Plus nest le temps de dame sans mérite ; Quand beauté luit sous simples bavolets, Plus sont prisés que reine décrépite ; Sous quelque toit que Bonne-Grâce habite, Chacun y court, jusqu'aux plus refroidis -. Depuis Adam cela se continue, Et, quand Grâce est de Bonté soutenue, On aime encor comme on aimait jadis.

Dans les vieux temps, il fut des cœurs coquets -, Plus qu'à présent amour fut hypocrite : Pas n'est besoin que je prouve ces faits, C'est vérité dans mainte histoire écrite. Amans savaient faire la chattemile ; Ce n'est que d'eux que nous l'avons appris ; D'eux jusqu'à nous la chose est parvenue : Puisque par eux elle nous est connue.

On aime encor comme on aimait jadis.

Quand Céladon au pays de Forêts Etait prôné comme un amant délite.

On vit Hylas, patron des indiscrets, En plein marché tenir autre conduite.

Bref, en tout temps Amour eut à sa suite Sujets loyaux et sujets étourdis:

Or, n'en est pas la coutume perdue ; Comme autrefois la mode en est venue ; On aime encor comme on aimait jadis.

Envoi.

Toi qui te plains d'Amour et de ses traits,

Dame chagrine, apaise tes regrets ;

Si quelque ingrat rend ton humeur bourrue,

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Ne l'en prends point à l'enfant de Cypris ; Cause il n'est pas de ta déconvenue :

Quand la dame est d'allraits assez pourvue. On aime encor comme on aimait jadis.

AU ROI

Roi VRAIMRXT Roi (cela dit toutes choses) ; Forcez encor quelques remparts flamands, Et puis la paix jointe au retour des roses, Repeuplera l'univers d'agréments. Vous domptez tout, môme les éléments, Tant vous savez à propos entreprendre.

Mars, chaque hiver, s'en revenait attendre A son foyer les zéphyrs paresseux ; D'autres leçons vous hii faites apprendre : L'événement n'en peut être qu'heureux.

Entre vos mains tout devient imprenable ; Attaquez-vous i' tout cède en peu de temps : Il faut dix ans aux héros de la fable, A vous, dix jours, quelquefois des instants. Le bruit que font vos exploits éclatants Perce les cieux : l'Olympe les admire : Ses habitants protègent votre empire ; Le ciel n'y met de bornes que vos vœux. Qu'y manque-t-il? car, vous n'avez qu'à dire. L'événement n'en peut être qu'heureux.

Tel, que l'on voit Jupiter, dans Homère, Emporter seul tout le reste des dieux ; Tel balançant 1 Europe tout entière,

Vous luttez seul contre cent envieux.

Je les compare à ces ambitieux

Qui, monts sur monts, déclarèrent la guerre

Aux immortels, Jupin, croulant la terre,

Les abîma sous des rochers afîreux.

Ainsi que lui prenez votre tonneri'e ;

L'événement n'en peut être qu'heureux.

Vous n'êtes pas seulement estimable Par ce grand art qui fait les conquérans : Terrible aux uns, aux autres tout aimable, Des Scipions vous remplissez les rangs.

Auguste et Jule, en vertus difîérens, Vous feront place entre eux dans l'histoire. Vos premiers pas courans à la victoire. Ont tout soumis ; et ce cœur généreux Dans les derniers affecte une autre gloire : L'événement n'en peut être qu'heureux.

Ce doux penser, depuis un mois ou deux. Console un peu mes Muses inquiètes.

Quelques esprits ont blâmé certains jeux, Certains récits, qui ne sont que sornettes. Si je défère aux leçons qu'ils m'ont faites, Que veut-on plus ? Soyez moins rigoureux, Plus indulgent, plus favorable queux ; Prikce, en un mot, soyez ce que vous êtes, L'événement ne peut m"être qu'heureux.

BOUTS-KIMÉS.

Servant de réponse a un autre sonnet en boits-rimés

du sieur furetière.

Te mettre à Saint- Lazare, est acte de justice ; J'en veux faire un placet à notre protecteur. Apollon ne lit point le tien qu'il ne vomisse, Et ne connaît en toi qu'un calomniateur.

Il semble à tes discours que chacun t'applaudisse -, Et toujours du bon sens cruel persécuteur, Tu veux parler de mots, et confonds l'artifice Avec l'art ; cette faute est crime en un auteur.

Ne t'imagine pas qu'on la laisse impunie ; Mais l'insolence suit en toi la calomnie : N'en est-ce pas un trait que de blâmer le roi ?

Tu contrôles ses dons, homme plein dimpudence ; Ma foi, l'Académie est plus sage que toi. Apprends d'elle à parler, ou garde le silence

REMERGIMENT

Prononcé a l'Académie Française, le 2 mai i684,

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