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LE PROCUREUR GÉNÉIUL DU PARLEMENT

En lui dédiant deux volumes intitulés :

Ouvrages de prose et de poésie des sieurs de Maucroix

et de La Fontaine en 1865.

Ilarlay, favori de Thémis, Agréez ce recueil, (ouvre de deux amis ; L'un a pour protecteur le démon du Parnasse, L'autre delà tribune étale tous les traits

Donnez-leur chez vous quelque place.

Qui les dislingue pour jamais.

Ils vous présentent leur ouvrage ;

Je me suis cliargé de l'hommage ;

Iris'^ m'en a l'ordre prescrit.

Voici ses propres mots, si j'ai bonne mémoire : « Acante, le public à vos vers applaudit :

C'est quelque chose ; mais la gloire

Ne compte pas toujours les voix,

Elle les pèse quelquefois.

Ayez celle d'Harlay, lui seul est un théâtre.

Veuillent Phébus et Jupiter

Qu'il trouve en vous un peu de l'air

Des anciens qu'il idolâtre !

Vous pourrez en passant louer^ m'a-t-elle dit,

La finesse de son esprit,

Et la sagesse de son âme ;

Mais en passant, je vous le dis. »

Cette Iris, Ilarlay, c'est la dame

A qui j'ai deux temples bâtis,

' Achille de IIarl,i\ , depuis piemior présidenl. ■2 ^jœe (Je la iiablière.

L'un dans mon cœur. Tantre dans mon livre : Puisse le dernier assez vivre Pour mériter que l'univers Dise un jour, en voyant mes vers :

Cette œuvre est de belle structure !

Qu'en pensait Harlay ? car on sait Que l'art, aidé de la nature, Avait rendu son goût parfait.

Jaurais ici lieu de m'étendre ; Mais que servirait-il ? vous vous armez le cœur Contre tous les appas dun propos enchanteur : L'éloge qui pourrait par ses traits vous surprendre, Serait d'un habile orateur.

Cicéron, Platon, Démosthènes, Ornements de Rome et d'Athènes, N'en viendraient pas à bout. Platon, par ses d-ouceurs. Vous pourrait amuser un moment, je l'avoue ; G est le plus grand des amuseurs.

Que Cicéron blâme ou qu'il loue, C'est le plus disert des parleurs.

L'ennemi de Philippe est semblable au tonnerre ;

Il frappe, il surprend, il atterre ; Cet homme et la raison, à mon sens ne sont qu'un. Vous avez avec lui ce poinl-là de commun. Le privilège est beau, d'autant plus qu'il est rare : Pendant qu'un peuple entier de la raison s'égare, Cette fille du ciel ne bouge de chez vous ; Elle y plaça son temple avec sa sœur Astrée: La crainte et le respect ont forgé les verrous

De cette demeure sacrée.

Non qu'on n'y puisse n'y entrer ainsi que chez les dieuv .\.u moindre des mortels la porte en est ouverte ; Nos vœux y sont ouïs, notre plainte soufTerte :

L'équité sort toujours contente de ces lieux. Que si la passion où l'intérêt nous plonge Fait que quelque client y mène le mensonge. Le mensonge n'y peut imposer à vos yeux, De quelque adresse qu'il se pique.

Souffrez ces vérités ; et dans vos soins divers Quittez un peu la République Pour notre prose et pour nos vers.

Ce u'est pas assez, Monseigneur, de vous dédier en vers les derniers fruits de nos veilles. Comme il y a un volume sans poésies (et c'est le plus digne de vous être offert), j'ai cru que je vous devais confirmer ces hommages en une langue qui lui convînt. Je vous offre donc encore une fois les traductions de mou ami, et au nom de leur auteur et au mieii : car je dispose de ce qui est à lui. comme s'il était à moi même. Il ne s'agit pas ici seulement des suffrages que vous nous pouvez procurer à l'un et à l'autre, mais de ceux qu'on ne peut refuser sans injustice à des chefs-d'œuvre de l'anliquité. De la façon que le traducteur les a rendus, il vous sera facile d'y remarquer trois différents caractères, tous trois si beaux qu'en tout l'empire de l'éloquence, lequel est d'une si grande étendue, il n'y eu a point qu'on leur puisse comparer. Ils méritent également que l'on les admire; et c est ce qui me semble de merveilleux, quoiqu'on sache que l'éloquence a trouvé le secret dii plaire sous mille formes. Le mot de plaire ne dit pas assez ; Platon, Démosthèues, et Cicéron, vont bien au-delà ; i s enlèveront toujours les esprits, bien que ces grands hommes n'aient pas chez nous les avantages qu'ils avaient eu ces heureux siècles où ils ont vécu, et quoique peut-

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êlre le goût du nôtre soit différent. De déterminer précisé- i meut qui des trois le doit emporter, je ne le crois pas possible ; y a-l-il quelqu'un d'assez hardi pour juger entre eux de la préférence ? Vous protégerez, je n'en doute point, le travail de mon ami. en faveur de ces trois grands noms, et à cause de son mérite particulier. Je vous demande la même grâce pour mes ouvrages. Vous ne nous refuserez pas quelques moments d'application, après que vous aurez rempli vos devoii's pour les intérêts de Sa Majesté et de la justice. Jamais la dignité que vous exercez n'a été le commun lien de ces deux puissances avec plus d'utilité pour le bien public, ni plus de sujet de satisfaction pour le ptince. Cette matière est si ample, et vous fuyez les éloges avec tant de soin, que je ne m'engagerai point dans le vôtre, et me contenterai de vous assurer que je suis, etc.

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