‹ Les diverses méthodes chimiques de précipitation des globulines: Leur valeur diagnostique dans les syphilis du névraxeChapitre 5 sur 14 · LA RÉACTION DE NOGUCHI · texte numérisé non relu

LA RÉACTION DE NOGUCHI

I. Historique. — Cette réaction est relativement récente puisque Noguchi la fit connaître au commencement de l’année 1909 (1). Il fournissait à l’appui de ses conclusions une statistique de deux cents cas environ publiés en collaboration avec Moore (2). Il faisait de cette réaction une bonne méthode de diagnostie permettant de conlirmer ou d’infimer les lésions syphilitiques ou parasyphilitiques du système nerveux. ((e procédé avait surtout pour lui toute sa valeur dans les cas chroniques. Il reconnaissait au contraire qu’il ne pouvait rien donner dans les cas de processus aigus où la réaction se montre tou- Jours positive, et n’a plus, dès lors, aucune signification.

Cette méthode provoqua au début un grand enthousias- ‘me, et nombreuses furent les expériences de contrôle faïtes soit en France, soit à l’étranger. Ross (3) fit un des

(4) Noguchi. Jour. of expert. méd. XI, 1909, 84 ; Proc. of the Soc. for expert. Biol. and. méd., VI, 1909, 51.

(21 Noguchi et Moore. The butyrie acid test for syphilis in the diagnosio of mélasyphilitie and other Nervous disorders. (Journ. of expert. med., vol. XI, 1909, 124, 604, 612.)

(3) Ross. Application de cerlaines épreuves cliniques nouvelles au diagnostic de la paralysie générale et du tabes (British méd. journal, 18 mai 1909).

PTS Vies

premiers paraître un article donnant quelques résultats. Il considérait cette réaction comme une excellente méthode de diagnostic de lésion parasyphilitique du système nerveux. Des restrictions ne devaient pourtant pas tarder à être faites. Baudouin et Français. (1) constataient eux aussi des proportions élevées de réactions positives dans les cas de syphilis nerveuse, de tabes et de paralysie géné- 1ale ; mais ils avouaient avoir également rencontré une proportion importante de réactions positives chez des sujets indémnes de syphilis. Parmi ces derniers, les uns avaient de la tuberculose chronique des méninges ou du rachis, un autre de l’urémie convulsive, un autre une tumeur cérébrale.

En Angleterre, ceux qui ont essayé la réaction de Noguchi font aussi de très nombreuses restrictions. Williamson (2), Jones (3), Strouse (4) arrivent à des conclusions assez semblables à celles de Baudouin et Français. Mott (5), qui fut un des premiers à l’essayer, est peut-être celui qui fait le plus de réserves. Il a pu, en effet, obtenir des réactions positives dans beaucoup de maladies nerveuses où la syphilis n’avait rien à voir. Dans toutes les démences avec syphilis ou sans syphilis, il a obtenu des

(1) Baudouin et François. La réaction butyrique de Noguchi et Moore dans le diagnostic des affections syphilitiques du névraxe. (Revue neurologique, mai 1900, 620, 623.)

(2) Williamson. Lancet, 1910.

(3) Jones. Rewiew of neurology and psychiatrie, juin 1910, n° 6, p. 379. | ;

(4) Strouse. Valeur diagnostic de l'épreuve à l'acide butyrique (Noguchi) dans le liquide céphalo-rachidien. (The Jouraal of the American medical Association, 22 avril 1911, I vol. LVI, n°16, p. 1171, 1474). +

(5) Mott. Conférence sur le liquide céphalo-rachidien (Lancet, 9 juillet 1910).

SUIS re

réactions positives. Beaussart (1) va plus loin et dit que la réaction n’est pas du tout spécifique de la syphilis.

11 faut encore citer Hough (2) qui a fait une étude comparée sur les résultats fournis par la réaction de Noguchi et l’examen cytologique du liquide céphalo-rachidien. et Boveri (3) qui a obtenu des résultats positifs dans un cas de pellagre. Plus récemment, MM. Euzière (4), Mestrezat et Roger ont revu de plus près cette question et ont été amenés à formuler des conclusions de diagnostic très restreint. Nous les signalerons au cours de la diseussion. Nous tenons cependant à dire dès maintenant combien leur travail si net et si précis nous a été précieux. Dans sa thèse de doctorat, M. Mestrezat (5) a apporté ies conclusions auxquelles ils étaient parvenus. Nous. signalerons également l’article que tout dernièrement Mello-Litao (6) a fait paraître au sujet de la réaction de Noguchi dans la polimyélite aigue.

(1) Beaussart. Etude du liquide céphalo rachidien des syphilitiques et para syphilitique : cyto-diagnostic, albumo-diagnostic, précipito-diagnostic, réaction butyrique de Noguchi et Moore (La Clinique, 27 janvier 4911, 6° année, n° 4, p. 35).

(2) Hough. Remarques sur le diagnostic comparatif basé sur la réaction de l'acide butyrique de Noguchi et l'examen cytologique du lhquide céphalo-rachidien (Gor. hosp. f. insane, Washington bull., 1940, n° 2, p. 118).

3) Boveri. Le liquide céphalo-rachidien ue la pellagre (Société de Biologie, 10 juin 1911).

(4) Euzière, Mestrézat et Roger. La réaction du liquide céphalorachidien à l'acide butyrique (Réaction de Noguchi). Sa valeur dans le diagnostic des syphilis du nèvraxe (Encéphale, n°9, sept. 1911).

(5) Mestrezat. Le liquide céphalo-rachidien normal et pathologique. Valeur clinique de l'examen chimique. Thèse de doctorat. Montpellier 1911.

(6) Mello-Litao. La butyro-réaction de Noguchi-Moore dans la polimyélite entière aiguë.

LEA |) 20e

Î1. Technique. — Noguchi introduit dans un tnbe à essai O0 cm’ 20 de liquide céphalo rachidien, puis 1 cm° d'acide butyrique à 10 p. 100 (en volume). Il porte le mélange à l’ébullition et l’y maintient quelques instants : puis il introduit rapidement dans le tube 0 cm°20 de soude normale, reporte de nouveau le mélange à la flamme pendant quelques secondes. Il se forme alors un précipité granuleux ayant tendance à se déposer dans le fond du tube. Ce dépôt permet de formuler un diagnostic de lésion syphilitique ou parasyphilitique du système nerveux. Noguchi fait lui-même remarquer qu’il peut exister avec des liquides céphalo-rachidiens non syphilitiques une légère opalescence et même un trouble très net ; mais celui-ci ne se dépose pas au bout de plusieurs heures où même de 24 heures. La plupart des autres auteurs ne sont guère plus explicites au sujet du temps au bout duquel on peut considérer une réaction comme négative.

Nous ferons remarquer de suite commen une pareille élasticité peut prêter à la confusion.

MM. Euzière, Mestrezat et Roger ont un peu modifié la réaction de Noguchi et lui ont ainsi donné un caractère plus scientifique. Ils fixent en effet à trois heures le temps au bout duquel une réaction devra être considérée comme positive ou négative. Ils ont aussi nn peu changé les doses pour la facilité de l’examen et ont doublé celles données par Noguchi. C’est ainsi qu’ils prennent 0 cm* 40 de liquide céphalo-rachidien, 2? em’ d’acide butyrique à 10 p. 100 (en volume) et O cm” de soude normale.

T1 suffit de faire quelques réactions de Noguchi pour voir combien il est délicat parfois de se prononcer. On constate un flou et même des flocons en suspension, avec un dépôt plus ou moins prononcé. À quel moment peuton affirmer qu'il y a dépôt ? A quel autre qu’il n’y en

On us a pas. D'autant que souvent suivant le temps au bout duquel on fait l’examen on a un dépôt ou on n’en a pas. Quelquefois, même après des examens répétés on en est réduit à ranger ces cas dans les cas douteux.

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