A MADAME LA DUCHESSE DE BOUILLON
Paris, novembre 1687.
Madame,
Nous commençons ici de murmurer contre les Anglais, de ce qu'ils vous retiennent si longtemps. Je suis d'avis
I Frère de Maiaxe de la Sablière.
qu'ils VOUS rendent à la France avant la fin de l'automne, et qu'en éL;hange nous leur donnions deux ou trois îles daus l'Océan. S'il ne s'agissait que de ma satisfaction, je leur céderais tout l'Océan même ; mais peut-être avonsnous plus de sujet de nous plaindre de votre Sœur que de l'Angleterre. On ne quitte pas Madame la Duchesse Mazarin comme l'on voudrait Vous êtes toutes deux envirounées de ce qui fait oublier le reste du monde, c'est-àdire, d'enchantements, et de grâces de toutes sortes.
Moins d'Amours, de Ris et de Jeux, Cortège de Vénus^ sollicitaient pour elle,
Dans ce différend si fameux,
Où l'on déclara la plus belle
La Déesse des agréinents.
Celle aux yeux bleus, celle aux bras blancs, Furent au tribunal par Mercure conduites :
Chacune étala ses talents.
Si le même débat renaissait en nos temps,
Le procès aurait d'autres suites.
Et vous et votre Sœur emporteriez le prix.
Sur les Clientes de Paris.
Tous les Citoyens d'Amathonte
Auraient beau parler pour Cypris,
Car vous avez selon mon compte*
Plus d'Amours, de Jeux et de Ris.
Vous excellez en mille choses, Vous portez en tous lieux la joie et les plaisirs : Allez en des climats inconnus aux Zéphyrs,
Les champs se vêtiront de roses.
' {Conte.)
Mais comme aucun bonheur n"esl constant dans son cours, Quelques noirs aquilons troublent de si beaux jours C'est là que vous savez témoigner du courage, Vous envoyez au vent ce fâcheux souvenir. Vous avez cent secrets pour combattre l'orage ; Que n'en aviez-vous un qui le sût prévenir !
On m'a mandé que Voire Altesse était admirée de tous les Anglais, et pour l'esprit, et pour les manières, et pour mille qualités qui se sont trouvées de leur goût. Cela vous est d'autant plus glorieux, que les Anglais ne sont pas de fort grands admirateurs : je me suis seulement aperçu qu'ils connaissent le vrai mérite, et en sont touchés.
Votre Philosophe a été bien étonné quand on lui a dit que Descartes n'était pas l'Inventeur de ce Système que nous appelions la Machine des Animaux ; et qu'un Espagnol l'avait prévenu*. Cependant quand on ne lui en aurait point apporté de preuves, je ne laisserais pas de le croire, et ne sais que les Espagnols qui pussent bâtir un Château tel que celui-là. Tous les jours je découvre ainsi quelque Opinion de Descartes répandue de côté et d'autre dans les Ouvrages des Anciens, comme celle-ci : qu'il n'y a point de couleurs au monde. Ce ne sont que de différents elîets de la lumière sur de différentes superficies. Adieu les lis, et les roses de nos Amintes, 11 n'y a ni peau blanche ni cheveux noirs : notre passion n'a pour fondement qu'un corps sans couleur ; et après cela, je ferai des vers pour la principale beauté des femmes ? Ceux qui ne seront pas sufQsamment informés de ce que sait Votre
1 Dictionnaire de M. Bayle, à l'article Pereira.
Altesse, et de ce qu'elle voudrait savoir, sans se donner d'autres peines que d'en entendre parler à table , me croiraient peu judicieux de vous entretenir de Philosophie mais je leur apprends que toutes sortes de sujets vous conviennent, aussi bien que toutes sortes de Livres, pourvu qu'ils soient bons.
Nul Auteur de renom n'est ignoré de vous, L'accès leur est permis à tous.
Pendant qu'on lit leurs vers vos chiens ont beau se battre.
Vous mettez le Holà en écoutant l'Auteur ; Vous égalez ce Dictateur, Qui dictait tout d'un temps à quatre.
C'était, ce me semble, Jules César. Il faisait à la fois quatre dépêches sur quatre matières différentes. Vous ne lui devez rien de ce coté-là ; il me souvient qu'un matin vous lisant des vers, je vous trouvai en même temps attentive à ma lecture, et à trois querelles d'animaux. Il est vrai qu'ils étaient sur le point de s'étrangler. Jupiter le conciliateur n'y aurait fait œuvre. Qu'on juge par là, Madame, jusqu'oîi votre imagination peut aller quand il n'y a rien qui la détourne. Vous jugez de mille sortes d'ouvrages, et en jugez bien :
Vous savez dispenser à propos votre estime : Le pathétique, le sublime, Le sérieux, et le plaisant.
Tour à tour vous vont amusant, Tout vous duit, l'Histoire et la Fable ; Prose et Vers, Latin et Français :
Par Jupiter je ne connais Rien pour nous de si souhaitable.
Parmi ceux qu'admet à sa Cour, Celle qui des Anglais embellit le séjour. Partageant avec vous tout l'empire d'amour,
Anacréon et les gens de sa sorte,
Comme Waller, Saint-Evremond, et moi,
Ne se feront jamais fermer la porte.
Qui n'admettrait Anacréon chez soi ?
Qui bannirait Waller et la Fontaine ?
Tous deux sont vieux, Saint-Evremond aussi ; Mais verrez -vous aux bords de l'Hippocrène, Gens moins ridés dans leurs vers que ceux-ci ?
Le mal est que Ion veut ici
De plus sévères moralistes :
Anacréon s'y tait devant les Jansénistes. Encor que leurs leçons me semblent un peu tristes,
Vous devez priser ces auteurs.
Pleins d'esprit, et bon disputeurs.
Vous en savez goûter de plus d'une manière : Les Sophocles du temps, et l'illustre Molière, Vous donnent toujours lieu d'agiter quelque point ;
Sur quoi ne disputez-vous point ?
A propos d'Anactéoa, j'ai presque envie d'évoquer son Ombre ; mais je pense qu'il vaudrait mieux le ressusciter tout à fait. Je m'en irai pour cela trouver un gymnosophiste de ceux qu'alla voir Apollonius Tyaneus. Il apprit tant de choses d'eux, qu'il ressuscita une jeune fille. Je ressusciterai un vieux poète. Vous et Madame Mazarin nous rassemblerez. Nous nous rencoutrerons en Angleterre, Monsieur Waller, Monsieur de Saint-Evremond, le vieux Grec, et moi. Croyez-vous, Madame, qu'on pût trouver quatre poètes mieux assortis ?
Il nous ferait beau voir parmi de jeunes gens Inspirer le plaisir, la tristesse combattre, Et de fleurs couronnés ainsi que le printemps, Faire trois cents ars à nous quatre.
Après une entrevue comme celle là, et que j'aurai renvoyé Anacréon aux Champs-Elysées, je vous demanderai mon audience de congé. Il faudra que je voie auparavant cinq ou six Anglais, et autant d'Anglaises les Anglaises sont bonnes à voir, à ce que l'on dit. Je ferai souvenir notre ambassadeur, de la rue Neuve des Petits Champs, et de la dévotion que j'ai toujours eue pour lui. Je le prierai, et Monsieur de Bonrepaux, de me charger de quelques dépêches. Ce sont à peu près toutes les affaires, que je puis avoir en Angleterre. J'avais fait aussi dessein de convertir Madame d'Hervart, Madame de Gouvernet et Madame d'Helang, parce que ce sont des personnes que jhonore ; mais on m'a dit que je ne trouverais pas les sujets encore assez disposés. Or je ne suis bon, non plus que Perrin Dandin,^ que quand les parties sont lasses de contester. Une chose que je souhaiterais avant toutes, ce serait que l'on me procurât l'honneur de faire la révérence au monarque ; mais je ne l'oserais espérer. C'est un prince qui mérite qu'on passe la mer afin de le voir, tant il a de qualités convenables à un souverain, et de véritable passion pour la gloire. II n'y en a pas beaucoup qui y tendent, quoique tous le dussent faire en ces places -là.
' Voyez Rebclais, L HI. Ch. Sg.
Ce n'est pas un vain fantôme
Que la gloire et la gi'andeur ;
Et Stuaut en son Royaume
Y court avec plus d'ardeur,
Qu'un Amant à sa Maîtresse.
Ennemi de Ja mollesse.
Il gouverne son Etat
En habile Potentat,
De cette haute science
L'Original est en France ;
Jamais on n"a vu de Roi
Qui sût mieux se rendre Maître
Fort souvent jusque à l'être
Encore ailleurs que chez soi.
L'art est beau, mais toutes tètes
N'ont pas droit de l'exercer :
Louis a su s'y tracer
Un chemin par ses Conquêtes.
On trouvera ses leçons,
Chez ceux qui feront l'Histoire :
J'çn laisse à d'autres la gloire,
Et reviens à mes moutons.
Ces Moutons, Madame, c'est Votre Altesse et Madame Mazaiin. Ce serait ici le lieu de faire aussi son Eloge^ afin de le joindre au vôtre : mais comme ces sortes d'Eloges sont une matière un peu délicate, je crois qu'il vaut mieux que je m'^n abstienne. Vous vivez en Sœurs, cependant il faut éviter la comparaison.
L'or se peut partager, mais non pas la louange. Le plus grand Orateur, quand ce serait un Ange,
Ne conlenleiait pas en semblables desseins,
Deux Belles, deux Héros, deux Auteurs, ni deux Saints.
Je suis avec un profond respect,
Madame, De Votre Altesse Sérénissime, Le très-humble, très-obéissant, et très-fidèle serviteur.
(Œuvres Posthumes).
Réponse de M. DE SAINT-EVREMOND
à la le tire de M. de La Fo>jtaine,
écrite à M"^ la Duchesse de Bouillon.
Londres, décembre 1687.
Si vous étiez aussi louché du mérite de Madame de Bouillon, que nous en sommes charmés, vous l'auriez accompagnée en Angleterre, où vous eussiez trouvé des Dames qui vous connaissent autant par vos ouvrages, que vous êtes connu de Madame de la Sablière, par votre commerce et votre entretien. Elles n'ont pas eu le plaisir de vous voir, qu'elles souhaitaient fort : mais elles ont celui de lire une lettre assez galante et assez ingénieuse, pour donner de la jalousie à Voiture, s'il vivait encore. Madame de Bouillon, Madame Mazarin, et Monsieur l'Ambassadeur, ont voulu que j'y fisse une espèce de réponse. L'entreprise est difficile ; je ne laisserai pas de me mettre en état de leur obéir.
Je ne parlerai point des Rois ; Ce sont des Dieux vivants que j'adore en silence; Loués à notre govit, et non pas à leur choix,
Ils méprisent notre éloquence.
Dire de leur valeur ce qu'on a dit cent fois. Du mérite passé quelque autre vaillance ; Donner un tour antique à de nouveaux exploits ; C'est des vertus du temps ôter la connaissance.
J'aime à leur plaire en respectant leurs droits,
Rendant toujours à leur puissance,
A leurs volontés, à leurs lois,
Une parfaite obéissance Sans moi leur gloire a su passer les mers.
Sans moi leur juste renommée
Par toute la terre est semée :
Ils n'ont que faire de rnes vers.
Madame de Bouillon se passerait bien de ma Prose, après avoir lu le bel Eloge que vous lui avez envoyé. Je dirai pourtant qu'elle a des grâces qui se répandent sur tout ce qu'elle fait, et sur tout ce qu'elle dit ; qu'elle n'a pas moins d'acquis que de naturel ; de savoir que d'agrément. En des contestations assez ordinaires, elle dispute toujours avec esprit ; souvent, à ma honte, avec raison ; mais une raison animée qui paraît de la passion aux connaisseurs médiocres, et que les délicats même auraient peine à distinguer de la colère dans une personne moins aimable.
Je passerai le chapitre de Madame Mazarin, comme celui des Rois, dans le silence d'une secrète adoration. Travaillez, Monsieur, tout grand Poète que vous êtes ; travaillez à vous former une belle idée ; et malgré l'effort de votre esprit, vous serez honteux de ce que vous aurez imaginé, quand vous verrez une personne si admi- : rable.
Ouvrages de la fantaisie, Fictions de la Poésie, Dans vos chef-d'œu\res inventés, Vous n'avez rien d'égal à ses moindres beautés. Loin d'ici figures usées, Loin, comparaisons méprisées :
Ce serait embellir la lumière des cieux, Que de la comparer à l'éclat de ses yeux. Belle Grecque, fameuse Hélène, Ne quittez point les tristes bords Où r'rgne votre Ombre hautaine ; Vous êtes moins mal chez les morts ; Vous ne souffrez pas tant de peine Que vous en souffririez à voir tous les trésors Que nature, d'une main pleine, A répandu sur ce beau corps.
Quand le ciel vous rendrait votre forme première, Que vos yeux aujourd'hui reverraient la lumière, A quoi vous serviraient et ces yeux et ce jour, Qu'à vous en faire voir qui donnent plus d'amour ? Vous passez votre temps, en vos demeures sombres, A conter aux nouvelles ombres.
Amours, Aventures, Combats; A les entretenir là-bas De la vieille Guerre de Troye, Qui sert d'amustnient au défaut de la joie. Mais ici que trouveriez-vous Qui n'excitât votre courroux ?
Vous verriez devant vous des charmes, Mailres, de nos soupirs et de nos tendres larmes : Vous verriez fumer leurs autels De l'encens de tous les mortels ; Tandis que morne et solitaire,
L'âme ti'iste l'espril confus, Vous vous sauveriez chez Homère Et passeriez les nuits avec nos Vossius^
A chercher dans un Commentaire.
Vos mérites passés, qu'on ne connaîtrait plu^. Belle Grecque, fameuse Hélène, Ne quittez pas les tristes l^ords Où règne votre Ombre huitaine ; Tout règne est bon, et fût-ce chez I s morts.
Et vous, beautés, qu'on loue m son absence, Attraits nouveaux, doux et tendres appas. Qu'on peut aimer où Mazarin n'est pas, Empèchez-là de revenir en France :
Par tous moyens traversez son retour ; Jeunes beautés, tremblez au nom d'Hortense : Si la mort d'un Epoux la rend à votre Cour. Vous ne soutiendrez pas un moment sa présence. Mais à quoi bon tout ce discours Que vous avez fait sur Hélène, Combats, Aventures, Amours, Ces TRISTES bords, et cette Ombre.
Hautaine.
Sans VOUS donner excuse ni détours.
Je vous dirai, Monsieur de la Fontaine, Que tels propos vous sembleraient bien courts. Si tel Objet animait votre veine.
* Vossius Gérard Jean, télèbre érudit Hollandais, né jjfcs de Heidelberg en 1Ô77, mort à Amsterdam le 17 mars iCig, passa en Angleterre, d'où il fut rappelé en i63o.
Vossius Isaac, célèbre érudit Hollandais, le cinquième fils du précédent, né à Leyde en 1618, mort à Londres le 21 février i08g. En 16/19, il devint historiographe des Étais de Hollande et bibliothécaire d'Amsterdam.
La règle gène, on ne la regarde plus,
On joint Hélène au docte Yossius,
Comme souvent, de loisir, sans afîdires.
On fait dicter à quatre Secrétaires.
Les premières beautés ont droit aux merveilleux ; La basse Vérité se tient indigne d'elle : Il faut de l'incroyable, il faut du Fabuleux,
Pour les Héros, et pour les Belles.
La solidité de Monsieur l'Ambassadeur l'a rendu assez indifférent pour les louange; qu'on lui donne : mais quelque rigueur qu'il tienne à son mérite, quelque sévère qu'il soit à lui-même, il ne laisse pas d'être touché secrètement de ce que vous avez écrit pour lui. Je voudrais que ma lettre fut assez heureuse pour avoir le même succès auprès de vous.
Vous possédez tout le bon sens Qui sert à consoler des maux de la vieillesse : ?
Vous avez plus de feu que n'ont les jeunes gens,
Eux, moins que vous de goût et de justesse. |
Après avoir parlé de A^otre Esprit, il faut dire quelque chose de votre Morale.
S'accommoder aux ordres du destin ;
Aux plus heureux ne porter point d'envie ; De ce faux air d'esprit que prend un libertin. Connaître avec le temps comme nous la folie, Et dans les vers, jeu, musique, et bon vin,
Entretenir son innocente vie.
C'est le moven d'en reculer la fin.
M. Waller', dont nous regrettons la perte a poussé la vie et la vigueur de l'esprit jusqu'à làge de quatre vingtdeux ans.
Et dans la douleur que m'apporte
Ce triste et malheureux trépas, Je dirais en pleurant que toute Muse est morte,
Si la vôtre ne vivait pas. O vous, nouvel Orphée, ô vous de qui la veine Peut charmer des enfers la noire souveraine Et le terrible Dieu qu'on appelle Plùton,
Daignez tout puissant la Fontaine Des lieux obscurs, où notre sort nous mène,
Rendre au jour notre Waller, au lieu d'Anacréon.
Puissiez-vous pousser la vie plus loin que n'a fait Monsieur Waller.
Mais il n'est permis de demander ces sortes de soulagements qu'en Poésie ; on sait qu'aucun mérite n'exempte les hommes de la nécessité de mourir, et que la vertu d'aucun charme, aucune prière, aucuns regrets, ne peuvent les rendre au Monde, quand ils en sont xme fois sortis.
Si la bonté des mœurs, la beauté du génie. Pouvaient sauver quelqu'un de cette tjrannie.
Que la mort exerce sur tous ;
Waller, vous seriez parmi nous Arbitre délicat, en toute compagnie.
Des plaisirs les plus doux.
1 M. Waller mourut le 3i oclobe 1G87.
Je passe de mes regrets pour la Muse de Monsieur Waller, à des souhaits pour la vôtre.
Que plus longtemps votre muse agréable Donne au public ses ouvrages galans !
Que tout chez vous puisse être Coivte ou Fable, Hors le secret de vivre heureuv cent ans !
Il ne serait pas raisonnable que je fisse tant de vœux pour les autres, sans en faire quelqu'un pour moi.
Puisse de la beauté le plus parfait modèle. A mes vers à mes soins, laisser leurs faibles droits! Que l'avantage heureux de vivre sous ses lois. Me tiennent lieu de mérite auprès d'elle ! Que le feu de ses yeux m'inspire les esprits Qui depuis si longtemps m'ont conservé la vie ! Qu'une secrète ardeur anime mes Ecrits ! Que me servirait-il de parler d'autre envie .^
Où cesse l'amoureux désir 11 faut que la raison nous serve de plaisir.
{Œuvres de Saint-Evremond).
Réponse de MONSIEUR DE LA FONTAINE à Monsieur de Saint-Evremond.
Paris, ce 18 décembre 1687
Ni vos leçons, ni celles des neuf Sueurs, Ts'onl su charmer la douleur qui m'accable -, Je souffre un mal qui résiste aux douceurs Et ne saurais rien penser d'agréable.
Tout rhumatisme, invention du Diable,
Rend impotent et de corps et d esprit ;
Il m"a fallu, pour forger cet Ecrit,
Aller dormir sur la tombe dOrphée ;
Mais je dors moins que ne fait un Proscrit.
Moi, dont l'Orphée était le Dieu Morphée.
Si me faut-il répondre à vos beaux vers,
A votre prose, et galante et polie.
Deux Déliés par leurs charmes divers.
Ont d'agrément votre lettre remplie :
Si celle-ci n'est autant accomplie ;
Nul ne s'en doit étonner à mon sens;
Cette Déesse, outre tous vos talents,
Le mal me tient, Hortense vous amuse ;
Vous est encor une dixième Muse :
Les neuf m'ont dit adieu jusqu'au printemps.
Voilà, Monsieur, ce qui m'a empêché de vous remercier aussitôt que je le devais, de l'honneur que vous m'avez fait de m'écrire. Moins je méritais une Lettre si obligeante, plus j'en dois être reconnaissant. Vous me louez de mes Vers et de ma Morale, et cela de si bonne grâce que la morale a fort à souffrir, je veux dire la modestie.
L'Eloge qui vient de vous, Est glorieux et bien doux :
Tout le monde vous propose Pour modèle aux bons Auteurs Vos beaux Ouvrages sont cause Que j'ai su plaire aux neuf Sœurs.
Cause en partie, et non toute ; Car vous voulez bien sans doute,
Que j'y joigne les Ecrits D'aucuns de nos beaux Esprits.
J'ai profite dans Voiture, Et Marot par la lecture M'a fort aidé ; j'en conviens :
Je ne sais qui fut son Maître ; Que ce soit qui le peut être, Vous êtes tous trois les miens.
J'oubliais Maitre François', dont je me dis encore le Disciple, aussi bien que celui de Maitre Vincent-, et celui de Maître Clémente Voilà bien des Maîtres pour un écolier de mon âge. Comme je ne suis pas fort savant en certain art de railler, où vous excellez, je prétends en aller prendre de vous des leçons sur les bords de l'Hippocrène ; (bien entendu qu'il y ait des bouteilles qui rafraîchissent). Nous serons entourés de Nym.phes et de Nourrissons du Parnasse^ qui recueilleront sur leurs tablettes les moindres choses que vous direz. Je les vois d ici qui apprennent dans votre école à juger de tout avec pénétration et avec finesse.
Vous possédez cette Science ; Vos jugements en sont les règles et les lois ; Outre certains écrits que j'adore en silence, Comme vous adorez Hortense et les deux Rois.
Au même endroit, où vous dites que vous voulez rendre un culte secret à ces trois puissances, aussi bien à Madame Mazarin qu'aux deux Princes, vous me faîtes son Portrait
1 Rabelais.
' Voiture.
' Marot.
en disant qu'il est impossible de le bien faire, et en me donnant la liberté de me figurer des Beautés et des Grâces à ma fantaisie. Si j'entreprends d'y touclier, vous défiez en son nom la Vérité et la Fable, et tout ce que l'imagination peut fournir d'idées agréables et propres à enchanter. Je vous ferais mal ma cour, si je me laissais rebuter par de telles difficultés. Il faut vous représenter votre héroïne autant que l'on peut. Ce projet est un peu vaste pour un génie aussi borné que le mien. L'entreprise vous conviendrait mieux qu'à moi. que l'on a crû jusqu'ici ne savoir représenter que des animaux. Toutefois afin de vous plaire, et pour rendre ce portrait le plus approchant qu'il sera possible, j'ai parcouru le pays des Muses, et je n'y ai trouvé en effet que de vieilles expressions que vous dites que l'on méprise. De là j'ai passé au pays des Grâces, où je suis tombé dans le même inconvénient. Les Jeux et les Ris sont encore des galanteries rebattues, que vous connaissez beaucoup mieux que je ne fais Ainsi le mieux que je puisse faire est de dire tout simplement que rien ne manque à votre Héroïne de ce qui plaît, et de ce qui plaît un peu trop.
Que vous dirais-je davantage?
Hortense eut du Ciel en partage La Grâce, la Beauté, l'Esprit ; ce n'est pas tout : Les qualités du Cœur, ce n'est pas tout encore : Pour mille autres appas le monde entier l'adore.
Depuis l'un jusqu'à l'autre bout.
L'Angleterre en ce point le dispute à la France : Votre Héroïne rend nos deux peuples rivaux : O vous, le Chef de ses dévots.
852 LES DISTRACTIONS DE LA FONIAlXIi
De ses dévots à outrance, Faites-nous l'Éloge d'Hortense !
Je pourrais en charger le Dieu du double Mont Mais j'aime mieux Saint-Evremond.
Que direz-vous d'un dessein qui m'est venu dans l'esprit ? Puisque vous voulez que la Gloire de Madame Mazarin remplisse tout l'Univers, et que je voudrais que celle de Madame de Bouillon allât au-delà ; ne dormons ni vous, ni moi, que nous n'ayons mis à fin une si belle entreprise. Faisons-nous Chevaliers de la Table Ronde, aussi bien est-ce eu Angleterre que cette Chevalerie a commencé. Nous aurons deux Tentes en notre équipage, et au haut de ces deux Tentes les deux Portraits des Divinités que nous adorons.
Au passage d'un Pont, ou sur le bord d'un Bois, Nos Hérauts publieront ce Ban à haute voix : Maui.\nne sans pair, Hortknse sans seconde
Veulent les cœurs de tout le monde.
Si vous en êtes crû, le parti le plus fort
Penchera du côté d'Hortense ; Si Ton m'en croit aussi, Marianne d'abord
Doit faire incliner la balance. Hortense ou Marianne, il faut y venir tous ;
Je n'en sais point de si profane
Qui d'Hortense, évitant les coups,
Ne cède à ceux de Marianne.
H nous faudra prier Monsieur l'Ambassadeur
Que sans égard à notre ardeur,
LES DISTRACTIONS DE LA FONTAINE 'So-i
Il fasse le partage : à moins que des deux Belles
11 ne puisse accorder les droits ; Lui dont l'esprit foisonne en adresses nouvelles
Pour accorder ceux des deux Rois.
Nous attendrons le retour des feuilles, et celui de ma santé ; autrement il me faudrait chercher en Utière les Aventures. On m'appellerait le Chevalier du Rhumatisme ; nom qui, ce me semble, ne convient guère à un Chevalier errant. Autrefois que toutes saisons m'étaient bonnes, je me serais embarqué sans raisonner.
Rien ne m'eût fait souffrir, et je crains toute chose ; En ce point seulement je ressemble à l'Amour : Vous savez quà sa Mère il se plaignit un jour
Du pli d'une feuille de rose.
Ce pli l'avait blessé, par quels cris forcenés
Aurait-il exprimé sa plainte, Si de mon rhumatisme, il eût senti l'atteinte ? Il eût été puni de ceux qu'il a donnés.
C'est dommage que Monsieur Waller nous ait quittés, il aurait été du voyage. Je ne devrais peut-être pas le faire entrer dans une Lettre aussi peu sérieuse que celle-ci. Je crois toutefois être obligé de vous rendre compte de ce qui lui est arrivé au-delà du Fleuve d'Oubli. Vous regarderez cela comme un Songe, et c'en peut être un ; cependant la chose m'est demeurée dans l'esprit comu;e je vais vous la dire.
Les beaux Esprits, les Sages, les Amants, Sont en débat dans les Champs-Elysées : Ils veulent tous en leurs départements Waller pour hôte, Ombre de mœurs aisées,
Platon leur dit : J'ai vos raisons pesées, Cet homme sut en quatre Arts exceller, Amour, et Vers, Sagesse, et Beau parler, Lequel d'eux tous l'aura dans son Domaine ? « Sire Platon, vous voilà bien en peine « S'il possédait ces quati'e Arts en effet, « Celui d'Amour ; cest chose toute claire. « C'est un métier qui les autres fait faire.
J'en reviens à ce que vous dites de ma Morale, et suis fort aise que vous ayez de moi l'opinion que vous en avez. Je nesuispas moins ennemi que vous, du faux air d'Esprit que prend un Libertin. Quiconque l'aflectera^ je lui donnerai la palme du ridicule.
Rien ne m'engage à faire un livre,
Mais la raison m'oblige à vivre En sage Citoyen de ce vaste Univers :
Citoyen qui voyant un monde si divers.
Rend à son auteur les hommages
Que méritent de tels ouvrages.
Ce devoir acquitté, les beaux vers, les doux sons.
Il est vrai, sont peu nécessaires ;
Mais qui dira qu'ils soient contraires
A ces éternelles leçons ?
On peut goûter la joie en diverses façons ; Au sein de ses amis répandre mille choses. Et recherchant de tout les effets et les causes ; A table, au bord d'un bois, le long d'un clair ruisseau, Raisonner avec eux sur le Bon, sur le Beau ; Pourvu que ce dernier se traite à la légère,
Et que la Nymphe ou la Bergère
N'occupe notre esprit et nos yeux qu'en passant
Le chemin du cœur est glissant , Sage Saint-Evremond, le mieux est de m'en taire, Et surtout n'être plus chroniqueur de Cythère,
Logeant dans mes vers les Ghloris,
Quand on les chasse de Paris.
On va faire embarquer ces belles, Elles s'en vont peupler l'Amérique d'Amours : '
Que maint auteur puisse avec elles,
Passer la Ligne pour toujours.
Ce serait un heureux passage !
Ah ! si tu les suivais, tourment qu'à mes vieux jours L'hiver de nos climats promet pour apanage ! Crois-moi, triste tourment, consens à notre adieu : Triste fils de Saturne, hôte obstiné d'un lieu, Rhumatisme, va-t'en. Suis-je ton héritage ? Suis-je un Prélat- ? Crois-moi, consens à notre adieu :
En ma faveur change de lieu, Déloge enfin, ou dis que tu veux être cause Que mes vers comme toi deviennent mal plaisans. S'il ne tient qu'à ce point bientôt letîort des ans Fera sans ton secours cette métamorphose ; De bonne heure il faudra s'y résoudre sans toi. Sage S.iint-Evremond, vous vous moquez de moi : De bonne heiirel est-ce un mot qui me convienne encore ! A moi qui tant de fois ai vu naitre l'aurore, Et de qui les soleils se vont précipitant. Vers le moment fatal que je vois qui m'attend ?
' Dans le temps que M. de La Fontaine écrivit cette lettre, on fît enlever à Paris un grand nombre de Courtisanes, qu'on envoya peupler l'Amérique.
- (Suis-je un prélat) voir la !able : La Goutte et l'Araignée. L. 3, f 8.
Madame de la Sablière se lient exlrêmemenl honorée de ce que vous vous êtes souvenu d'elle, et m'a prié de vous en remercier, j espère que cela me tiendra lieu de recommandation auprès de vous, et que j'en obtiendrai plus aisément l'honneur de votre amitié. Je vous la demande, Monsieur, et vous prie de croire que personne n'est plus véritablement que moi. Votre, etc.
{Œuvres de Saint-Evremond) .
AU PÈRE BONHOURS.
Paris, novembre ou décembre 1687.
Mon Révérend Père,
Sans un rhumatisme, qui m'empêche presque de marcher, et d'aller plus loin que la rue Saint-Honoré, j'aurais été vous remercier du plaisir que m'ont fait vos Dialogues ; tout y est bien remarqué, et d'un goût exquis ; tout y est parfaitement écrit ; car vous êtes un de nos maîtres. M'"<= de la Sablière est aussi très satisfaite de cet ouvrage. Votre traduction sur les Qaiétisles est aussi de bonne main ; mais j'aurais voulu que vous eussiez employé votre talent sur une autre matière que celle-là, et ayant un autre original. Une chose qui est tout-à-fait de mon goût, simp'ement et élégamment écrit ; et avec beaucoup de jugement, c'est l'éloge que vous avez fait du pauvre Père Rapin'. Cela me plaît fort.
Je suis mon révérend Père, etc.
1 Le P. Rapiii, né à Tours, loai moii le 27 octobre 1687 membre de la Société de Jésus, poète latin.
l'OUK MADAME **** suii i/aih di:s Folies d'Espagise.
On languit, on meurt près de Sylvie :
C'est un sort dont les Rois sont jaloux, Si les Dieux pouvaient perdre la vie.
Dans vos fers ils mourraient comme nous.
Soupirant pour un si doux martyre, A Vénus ils ne font plus la Cour ; Et Sylvie accroîtra son Empire Des Autels de la Mère d'Amour.
Le Printemps parait moins jeune qu'elle ; D'un beau jour la naissance rit moins, Tous les yeux disent qu'elle est plus belle, Tous les cœurs en servent de témoins.
Ses refus sont si remplis de charmes Que l'on croit recevoir des faveurs; La douceur est celle de ses armes.
Qui se rend la plus fatale aux cœurs.
Tous les jours entrent à son service.
Mille Amours suivis d'autant d'Amants, Chacun d'eux content de son supplice, Avec soin lui cache ses tourments.
Sa présence embellit nos Bocages ; Les ruisseaux sont enflés par mes pleurs. Trop heureux d'arroser des ombrages Ou ses pas ont fait naitre des fleurs
358 I.tS DISTRACTIONS DE LA FONTAINE
L'autre jour assis sur l'herbe tendre, Je chantais son beau nom dans ces lieux, Les Zéphyrs accourant pour l'entendre Le portaient aux oreilles des Dieux.
Je l'écris sur l'écorce des Arbres :
Je voudrais en remplir l'Univers, Nos Bergers l'ont gravé sur des Marbres Dans un Temple au-desfus de mes vers.
C'est ainsi qu'en un Bois solitaire Lycidas exprimait son amour.
Les Echos qui ne sauraient se taire.
L'ont redit aux Bergers d'alentour.
{OEuvres Posthumes.)
A Leurs Altesses Sérémssimes MADEMOISELLE DE BOURBON,
ET Monseigneur LE PRINCE DE COMY».
Hyménée et l'Amour vont conclure un Traité, Qui les doit lendre amis pendant de longues années.
Bourbon, jeune Divinité CoNTY, jeune Héros, joignent leurs destinées, CoNDÉ l'avait, dit-on, en mourant souhaité ;
' François- Louis, prince de la Roche-sur- Yon. puis de Conly qui fut élu Roi de Pologne en 1697, neveu du grand Condé et nnademoiselle de Bourbon, sa cousine, petite fille du grand Condé.
Ce guerrier qui transmet à son fils en partage Son esprit, son grand cœur, avec un héritage Dont la grandeur non plus n'est pas à mépriser, Contemple avec plaisir de la Voûte Ethérée, Que ce nœud s'accomplit, que le Prince l'agrée, Que Louis aux Condé ne peut rien refuser, Hyménée est vêtu de ses plus beaux atours Tout rit autour de lui, tout éclate de joie. Il descend de l'Olympe environné d'Amours,
Dont CoNTY doit être la proie.
Vénus à Bourbon les envoie,
Ils avaient l'air moins attrayant
Le jour qu'elle sortit de l'onde,
Et rendit surpris notre monde.
De voir un peuple si brillant
Le Chœur des Muses se prépare,
On attend de leurs Nourissons
Ce qu'un talent exquis et rare
Fait estimer dans nos chansons.
Apollon y joindra ses sons
Lui-même il apporte sa Lyre.
Déjà l'Amante de Zéphyre
Et la Déesse du Matin,
Des dons que le Printemps étale
Commencent à parer la salle
Où se doit faire le Festin.
0 vous ! pour qui les Dieux ont des soins si pressants
Bourbon aux charmes tout-puissants
Ainsi qu'à l'âme toute belle,
CoNTY par qui sont effacés
Les Héros des siècles passés, Conservez l'un pour l'autre une ardeur mutuelle.
Vous possédez tous deux ce qui plaît plus d'un jour, Les grâces et l'esprit, seuls soutiens de l'Amour, Dans la carrière aux époux assignée, Prince et princesse, on trouve deux chemins : L'un de tiédeur, commun chez les humains : La passion à l'autre fut donnée.
N'en sortez point, c'est un état bien doux, Mais peu durable en notre âme inquiète. L'amour s'éteint par le bien qu'il souhaite, L'amant alors se comporte en époux.
Ne saurait-on établir le contraire.
Et renverser cette maudite Loi ?
Prince et princesse, entreprenez l'affaire, Nul n'osera prendre exemple sur moi.
De ce conseil faites expérience, Soyez amants fidèles et constans.
S'il faut changer, donnez-vous patience, Et ne soyez époux qu'à soixante ans.
Vous ne changerez point, écoutez Calliope, Elle a pour votre hymen dressé cet horoscope.
Pratiquer tous les agréments Qui des époux font des amants.
Employer sa grâce ordinaire, C'est ce que Contv saura faire Rendre Conty le plus heureux Qui soit dans l'empire amoureux Trouver cent moyens de lui plaire, C'est ce que Bourbon saura faire.
Apollon m'apprit l'autre jour,
Qu'il naîtrait d'eux un jeune amour,
Plus beau que l'enfant de Cythère, En un mol semblable à son père.
Former cet enfant sur les traits Des modèles les plus parfaits, C'est ce que Bourbon saura faire ; Mais de nous priver d'un tel bien.
C'est à quoi Bourbon n'entend rien.
{OEuvres Posthumes).
BALLADE, Sur le nom de
LOUIS LE HARDL
Que les soldais ont donné à Monseigneur,' pendant le siège de Philisbourg.
Vn de nos Fantassins très-bon, nommé la Fleur,
Du titre de Hardi baptisant Monseigneur,
Le fera sous ce nom distinguer dans l'histoire.
Ce soldat par chacun fut d'abord applau Ji,
Le prince et son parrain feront dire à leur gloire,
Louis le bien nommé c'est Louis le Hardi.
Dun pareil nom de guerre on traitait les neuf Preux, Notre jeune héros le mérite mieux qu'eux. J'aime les Sobriquets qu'un Corps-de-Garde impose ; lis conviennent toujours; et quant à moi, je dis, Pour ajouter encor quelque lustre à la chose, Louis le bien nommé cest Louis le Hardi.
' Monseigneur, né le i"" novembre 1661, mort li; i4 avril 1711. Kils de Louis XIV, père du duc de Bourgogne et grand-père de Louis XV.
i^62 LES DISTRACTIONS DE LA FONTAINE
Adam qui sur les Fonds tint les Etres divers
Dont il plut au seigneur de peupler TUnivers,
Adam, parrain banal de toutes ces familles,
Et qui n'imposait pas le nom en étourdi.
N'y rencontrait pas mieux que nos braves Soudrilles.
Louis le bien nommé c'est Louis le Hardi.
L'homme n'engendre guère à soixante et dix ans. Si le cas arrivait comme à certaines gens, J'irais à ce soldat, et sans tant de mystère, Tout autre choix à part, je dirais, Kadeli, Viens tenir mon Enfant, tu seras mon compère, Louis le bien nommé c'est Louis le Hardy.
Œuvres Posthumes^.