TRAITEMENT PAR L'ORIFICE NATUREL (ALLOUEL, JOURDAIN
Nous avons dit déjà qu'à cette période les interventions ne s'adressent guère qu'aux cas compliqués de suppuration extérieure, les seuls connus.
Bordenave, dans un mémoire couronné par l’Académie, décrit quelques symptômes, en particulier la douleur et la tuméfaction. « Le diagnostic doit être fait, dit-il, avec les inflammations de la joue. » Il insiste sur la nécessité d’un traitement rapide et préconise les lavages du sinus par l’orifice naturel.
Allouel réclame la priorité de ce traitement pour son père, qui l'aurait découvert et pratiqué dès 1837.
Mais ce moyen n’est réellement connu que lorsque Jourdain, un dentiste réputé de l’époque, en donne communication à l’Académie, en 1865.
Il recherche l’ouverture du sinus avec un stylet mousse et, après l'avoir repérée, y introduit une sonde courbe, mais dont la forme exacte ne nous est pas parvenue.
L'Académie nomme une commission pour étudier ce procédé. Ses membres concluent que l'opération est possible, maïs difficile.
Ils constatent, en outre, qu’on accède souvent dans le sinus par une ouverture créée accidentellement
dans le méat moyen et concluent en refusant leur
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approbation à cette méthode, qui, disent-ils, pénètre trop haut dans la cavité.
Ils n'étaient pas loin, à ce moment, de découvrir la ponction diaméatique inférieure, mais ils n'y songèrent pas.
La méthode proposée tomba dans l’oubli presque immédiatement.
3° TRAITEMENT PAR L'OUVERTURE DU SINUS AU-DESSUS DE L'ARCADE ALVÉOLAIRE
Lamorier, chirurgien à Montpellier, est l'inventeur de cette méthode qu’il fait connaître en 1743 par un mémoire à l’Académie.
Après un insuccès dû à la méthode alvéolaire, il veut se rendre compte de ce qui entretient la suppuration et il ouvre largement le sinus au-dessus de l’alvéole pour en inspecter l’intérieur. Il trépane audessus de la troisième grosse molaire et montre que ce procédé a le grand avantage de permettre l’ablation des fongosités.
Desault reprend cette opération, mais trépane dans la fosse canine. I] excise les fongosités au thermo-. cautère.
Le seul inconvénient de la méthode de Lamorier ou de Desault est, comme le montrent Lancrotte et Didelot, de laisser subsister une fistule buccale ; mais on doit reconnaître que le malade était aussi bien exposé à cette complication dans les opérations par la voie alvéolaire.
B. — Période laryngologique
Pendant de nombreuses années, la chirurgie du sinus maxillaire, ainsi d’ailleurs que la clinique de ses affections, reste alors stationnaire.
Ce n’est que vers 1865 que la découverte du miroir laryngoscopique attire l'attention des praticiens sur les maladies du larynx, puis sur les affections du nez, en mettant à leur portée un excellent moven d’investigation.
Enfin comme le rappelait Lermoyez dans son rapport au premier Congrès international de laryngologie à Vienne, en 1908, un nouveau chapitre naît tout entier d’une dent cariée de Ziem.
Avant ce dernier on ne connaissait, nous l’avons vu, que les seules suppurations du sinus maxillaire, s’accusant par de la tuméfaction de la joue, les mêmes dont parle déjà Bordenave, cité plus haut.
En 1857, Ziem, rhinologiste de Dantzig, se fait panser une dent chez un dentiste. À la suite de ce pansement survient un écoulement nasal purulent et fétide.
T1 garde pendant six ans ce qu’il appelle son ozène unilatéral ; mais, en 1883, convaincu que cette suppuration provient du sinus, il se fait ouvrir cette cavité par la voie alvéolaire; le pus sort en abondance et, quelques jours après, la guérison est complète.
Ce fut le point de départ de la découverte des empyèmes latents du sinus maxillaire.
Peu à peu on s'aperçoit que l’étiologie en est variable et l’on est conduit à diviser les suppuratians
en
maxillaires en empyèmes d'une part, sinusites aiguës et sinusites chroniques, d'autre part.
« La confusion au début nous explique bien, dit M. Garel, les divergences d'opinions au point de vue thérapeutique suivant les différents cas. »
Ce n’est guère qu'en 1888 ou 1889 que les notions sur les sinusites maxillaires latentes se répandent en France.
En 1906, Moure donne, au Congrès de Lisbonne, une classification très complète des sinusites maxillaires.
Dans toute cette période laryngologique on assiste à des tâtonnements et à des discussions interminables sur la meilleure conduite à tenir.
Nous trouvons d’abord une phase presque purement médicale et de chirurgie interne, puis devant les nombreux cas qui demeurent rebelles, on doit avoir recours à des moyens plus énergiques.
a) Phase médicale et de chirurgie interne. — Les laryngologistes emploient d’abord les traitements médicaux que nous étudierons plus loin, puis de timides interventions par voie interne : lavages par l’orifice naturel, ponctions du méat moyen ou du méat inférieur, ponctions par la voie alvéolaire.
b) Phase chirurgicale. — On reprend la vieille méthode de Desault, perfectionnée par Sébileau, mais ce dernier laisse subsister le principal inconvénient, c'est-à-dire la persistance de la fistule buccale.
Caldwell et Luc simultanément améliorent beaucoup Île procédé en suturant immédiatement la plaie
REA OREN
buccale pour assurer le drainage par le nez. On est alors vraiment en possession d’une cure radicale pratique et qui amène la guérison dans les cas les plus rebelles.
Une période d’engouement s'empare de presque tous les spécialistes poussés aussi par les chirurgiens.
G. Laurens entame de violents plaidoyers en faveur de la nouvelle cure radicale, allant jusqu’à accuser d’ignorance ou de jalousie ceux qui se montrent encore réfractaires.
Des chirurgiens allemands, Denker et Solenberger, trouvent même cette opération insuffisante et proposent de faire communiquer la brèche canine avec la brèche nasale pour avoir un plus grand jour sur l’antre et curetter plus facilement.