‹ Les diurétiques: À travers les âgesChapitre 10 sur 29 · III. ROME · texte numérisé non relu

III. ROME

Dioscoride (70 av. J.-C.) distingue des diurétiques végétaux et animaux et en donne une longue énumération.

Galien (1° siècle ap. J.-C.) :

Galien et les médecins latins suivirent l’exemple de leurs devanciers grecs, mais en présence des trois écoles qui divisaient ces derniers, ils recherchèrent par eux-mêmes des explications qui, n'étant basées que sur très peu d'expériences (par exemple l'expérience que Galien recommande de faire sur les uretères d’un chien) (1) n’ont qu'une valeur très hypothétique.

Galien comparait l'urine à un excrément analogue aux matières fécales : l'estomac reçoit l'aliment et en prépare l'élaboration qui sera achevée par le foie ; de là les veines le prennent pour être distribué par tout le corps. Or, il doit être purifié et pour cela il y a des organes spéciaux situés le long des veines. Les uns enlèvent les superfluités ténues et légères « conduits que les médecins appellent cholédoque comme la vésieule biliaire ». Les autres enlèvent les

(1) Si l’on lie les uretères d’un chien ce chien ne peut plus uriner et quand on détache les fils la vessie se remplit d'urine.

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superfluités terreuses et pesantes (rate et la partie inférieure de l'intestin qui précède le rectum). D’autres, enfin, prennent les superfluités qui tiennent le milieu entre les deux espèces précédentes, c’est-àdire celles qui sont aqueuses et ‘séreuses (organes urinaires). Par conséquent les reins ont été créés pour attirer et expulser au dehors l'humeur aqueuse, véhicule du sang proprement dit, et décharger ainsi la veine cave d'une humidité inutile. Le sang qui y afflue se purifie, et, pur désormais, pénètre dans tout le corps, n'entraînant plus avec lui d'humidité aqueuse. Aussi Galien ordonnait-il des diurétiques pour activer celte filtration dans les maladies : c’est ainsi qu’il faisait évacuer la bile jaune en mouvement dans la fièvre tierce légitime par des clystères et des boissons d’aneth et d’ache ; Celle dans la fièvre tierce illégitime, par des tisanes additionnées de poivre, des décoctions d’hysope, d'oignons, d’épinards dans de l’eau miellée et toutes autres tisanes qui « poussent l’urine » ; ainsi que de l’oxymel.

Î se moquait fort de l'opinion d’Asclepiade et d'EÉrisistrate qui refusaient tout simplement toute fonction au rein. De même de Lycus qui ne croyait pas aux fonctions des uretères, de relier le rein à la vessie.

L'hydropisie pour Galien se traitait suivant trois principes : 1° Guérir le squirrhe du viscère affecté :

2° Employer des épithèmes qui dissipent l'humeur ;

3° Faire boire des diurétiques parmi lesquels il vantait à l’excès le vin et le vinaigre scillitiques.

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Pline (23-79 ap. J.-C.) :

Pline l'Ancien ne semble pas avoir eu de théories particulières sur la fonction rénale. Il confond les lithontriptiques avec les diurétiques qu'il ordonne en même temps dans la lithiase urinaire. Néanmoins il indique quelques médicaments plus spécialement contre. les calculs et d’autres contre la dysurie ou la strangurie. Au milieu d’un fatras inextricable de remèdes assez extraordinaires, il semble reconnaître trois sortes de diurétiques et lithontriptiques, des végétaux, des animaux et des remèdes magiques auxquels il n’accorde guère confiance, mais parmi lesquels on trouve l’esquisse de notre opothérapie actuelle.

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