HE +. DOS
nos pères s’en servaient énormément pour provoquer la diurèse. C’est ainsi qu'Ambroise Paré la donnait en bains et en clystères. Nous avons vu que l'usage de ces derniers remontait aux Egyptiens. Quant aux bains, on les retrouve partout indiqués en cette matière. L'action externe de l’eau était alors expliquée par la théorie de l'attraction des humeurs, et qui était déjà un embryon de l’idée de l'évacuation des toxines. Lieutaud ne manque pas de la placer en tête de tous les diurétiques, surtout si l’on y ajoute des médicaments nitreux.
Il est intéressant de voir, ces dernières années, ces idées confirmées par Lamy et Mayer qui ont démontré que la diurèse par ingestion d’eau est un phénomène actif essentiellement vital. Si ce n'était en dehors du cadre que nous nous sommes tracés, l'historique des eaux minérales diurétiques devrait ici trouver sa place.
En effet, les Romains étaient de grands constructeurs de thermes et dans beaucoup de stations se retrouvent les restes plus où moins bien conservés d'établissements qui précédèrent nos modernes stations. Ils connaissaient déjà Ems que Pline a cité dans ses œuvres, Baden, en Autriche, et Spa, en Belgique. Il cite contre les calculs, les eaux de l’île Ænaria, de Teanum Sidianum, de Stabies, du lac de Vélia.
Au Moyen Age, quelques rois cherchèrent à rendre aux stations thermales leur vogue. C’est ainsi que Plombières, Pougues, furent très fréquentées. Au XVII siècle, est-il utile de rappeler le séjour de Madame de Sévigné à Vichy.
au RE
En 1760, le rapport du Docteur Bagard, médecin du roi Stanislas, à la Société des sciences et arts de Nancy, mit en évidence les propriétés des eaux de Contrexéville, où, quelques années plus tard, Thouvenel posait la première pierre de l'établissement thermal. x
Enfin, Lieutaud nous parle des eaux minérales de Passy : « Les eaux minérales qui se trouvent au village de Passy, près Paris, sont froides, ferrugineuses ou martiales et suivant les chimistes, un peu vitrioliques. Ces eaux sont stomachiques : on les met au nombre des médicaments rafraîchissants et apéritifs ; elles purgent et font uriner. Par ces propriétés, elles méritent d’être employées dans les cas de dégoût, de manque d’appétit : elles sont utiles aux personnes hyslériques et hypocondriaques et conviennent dans Île traitement de la cachexie et des pâles couleurs ; elles opèrent de bons effets dans les évacualions menstruelles qui sont irrégulières et dans les autres pertes de sang. On en prend pour l’ordinaire depuis deux livres jusqu'à six ». Si ces eaux n'avaient pas toutes ces propriétés, elles avaient du moins le mérite d’être près de Paris, et il serait à souhaiter que si elles n’ont pas actuellement tout à fait disparu, la municipalité de Paris les recueille en des fontaines publiques où elles couleraient pour les pauvres gens.
1 y avait aussi des eaux artificielles, car Lieutaud dit plus loin : « Plusieurs auteurs prétendent qu’on peut préparer des eaux minérales artificielles, semblables aux eaux de Passy, avec du vitriol de Mars,
PU 0 VRUNNATT dé LA A 4 | GS | 6 D PA k ,
que l'on fait fondre dans l’eau, dans la proportion d'un demi gros de ce vitriol dans un litre d’eau. Pour nous, nous pensons que cette opinion a besoin d'être confirmée par des expériences ».