A. — VOIE CANINE PROPREMENT DITE
Pour l’anesthésie, on pratiquera soil une narcose, soit une anesthésie locale, suivant les cas envisagés plus haut.
Premier temps : Incision et réclinaison des parties molles :
La tête élant en position déclive, on écarte Îles lèvres du malade en tirant sur la commis-
Tor
sure du côté où on veut intervenir de façon à découvrir nettement toute la fosse canine. Un tampon de gaze placé à la partie postérieure du vestibule de la bouche absorbera le sang et sera changé fréquemment.
L’incision s'étendra en profondeur jusqu’à l'os, et en longueur de la racine de la canine à celle de la première ou de la deuxième grosse molaire, en suivant le sillon gingivolabial.
Suivant utilité, on pourra la prolonger un peu en avant ou en arrière sans aucun inconvénient.
À l’aide d’une rugine on décolle la lèvre supérieure de l’incision dans toute l'étendue de la fosse canine. Il est très important de ne pas remonter, dans ce temps, à moins de cinq millimètres au-dessous du rebord orbitaire inférieur pour éviter la blessure du nerf sous orbitaire.
La lèvre inférieure de l’incision est repoussée un peu en bas et l’hémostase est réalisée par un tamponnement de quelques minutes.
Deuxième temps : La trépanation de la fosse canine sera pratiquée au moyen d'une fraise, d'un perforateur, ou mieux encore d'une gouge et d’un maillet et l’orifice agrandi jusqu’à admettre facilement le doigt.
Troisième temps : Curettage du sinus. — On emploira pour l'éclairage une lampe électrique et au besoin un miroir de Clar.
L'exploration nous permettra de distinguer trois
cas distincts, imposant chacun une conduite différente
1° Îl n'y a dans le sinus ni fongosité ni lésion osseuse. On s’abstiendra de curettage ;
(eo)
2°. On aperçoit quelques fongosités : pratiquer alors un curettage total de la muqueuse, mais sans trop appuyer ;
3° Si on remarque en certains points des lésions osseuses, on fera en ces points des curettages plus énergiques.
L'attention devra être surtout portée du côté du plancher du sinus où se trouve souvent un point fistuleux.
Si l’on à un trajet fistuleux formé aux dépens de l’alvéole par où s’est faite l'infection, il faudra non seulement curetter mais réséquer entièrement tout le canal alvéolaire.
Pendant tout ce troisième temps, l'écoulement sanguin est assez abondant. S'il n’est pas trop fort, on se contentera d'aller vite en aspirant le sang ; si, au contraire, il est par trop violent, on tamponnera un instant la cavité.
Quatrième temps : Abrasion du rempart alvéolaire externe (Sébileau) au ciseau ou à la pince gouge.
Ce temps est facultatif. Il a pour avantage d’assurer un meilleur drainage par voie buccale en supprimant le recessus susalvéolaire. On l’emploiera toutes les fois que les dents correspondantes seront cariées ou absentes.
PS Ne
Si elles sont saines, il va sans dire qu'il faut les conserver.
Cinquième temps : Tamponnement du sinus avec une mèche de gaze qu'on laisse vingt-quatre heures. Sixième temps : Soins consécutifs. — Lavages buccaux et sinusaux, d’abord par le médecin, puis par le malade lui-même jusqu’à fermeture de la brèche.
B. — VOIE NASOCANINE (CADWELL-LUC)
Les premier, deuxième et troisième temps sont exactement les mêmes que ci-dessus. (Trépanation par voie canine el curettage du sinus.)
Quatrième temps : Ce quatrième temps constitue avec le sixième la caractéristique de cette méthode. Il consiste à établir une large communication au sinus avec la fosse nasale du côlé correspondant. On la réalise au moyen d’une curette, de la gouge et du maillet, ou mieux encore d’une pince spéciale préconisée par Mounier et modifiée par Lombard. Ce sont toutes deux des pinces emporte-pièce dont une branche, droite, est introduite dans la fosse nasale et l’autre, coudée, dans la cavité du sinus par la brèche canine.
Tandis que la pince de Mounier fait une ouverture étroite, celle de Lombard, aux mors plus larges, établit un drainage bien plus important, en supprimant le cornet inférieur.
Aussi, bien que ce premier auteur déclare pour défendre sa découverte qu'il ne voit aucune utilité :