‹ Les diverses mutilations des mains: Leur adaptation aux nécessités professionnellesChapitre 42 sur 42 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° Nous avons étudié successivement les différents segments qui constituent l'appareil de préhension et palpation qu'est la main, et nous avons montré que chacun de.ces segments joue un rôle important dans l'exercice professionnel des mains.

Les mutilations de ces différents segments entraînent donc, logiquement, une diminution de la capacité ouvrière; mais nous sommes persuadés que l’accoulumance de l’ouvrier à sa mutilation et la suppléance, d'une partie de la main mutilée est possible: par conséquent, la récupération partielle ou totale de la capacité ouvrière peut être envisagée.

. 2e Plusieurs facteurs se combinent pour permettre une adaptation plus ou moins rapide: nature de la blessure, rôle du temps, importance de certaines conditions individuelles, telles que l'intelligence, la volonté, l'entraïne-

opte

ment, l’âge et le sexe du sinistré, rôle du milieu social dans lequel vit l’accidenté, importance de la profession.

3 Il faut distinguer l’accommodation de l’améliora-

tion.

Une infirmité subit une amélioration lorsque disparaissent des troubles fonctionnels résultant surtout de raideur ou d'atrophie musculaire. Cette disparition de troubles fonctionnels justifie une diminution de la rente.

L’accommodation ou adaptation, au contraire, est le fait de la disparition de la gêne d'une mutilation par l'habitude qu'en prend le blessé, ou la suppléance par un doigt voisin de la diminution fonctionnelle d'un doigt mutilé. Cette accommodation se fait pour un acte pro- fessionnel. Elle n’entraîne pas une récupération suffisante de la capacité ouvrière pour que l'expert puisse toujours l’apprécier et en tenir compte.

4° L'adaptation est donc très difficile à apprécier par l'expert médical: « Admettre la théorie de l’accommodaton, comme le dit un jugement du tribunal de Briey, ce serait, contrairement à la loi du 9 avril 1918, décider que toutes les rentes sans exception sont susceptibles de revision puisque nécessairement, par l'habitude, tous les accidentés quelles que soient les lésions dont ils sont atteints, habitués à vivre avee leur mal, reconquièrent une habileté plus ou moins grande au travail.

Aussi, les tribunaux ne posent-ils pas, habituellement, à l'expert médical, la question de savoir s'il y a eu adaptation ou accommodation d’une infirmité à un tra-

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vail professionnel, mais simplement s’il y a eu amélioraton de l’infirmité, et, d’après nous, cette amélioration ne peut être évaluée que d’après les constatations précises dont nous avons parlé précédemment.

Vu Le Président de la Thèse, Etienne MARTIN.

VUS LE DoYEN, JEAN LEPINE.

Vu et permis d'imprimer Lyon, le 15 mars 1921.

Pour LE RECTEUR ET PAR DÉLÉGATION Le Vice-Président du Conseil de l’Université, L, JOSSERAND.

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