TRAITEMENT DES SINUSITES PAR L'ALVÉOLE
Cette méthode est la plus ancienne et pratiquée depuis la seconde moitié du xvs° siècle par Jean Meibomius. Mais elle ne fut décrite qu'en 1718 par son fils, Henri Meibomius, et adoptée de suite par les dentistes, en particulier Fauchard, dont la réputation fut si grande qu'il inspira à un de ses confrères un poème en quatre chants.
Fauchard qui :
« D'un art encore naissant honora sa patrie » (1)
rapporte quelques observations de sinusites maxillaires. Il se bornait d’ailleurs à l’avulsion d’une dent cariée, et comme cette dernière était généralement la cause de la suppuration déjà avancée, une com-
(4) L’Odontotechnie, poème didactique et descriptif en quatre chants, dédié aux dames, par J. MARMONT, chirurgien-dentiste.
munication intersinusobuccale se trouvait établie et le drainage assuré.
D'autres encouragés par ce succès, mais moins heureux, enlèvent des dents qui ne communiquent pas avec l'antre.
Deux chirurgiens, Cooper et Dracke, à peu près à la même époque, 1700, proposent alors de compléier l'intervention en effondrant la paroi alvéolaire.
L'un et l’autre font des lavages consécutifs. Mais tandis que Cooper laisse ressortir le liquide, Dracke propose au contraire d’obstruer l’orifice pour retenir ce dernier dans le sinus. De nombreux chirurgiens du xvur' siècle adoptent cette méthode de Meibomius, perfectionnée par Cooper et Dracke, et y apportent quelques modifications.
David, de Rouen, conseille d'agrandir l'ouverture le plus possible ; Bordenave remplace les cordes à boyaux, les éponges et les chevilles de bois qu’on laisse dans l'ouverture pour la maintenir béante, : par un drain d'argent qui sert pour les lavages et qu'on obture pendant les repas. Il précise aussi quelles sont les dents qui correspondent au sinus et s'aperçoit même que certains de ceux-ci sont cloisonnés et, partant, d’un drainage difficile.
Pour les lavages, de nombreux liquides sont injectés : esprit de vin, baume de Fioraventi, «une dissolution mercurielle mitigée avec de l’eau commune », de l’eau d'orge et d’aigremoine simple ou coupée de vin miellé, etc.
Beaucoup de chirurgiens pourtant ne paraissent attacher aucune importance au liquide injecté, et,