QUATRIÈME DIZAINE
Nouv. XXXI, p. 6, 1. 18. — Cette cornette de veloux faisait partie intégrante du chaperon, qui avait une queue ou cornette plus ou moins longue, en étoffe, descendant sur la poitrine et retombant ensuite derrière l'épaule, quelquefois aussi cette cornette formait une espèce de crête flottante qui se balançait sur le visage et le cachait à demi.
Nouv. XXXII, p. i5, 1. 9. — Hostellerie est Hostalrich, ville de Catalogne. — L. 11. Les cordeliers de l'Observance formaient une des principales branches de l'ordre de Saint-François. Il y avait les cordeliers de la grande, de la petite et de l'étroite Observance.
— P. 20, 1. 23. — Ma Daine indique ici la femme du seigneur de la ville.
— P. 2 5, 1. 6. — Cherra de parler, c'est-à-dire : tombera au point de, arrivera enfin à parler.
— P. 26, l. 14. — Nous pensons qu'au lieu d'examinez, il faut lire exanimés, c'est-à-dire inanimés^ affaiblis.
— P. 27, l. 6. — Les quatre nataux, les quatre grandes fêtes natales de la vie du Christ : Noël, Pâques, la Pentecôte et l'Ascension.
■ ,ÎHECA ^
lOO NOTES
Nouv. XXXIII, p. 36, 1.4. — On a fait de savantes dissertations pour définir au juste ce que c'était que ce feu Saint-Antoine qui inspirait tant d'effroi à nos aïeux. C'était évidemment une espèce de lèpre vive, qui s'attachait à toutes les parties du corps, et qui causait des chaleurs intolérables dans la partie malade.
— P. 46, dern. 1. — Le chaperon, du temps de Charles "VII, était attaché sur l'épaule par une longue bande d'étoffe qui pouvait faire deux ou trois fois le tour du cou ; quand il n'était pas sur la tète, il pendait derrière le dos, à l'extrémité de cette bande d'étoffe qu'on appelait sa -queue.
— P. 47, 1. 2. — Son atour était une coiffure de femme, un haut bonnet, le henin, importé en France par Isabeau de Bavière.
Nouv. XXXIV, p. 53, 1. 20. — Merveilleux, dont le sens n'est pas ici bien clair, paraît être mis pour jaloux.
Nouv. XXXVII, p. 72, 1. 5. — Matheolet, c'est-àdire le Livre de Matheolus, poëme du quinzième siècle, composé par Jean le Febvre, évêque de Thérouenne, est une violente satire contre les femmes. Il a été souvent réimprimé au commencement du seizième siècle. — Lei Quinze Joyes de mariage, ouvrage satirique et facétieux, attribué à Antoine de la Sale, auteur ou rédacteur des Cent Nouvelles nouvelles. Ce passage prouve que le second ouvrage, qu'on lui attribue aussi, est postérieur à l'autre, qui s'y trouve cité.
— P. 73, I. 22, et p, 77, 1. I — Dangier, argus, duègne. C'est le surnom générique qu'on donnait à tous les ennemis des amants, depuis que le roman de la Rose avait personnifié, sous ce nom, la jalousie, ou plutôt l'espionnage en amour. Voy. ci-dessus la XIII^ Nouvelle.
Nouv. XXXVIII, p. 86, 1. 2 3. — Nous avons imprimé l'acraventa, au lieu de la carvenca.^ que donne
NOTES lOl
notre texte, et qui ne présente aucun sens. Voy. accraventer, au Glossaire.
Nouv. XXXIX, p. 91, I. 2. — Au lieu de Hamiaii, que porte notre texte, nous avons mis Hainaut.
Nouv. XL, p. 100, 1. 18. — Au sujet de Hostellerie, voir ci-dessus, la note de la Nouvelle XXXII.
CINQUIÈME DIZAINE
Nouv. XLII, p. II, 1. I. — L'an cinquante dernier, l'an 1450. — L. 10. Coustrerie est ici pour custodie^ office d'un sacristain ou coustre dans une église.
— P. 14, 1. 4. — On appelait mois du pape les huit mois de l'année pendant lesquels le pape avait le droit de conférer des bénéfices en pays d'obédience.
— P. 16, I. 16. — Nous ne voyons pas trop quelle comparaison établir ici entre un homme gai et une mitaine (gros gant fourré) ; mais c'est évidemment une expression proverbiale. On pourrait donner au mot mitaine un sens plus logique; car mitana signifiait aussi une mesure de vin ou de sel, et une monnaie flamande.
Nouv. XLIV, p. 29, 1. 14. — Ces vingt francs sont vingt francs d'or, vingt pièces de la monnaie qu'on nommait franc à cheval, frappée sous Charles V et valant alors vingt sols ou un franc, en monnaie de compte ; ces vingt sols représentent seulement vingt livres ou francs au cours actuel, mais ils vaudraient aujourd'hui une somme plus forte, eu égard à l'augmentation de la valeur représentative de l'argent.
Nouv. XLV, p. 40, 1. 7. — Nous avions cru reconnaître dans le mot galioffe l'étymologie de gaillard et gouliafre, qui dérive du bas latin goliardus; mais, comme c'est un Italien qui parle, nous pensons que galioffe est une transformation burlesque de gallione, chapon.
Nouv. XLVII, p. 5i, 1. 9. — Montouer, ou montoir^ banquette de pierre placée à l'entrée de chaque maison, et qui servait de marchepied pour monter à cheval sans le secours de l'étrier.
Nouv. L, p. 69, 1. 5. — Pays de Lannois, les environs de Laon.
SIXIEME DIZAINE
Nouv. LUI, p. 21, 1. I. — Sainctt Goule, Sainte- Gudule, cathédrale de Bruxelles.
— P. 22, 1. 21. — L'anneau du moustier, c'est-àdire de l'église, semble indiquer que cet anneau était fourni par le prêtre pour la cérémonie nuptiale.
— P 27, 1. 2. — Allusion à l'amende honorable, où le condamné portait à la main une torche allumée, du poids de plusieurs livres.
— P. 28, 1. 6. — Monseigneur de Cambrai, l'évêque de Cambrai. Les procès conjugaux ressortissaient aux officialités ou cours d'Église.
Nouv. LV, p. 35, 1. I . — L'année du pardon de Rome, le grand jubilé de i $40.
— P. 38, 1. 23. — Par force d'armes, c'est-à-dire en faisant l'amour. Les vieux conteurs comparent sans cesse le jeu amoureux à une passe d'armes ou à un duel.
Nouv. LVII, p. 5o, 1. 18. — Ces belles chambres verrées, nattées et pavées, avaient des fenêtres de verre et un pavement de faïence émaillée, recouvert de nattes de paille ou paillassons, en guise de tapis. Les verrières ou fenêtres à vitres n'étaient pas encore communes dans les maisons des pauvres gens.
Nouv. LIX, p. 65^ 1. I. — Dieu mercy, et la vostre (mercy), grâce à Dieu et à vous. — L. 11. Recreans est sans doute ici pour recréas, fatigués.
— P. 71, 1. 7. — « Et pourtant nul, » etc., pourrait bien former deux vers, empruntés à quelque poésie du temps.
SEPTIÈME DIZAINE
Nouv. LXI, p. II, 1. 2. — La trainnée, expression figurée empruntée à la vénerie. C'est-à-dire : Je me suis mis depuis longtemps sur la trace des infidélités de ma femme.
Nouv. LXII, p. i3, 1. 8. — Le duc Charles d'Orléans, qui avait été fait prisonnier- à la bataille d'Azincourt, en 141 5, était retenu depuis vingt-cinq ans à Londres, et ne pouvait obtenir d'être mis à rançon II fallut que le duc et la duchesse de Bourgogne intervinssent auprès du gouvernement anglais, pour que la délivrance du prince d'Orléans devînt possible. Dans les conférences qui s'ouvrirent entre Calais et Gravelines, au mois de juillet 1440, le cardinal de Winchester^ chef du parti de la paix en Angleterre, accepta une rançon de deux cent mille écus d'or^ garantie par le Dauphin de France, le duc Philippe de Bourgogne, et tous les princes du sang, avec consentement du roi. Ce traité fut signé le 22 novembre
— - P. 20, 1. 10. — Le noble à la Rose d'Angleterre, ainsi nommé parce qu'il portait une rose qui est dans les armes de la maison d'York, était de l'or le plus fin, et valait cinq livres tournois, dont la valeur relative serait aujourd'hui de quatre-vingt-dix francs,
Nouv. LXIII, p. 29, 1. 3. — Monseigneur d'Estampes est-il Richard, fils puîné du duc de Bretagne, Jean V, à qui le roi Charles VII avait donné le comté d'Étampes^ ou bien Robert d'Estampes, conseiller et chambellan de Charles VII, maréchal et sénéchal de Bourbonnais? Ces deux personnages étaient morts avant l'année
1456, pendant laquelle on suppose que les Cent Nouvelles furent contées.
— P, 34, 1. 5. — Ung Dieu sur un asm n'est autre qu'une représentation figurée de Jésus entrant à Jérusalem, monté sur une ànesse, dix jours avant sa Passion.
Nouv. LXV, p. 49, 1. 24. — Les frères de Vordre sont probablement des confrères de la bouteille, membres d'une confrérie joyeuse et bachique, ou seulement de l'ordre des maris.
Nouv, LXVII, p. 59, 1. 3. — Les conseillers au Parlement portaient alors un chaperon fourré d'hermine.
Nouv. LXVIII, p. 67, 1. 2. — Le mynot était une mesure de capacité, contenant un pied cube.
Nouv, LXIX, p. 71, 1. 6. — Il s'agit ici de la bataille de Nicopolis, en 1395, où le roi de Hongrie, Sigismond, et Jean Sans peur, fils du duc de Bourgogne, furent complètement défaits par le sultan Bajazet I^"", contre lequel ils avaient formé une croisade avec l'aide de la chevalerie de toute la chrétienté.
HUITIÈME DIZAINE
Nouv. LXXI, p. 2, 1. 10. — Le fourrier délivrait des billets de logements, après avoir marqué à la craie ces logements, pour toutes les personnes qui faisaient partie de la maison du prince, lorsque ce prince était en voyage.
Nouv. LXXII, p. 9, 1. 22. — On appelait alors la salle, par excellence, celle qui servait aux réceptions et aux repas. C'était à la fois notre salle à manger et notre salon.
• — P. 10, 1. 20. — C'est-à-dire que la dame animait la conversation, pour qu'on n'entendît pas la toux de son amant.
NOTES Io5
— P. i3, 1. 9. — La trainnée veut dire ici ie fin mot de l'aventure; de quoi il en retournait. Le mot trainnée est employé ici dans le sens qu'on lui donne en langage de chasseur : fiente d'animal, trace de la bête.
Nouv. LXXIII, p. 20, 1, 10 et 11. — Il paraîtrait, d'après ce passage, que la couleur bleue était alors ce qu'est aujourd'hui la couleur jaune, l'emblème et la livrée des maris trompés; peut-être par rapport à la couleur du maquereau, qui avait donné son nom aux maris pourvoyeurs des débauches de leurs femmes.
Nouv. LXXIV, p. 25. — Le Boulenois est le comté de Boulogne.
Nouv. LXXV, p. 29. — Le règne de Charles VI, depuis l'assassinat du duc d'Orléans par Jean Sans peur, ne fut qu'une longue guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons, factions rivales, qui livrèrent aux Anglais le royaume et la couronne de France.
— P. 34, 1. 6. — Au son de la musette. Ce conte a certainement donné origine au proverbe populaire : « Il en souvient toujours à Robin de ses flûtes. » — L. 17. Le bouter jus, le jeter à bas de l'échelle, le pendre.
Nouv. LXXVI, p. 38, 1. 2 3, et p. suiv. — Domine, parce que les gens d'Église prenaient le titre de Corn, du latin Dominus.
Nouv, LXXVII, p. 44, 1. 14. — A Mortaigne, c'està-dire au cimetière : jeu de mots proverbial sur le nom de la ville de Mortagne, qui semble dérivé du mot mort et qui n'en vient pas [Moritania).
— P. 4^, 1. 7. — Faulte doit s'entendre ici d'un évanouissement.
Nouv. LXXVIII, p. 49, 1. i3. — Nous croyons qu'il faut lire biens vaillants; c'est-à-dire : Je ne m'étends pas sur tous les biens qu'elle avait amassés.
— P. 5i, 1. 6. — La bonne sepmaine est la semaine de Pâques.
Nouv. LXXIX, p. 5 5, 1. i3. — Quelque matière. On présentait toujours au médecin l'urine et les déjections du malade.
— P. 56j 1. 17. — La huée, c'est-à-dire le cri, l'invocation, l'appel ; c'est-à-dire qu'on avait recours à lui pour toute chose. On pourrait lire buée, dans le sens figuré de lessive, vapeur.
NEUVIÈME DIZAINE
Nouv. LXXXI, p. 5, dern. 1. — Basse nonne, environ trois heures et demie de l'après-midi ; après l'heure de none.
— P. 7, 1. 3. — Une heure ou deux de nuyt, c'està-dire sept ou huit heures du soir.
Nouv. LXXXV, p. 3o, I. 14. — Sans moyen signifie ici sans intermédiaire; c'est-à-dire que les deux maisons étaient contiguës. Voir le glossaire, au mot Moyen.
Nouv, LXXXVIII, p. 5o, 1. 11.— La porte dont il s'agit ici est celle de la ville, qu'on fermait à l'heure du couvre-feu, c'est-à-dire à sept ou huit heures du soir.
— P. 5i, 1. 7. — Expression proverbiale. Le Carême, avec ses jeûnes et ses pénitences, était un redoutable adversaire, qu'il eût été bien difficile de retrancher du calendrier.
DIXIÈME DIZAINE
Nouv. XCI, p. 4, 1. 3. — Quelques éditions portent : à tous lez, ce qui offre un sens satisfaisant : de tous côtés, en long et en large. Mais la première édition avec date met ici : à tous lotz, ce qui veut dire que cette femme
prenait du plaisir à bonne mesure, le lot étant une mesure de liquide qui représentait deux pintes.
— P. 5, 1. 9. — Ou pris, c'est-à-dire : au prix de vos menaces; au lieu de me faire un quarteron d'enfants. Les anciennes éditions mettent ou prinSy ce qui nous paraît une faute. — L. i3. Que l'on me tonde en croix, c'est-à-dire : je veux être rasée. C'était autrefois un déshonneur et une peine égale à la fustigation que d'être tondu, lorsque les longs cheveux caractérisaient, en France, la race noble et libre.
Nouv. XCII, p. 7,1. 5. — Dans ce temps-là, où chaque corps d'état se divisait en confréries, sous l'invocation de différents saints, on avait imaginé la confrérie de la Houlette pour les femmes galantes et débauchées. La houlette était le synonyme du Priape antique, et ce symbole devait servir de sceptre au houlier^ hullarius, qui fut peut-être un berger avant d'être un ribaud.
— P. 12, 1. 16. — Le roy de Bordelois est le roi des ribauds, qui avait la direction suprême des filles publiques et des bordeaux dans chaque ville où la prostitution était organisée légalement.
Nouv. XCIII, p. i5, 1. 14. — Parce qu'il avait de quoi faire un bon repas.
Nouv.XCIV,p. 19, 1. 2. - Le diocèse de Therouenne, ou plutôt Terouane, après la destruction de cette ville par Charles-Quint, en i 5 53, fut divisé en trois évéchés, celui de Boulogne, celui de Saint-Omer et celui d'Ypres. — L. i3. Les gens d'église, les docteurs, les magistrats, et en général tous les hommes graves et honorables, portaient la robe longue ; les habits courts étaient exclusivement réservés aux jeunes gens, et même aux mondains, qui, dit un vieux chroniqueur, ne se souciaient d'aller vêtus comme singes.
Nouv. XCVII, p. 3 5, 1 , 6 . — Jeu de mots sur le texte des Psaumes, où hebraeos fait équivoque avec ebrios (ivres). — L. II. C'est-à-dire : on nous arrachera les poils
Io8 NOTES
de la barbe. — L. i5. L'évangile de la Passion est d'une interminable longueur; voilà pourquoi le buveur le compare à la kyrielle de reproches qu'il s'attend à subir.
Nouv. XCVIII, p, 46, 1 9. — La qualification de plastrierSj donnée à des ribauds^ caractérise les vagabonds et les gens sans aveu qui se retiraient la nuit dans les fours à plâtre,
Nouv. XCIX, p. 56, 1. 2-3. — Cette phrase est obscure : veut-elle dire qu'ils imitèrent leur maître, ou bien qu'ils surent depuis à quoi s'en tenir sur son compte?
Nouv. C, p. 76, 1. 22. — Boulongne la Crasse est Bologne la Grasse.
— P. 89, 1. 22-24. — C'est-à-dire : cela ne la déconcerta point, et elle ne montra pas qu'elle fût moins déterminée.
— P 90, 1. 10. — Nous ne nous rendons pas compte de ce que peut signifier et moy aprins, qui se trouve dans toutes les éditions, à moins que ce ne soit une ellipse très-forte, pour dire : qui avez gardé et qui m'avez appris à garder.
Nota. Au commencement de chaque article, pour distinguer les expressions proverbiales des autres locutions, on les a imprimées en italiques au lieu de les mettre en petites capitales.
A (prép.), employé dans le sens de par, avec.
Abatre , dans le sens d'abattre la besogne , venir a bout de quelque chose,
Abayer. Mystifier (payer d'une baye].
Abréger (S'j. Se dépêcher.
Absolu, pour absous.
Absolution, pour solution.
Acerté, pour acertené. Assuré.
Acertener. Assurer, certifier.
Acertes. D'une manière certaine, précise. — Tout beau, bellement. Voy. Certes.
AccoiNT. Lié, conjoint, intime. Voy. Accointer.
Accointances. Compliments, politesses (sens spécial).
Accointer (ou s'accointer de). Faire connaissance; épouser. S'emploie aussi dans le sens de : se tourmenter.
AccRAVENTER. Assommer.
IIO GLOSSAIRE
AcHOPÉ. Saisi, arrêté.
AcoNSUYR. Rejoindre, suivre de près.
AcoucHER (S'). Se mettre au lit.
Admiracions. Exclamations.
Adnichiler. Annihiler, annuler.
Adosser. Chasser, secouer (sa faiblesse, en la mettant à dos, derrière soi).
Adouber. Affubler, revêtir, armer ; panser.
Adresse. Chemin, voie, moyen
Adressié , ou adrecié Orné , paré , pourvu — Bien adressé, bien élevé.
Adroicié, pour adressé,
Advancer (S'). Se dépêcher.
Advertance. Avis, avertissement.
Advisement. Voy. Advertance.
Affaictié, ou ajfaité. Bien appris, habile, rusé. — Préparé, arrangé. — Supposé.
Affiert (Ce qui). Ce qui convient, ce qu'il faut.
Affolure. Blessure^ foulure.
Affres. Frayeurs.
Affulër, pour affubler. Affaler et raffuler existent encore dans le patois du Nord.
Aggresser. Attaquer.
Agu. Aigu, malin, rusé.
Aguet (D'). En prêtant l'oreille.
Agyos. Actions de grâces, prières. C'est le mot grec francisé.
AheurtÉ (en une opinion). Obstiné, entêté.
AiNçois. Auparavant. — Mais.
AiST (M') Dieu. Dieu m'aide !
Alibis forains. Manières de détourner la question.
Aller de deux en trois. Faire languir.
Aller (En). // en est allé ainsi, la chose s'est ainsi passée.
Amatir (S'). Se flétrir, s'étioler.
Amender (v, a.). Acquérir. — Payer (comme une amende). — S'améliorer.
Ampler. Emplir.
Anuyt. Cette nuit.
Apertement. Ouvertement (lat. aperte).
Appareiller. Apprêter^ habiller.
Appati. Livré en pâture.
Appeau, pour appel.
Appert (En), Ouvertement, publiquement.
Appert (II). Il apparaît, il semble.
Appertises. Exercices d'agilité.
Appétit. Désir, caprice, fantaisie.
Apprestes, pour apprêts.
Approches [Faire des). Faire des avances.
Araisonner. Parler, entretenir.
Argent (A) sec. A argent comptant.
Arguer. Réfléchir, argumenter.
Assemblée, Assemblement. Entrevue, rendez-vous.
AssEURER les armes. Abandonner les armes.
Assiette [Servir] en lieu de cresson. Donner un bon plat au lieu de cresson, donner pleine satisfaction.
AssiMPLY. Stupéfait, hébété.
AssoTÉ (Être). Raffoler.
AssouvY. Accompli (en parlant de l'allure d'une personne).
A tant [ad tantunx). Ce qui est, cela, et rien de plus.
Atelée. Attelage.
Atourné. Arrangé, paré.
A-TOUT. Avec.
Attenter. Préparer.
Attrempé. Modéré, doux.
Attroter. Accourir en trottant.
Aubades. Agaceries.
Audience (Venir a). Venir aux oreilles.
Autant (D'). Beaucoup.
Aval. En bas, à l'entrée de.
Avaler. Couler, descendre en bas (employé aussi commue verbe actif).
Avaler sans mâcher. Prendre son parti galamment.
AvoYÉ de. En voie, en train de.
Baculer (lat. baculum). Bàtonner.
Baguée. Nippée, habillée.
Bagues. Biens, joyaux, meubles, nippes.
Baloichere. Balançoire.
Bancquiers. Housses, tapis de bancs.
Bandon [Avoir le) d'une chose. En avoir la conduite (le drapeau).
Baptiser quelqu'un. Faire un rapport sur lui, le représenter de telle façon.
Barbeier. Barbifier, raser.
Barguigner. Guigner de l'œil.
Barres [Prendre à ses). Prendre dans son camp, dans son logis (métaph. tirée du jeu de barres).
Basset (En). A voix basse.
Bastelé. Chargé de monde.
Baudement. Joyeusement.
Bausme [Dire). Dire monts et merveilles.
Bayée. Action d'attendre la bouche ouverte. — Payer la bayée^ en être pour ses frais.
Bayer. Épier, guetter, regarder.
Beau [Compter à son plus). Raconter en se donnant raison, se donner le beau rôle.
Beau [Ne par), ne par laid. Ni par prière, ni par menace.
Belles [Trouver en). Trouver en lieu propice; prendre sur le fait.
Bellevres (lèvres d'en bas, fausses lèvres). Terme d'architecture militaire.
Besoignes ou besoingnes. Affaires. — Hardes, effets.
Besoigner. Faire ses affaires.
Bienvenir. Donner la bienvenue. — De bien venir, par bonheur.
Blanc. Petite monnaie de billon qui valait 6 deniers.
Blasonner quelqu'un , ou blasonner ses armes. Lui dire son fait, le critiquer, le décrier.
Boces. Tumeurs, bubons.
Bonnes. Bonne humeur. — Se penser de bonnes, avoir une joyeuse idée.
Bont (Bailler le) à quelqu'un. Le supplanter.
Bouche [Porter bonne). Être discret.
Bougons (A). A l'envers.
BouHOT. Tuyau, conduit.
Bourdes. Gaietés, goguettes.
Bout [Mise sur le bon). Parée avec beaucoup de recherche.
Brassie. Embrassade.
Braves. Caleçons, chausses.
Brief, pour bref. Brevet, parchemin.
Brouet. Bouillon.
Brouilleries. Choses dissemblables et confuses.
Bruit. Réputation , renommée. — Avoir bruit , faire le sujet des conversations.
Bruyant. Réputé, triomphant.
BuFFE. Coup.
Bureau. Bure, grosse étoffe de laine grise.
Calenge. Débat judiciaire, — Calenger, contester.
Ça mon (ou c'est mon). En vérité !
Caigne. Chienne (de l'italien cagna).
Canet. Petit canard.
Capituler. Chapitrer.
Caresmeaux [Prendre ses). Faire son carême-prenant , ion
carnaval.
Castille. Bataille, assaut.
Cautelle. Ruse, finesse.
Celéement. Secrètement. Du latin celare, cacher. Certes (A). Pour tout de bon.
Chatte [Faire la) mouillée. Faire l'effrayée, la désolée. Chaloir. Soucier, importer : il me chault, il m'importe. Chambre (Aller en). Aller à la selle.
Charge. Affaire (dans le sens de : « c'est bien ma charge ») , Chascun en sa chascune. Chacun en sa maison, en sa
chambre ; chacun de son côté.
Chastoy. Châtiment, punition.
Cheval [Faire du mauvais). S'emporter, se cabrer.
iI4 GLOSSAIRE
Chevalet [Monter sur son), analogue de « monter sur ses grands chevaux ».
Chevance. Fortune, patrimoine; chance.
Chevir. Profiter de, jouir de, venir à bout (à chef).
Chicaneur. Procureur, huissier.
Chief (a), a la fin. Voir le mot Pièce. — Venir à chief, venir à bout.
Chiere. Mine, visage (de l'italien ciara).
Chrestienner. Baptiser,
Clamer. Déclarer.
Clerc. Savant : bon clerc.
Clergie. Doctrine, savoir.
CoLACioN (lat. collatio). Allocution, conférence.
CoLLiEGE. Assemblée, compagnie.
Combattre (Se). Se faire prier, se disputer.
Comme de guerre. Comme à la guerre.
Compaigner. Accompagner,
Comparer (lat. comparare). Payer, acheter, recueillir.
Competer. Regarder, concerner.
Conduire, Élever (un enfant).
Conclu. Affermi, décidé à.
CoNNiL (lat. cunicLilusj. Lapin.
Contremont. En haut, en l'air.
Convenant. Convention.
Conversacion (lat. conversatio). Conduite, genre de vie.
Converser (lat. conversari). Vivre avec; avoir commerce (avec un homme).
Convoyer. Accompagner, conduire.
CoQUART. Petit coq, coqueteur Veut dire aussi: mauvais coq (qui se laisse battre par les poules], nigaud.
Cornette. Chaperon, bonnet.
Cornetz. Les coins (d'une chambre).
Coulons. Pigeons.
Coulpe (lat. culpa) Faute. — Battre sa coulpe , reconnaître sa faute, en faisant son mea culpa.
Coupler. Saisir au corps.
Courtoisie (Faire la^ . Faire l'amour.
GLOSSAIRE 1 l5
CouRAiGE. Cœur (lat. cor). — Ce qu'on a sur le cœur.
Courir, pour faire courir (un cheval).
Cousin [En être le). Synon. de : en être le mauvais marchand.
Cousines (Noz). Filles de joie.
CousTRE, pour coudre.
Couverture (Par). Pour couvrir, cacher son jeu, pour dissimuler.
Ceux. Couard, cocu.
CoYEMENT. Silencieusement.
Crastine (lat. crastinus). Matinée.
Créez, pour croyez.
Crignons. Crins, épis de cheveux qui se dressent sur la tète ; au figuré : démangeaisons.
Cronique (adj.). Durable.
Cueur [N'apoir pas son] en sa chausse. Expression équivalant à : n'avoir pas sa langue dans sa poche.
CuiDER, ou cuyder. Penser; (subst. pensée.
Cuire Demander lieu de). Demander son tour.
Culleter la selle. Être à cheval, chevaucher.
Cy prins cy mis. Tant bien que mal, tout aussitôt.
Damp, pour dom. Seigneur, sire.
Danger (A). A grand risque.
D'avantaige. Par bonheur, à propos.
Déduit. Plaisir.
Deffaict (ou desfaict). Perdu, compromis.
Deffaulte. Faute, défaite, manquement.
Deffermer. Ouvrir.
Deffubler, Décoiffer.
Deliz, delitz. Plaisir.
Demaine (subst. fém.). Manière, menée.
Demander [Sans) qui l'a perdu ne gaigné, sans aucune
explication, sans autre préliminaire.
Démené (Le). Ce qui s'est passé, le manège. Dementer (Se;. Se lamenter.
Demeure. Retard.
Ilb GLOSSAIRE
Demeurer à. Tenir à. — Il ne demeure pas à mon pour-
chaz, il ne tient pas à mes démarches. Demourée. Retard. Voy. Demeure.
Demy lict. Compagnon ou compagne de lit. Départir (Se). S'en aller.
Déporter (Se). S'abstenir, se garder de. Derrain^ pour dernier.
Desarmer (Se) de quelqu'un. S'en débarrasser. — Désarmé, dégarni, dépouillé.
Desatourner (Se), en parlant d'une femme. Se décoiffer. Desceu (Au), a l'insu.
Descombrer. Débarrasser. — Descombrer /a jj/c!ce, quitter
la place, mourir.
Descouchier. Se lever^ sortir du lit. — Descouchié, levé,
sur pieds.
Descouvrir la viande. Ne rien laisser sur les os. Descroitre (v. a.). Oter, retrancher. Deshaité (sans hait). Sans joie, chagrin, souffreteux.
Voir le mot Hait.
Deshousé. Débotté.
Desmarchier, pour démarquer. — En desmarcher, en
démordre.
Desmouvoir. Rassurer, tranquilliser.
Desobligé. Dégagé.
DtsPAREiLLÉ. Inégal.
Despendre. Dépenser.
DtSPESCHER. Débarrasser de.
Desplaisant. Chagrin, fâché.
Desroy. Désarroi, désordre.
Desroyé. Désordonné, capricieux.
Desserrer. Ouvrir.
Desservir. Mériter. — Payer un service rendu. Destourbier (lat. disturbare). Donner de l'embarras,
troubler, détourner, empêcher. — Destourbier 'subst. .
Trouble, embarras, échec.
Destresseux. Désastreux.
Destroit. Passage étroit, défilé.
Destruict (syn. de desfaict). Perdu, déshonoré.
Deul (Je), du verbe douloir. Je m'afflige.
Dévaler (v. a.). Descendre, jeter.
Devant (Dieu). Avec l'aide ou la permission de Dieu.
Devis, devises. Entretiens.
Devise (A ma). A ma volonté.
Deviser (Se). S'entretenir.
Différence, pour différend.
Diffigurance. Difformité,
DiLACiON (lat. dilatio). Délai, retard,
Discrecions. Vertus.
DisETEUx. Nécessiteux.
DiSME, venant de décimas ou de décima, était masc,
ou fém.
DisNÉ (Être bien). Avoir un bon dîner.
Divers. Fantasque, capricieux.
DoiNT, pour donne (au subjonctif).
Dormeveille {Faire la). Faire semblant de dormir. DouBTE (masc. et fém.). Crainte.
Doubter. Craindre.
Douloir (Se). S'affliger, se lamenter.
DoYEZ, pour deviez.
Drapeaux. Linge, chemise, jupon et cotte. Droict. Vrai, véritable.
Droit au coup. Tout aussitôt.
DuiRE. Convenir à. — (V. a.) Dresser.
Duyt à. Propre à, dressé.
Eclipse. Éclair.
Efforcer. Violenter, violer.
Effréement. Avec effroi.
Embesoigné. Affairé, préoccupé,
Embrunché (terme de charpenterie). Enchevêtré.
Emmy. Parmi.
Empapiné. Embarbouillé. Papin est synonyme de bouillie.
Empare É (Bien). Bien élevé.
Empenné. Fourré (pannes ou pennes, fourrures) .
Empesché. Occupé de.
Empescher le lieu. Être importun.
Emprendre, Entreprendre, accepter.
Emprinse. Entreprise.
Enchacier Chasser, expulser.
Encharger. Prendre, porter.
Enchartrer. Mettre en chartre, en prison.
Encompter. Tenir compte, prendre garde.
Enfardelé. Entortillé, empaqueté.
Engaigne. Inquiétude.
Engin. Artifice, invention, esprit, Imaginative (lat. inge-
niam). — Mal engin. Do\, tromperie.
Engranger. Recueillir (mettre en grange). Engreiger. Aggraver.
Enhort (lat. inhortatio). Exhortation.
Enjuger, Donner idée, inspirer.
Ens. En dedans.
Entaché. Épris de.
Entente. Attention.
Entiereté. Intégrité.
Entretant que. Tandis que.
Entretemps. Cependant, en ce temps-là.
Entreten anges. Intelligences.
Envis (lat. invitas]. A regret, malgré soi. Erres. Voies, moyens.
Esbat, esbatement. Partie de plaisir, jeux. — Aller à
l'esbat, aller à la promenade.
Eschauffer la cire. Expression faisant allusion à la charge
du chauffe-cire en chancellerie, et qui équivaut à notre
locution proverbiale moderne de tenir la chandelle. EscHEVER. Esquiver, éviter.
EscoLER. Endoctriner.
EscoNDiT. Refusé.
EscouRRE. Secouer (lat. excutere).
EscRiER. Ébruiter, publier.
Esguillette [Courir V). Même sens que courir le guilledou. Esloingner, pour s'éloigner.
EsLONGiER. Éloigner; (subst.) éloignement.
EsMAY, émoi, émotion.
EsMAYER. Émouvoir.
Espanter(S'J. S'effarer, perdre haleine et contenance. N'est
pas une contraction de s'espouvanter.
Espérer, employé dans le sens de craindre. Esperon [Fait à L') et à la lance. Souple et docile. EsPiE. Espion.
EsRACHER. Arracher.
EsTABLE, pour stable.
Estaindre le feu chez quelqu'un. Aller chez lui à l'heure
du couvre-feu.
Estant (lat. stare). Qui s'arrête, qui ne marche pas. Estât (En). Avec une suite, un grand train. Estes (C) vous, pour c'est vous.
Estouppes (Avoir des) en sa quenouille. Avoir des ressources
dans l'esprit. — Cette locution signifie encore : être
dans une position embarrassée.
EsTRAiN lat. stramen). Paille.
Estrange, pour étranger.
EsTRE DE : « Il n'est pas d'abatre », ce n'est pas le moyen
d'abattre. — Estre [En]. « Si elle en eust esté », s'il
avait dépendu d'elle. Estre (subst.). Apparence extérieure.
EsTRiF. Débat, contestation.
ExsoiNE. Empêchement, excuse.
Faillir (quelqu'un). Le manquer.
Failli. Fini, terminé (qui vient à manquer). Faim. Besoin, nécessité.
Famé (lat. fama). Renommée, bruit public. Farser (Se). Se moquer.
Feindre (Se) de. Se cacher de, — S'y feindre , s'en priver, s'en faire faute.
Fermer, se fermer. Affermir, s'affermir.
Ferrer [Se laisser). Céder, se soumettre. Féru (part, passé de ferir). Frappé, épris.
Feu [Avoir le). Être dans l'embarras.
FiENS. Paille.
FiERT iIl), du verbe ferir, frapper.
FiNER. Venir à bout de, trouver. — Fine, fini.
Flappi. Flétri, fané.
FoRCLORRE. Exclure, mettre dehors.
FoRGiER. Styler, préparer quelqu'un.
Fort. Difficile.
Fort (Au). Enfin,
Frisque (adj.). Gaillard^ galant.
Froye (masc). Frottis, traces d'un frottement i^subst. de
froyer. frotter).
Fumer (Se:. Se rembrunir.
Fumeux. En colère", irrité.
Furon. Furet; employé au figuré dans un sens libre.
Gaige. Pari, gageure. — Rendre gaige de, payer.
Galée. Au propre, galère. Au fig., réunion, compagnie.
Galoz 'Les grands). A grand'hâte.
Gasté. Déshonoré.
Gaudisseur Ami de la joie.
Gesir. Coucher, être couché.
Geu (part, passé de gesir). Accouché.
Glatir, terme de la chasse à la pipée, où le chasseur
glatit avec un appeau.
GoGUES (En). En goguette, en train de rire. GoRGiAS (subst. masc). Galant, muguet.
Gouge. Femme débauchée. On dit encore au masculin
goujat.
Gourmander. Manger en gourmand.
Gouvernement. Conduite.
Grain (avec la partie, négative). Nullement : il n'est
grain honneste.
Gramment, pour grandement.
Guerdonner. Récompenser. De guerdon, récompense. Guet, guetteur. — Guettes, espionnes, surveillantes. Guet (Devoir) à une chose. Avoir intérêt à la garder.
Gueule bée. Futaille défoncée par un bout. Au fig : carrefour.
Hait (De). De bon cœur, de bonne humeur. On dit aussi de bon hait.
Halle (Tenir) de. Marchander.
Hamel, pour Hameau.
Hantise. Fréquentation.
Harier. Heurter, comme un bélier (ar/es).
Harnois. Armures, armes.
Hayoit, pour haïssait.
Haubergeon. Cotte de maille.
Haytié. Allègre, délibéré.
Hemy {Hé! moy !). Exclamation usitée parles femmes.
Heur (De son). Par bonheur pour lui.
Heure [Entendre quelle) il est. Comprendre de quoi il s'agit.
Hoc {Attraper un). Remporter un avantage. Hoc, dans certains jeux de cartes, désignait les cartes gagnantes.
Hoder (Se). Se fatiguer. — Hodé, fatigué, las.
Hongnart. Grondeur, hogneur.
Honny (Mal). Mal arrangé.
Hostillé, pour outillé.
HouCHiÉ, pour housse. Couvert.
Houlette [Être de la). Être membru et poilu, comme un berger.
Houlier. Ribaud, paillard.
Hourder. Bâtir. — Escharsement hourdé (langage des maçons), pauvrement bâti. — Bourrer, garnir, charger.
HousÉ (qui a ses houseaux). Botté.
Housser. Vêtir, habiller.
Hucher. Appeler à voix haute, sommer, inviter.
Humeau. Bouillon.
Humer. Faire du bouillon.
HuTiN. Dépit, colère.
HuY. Aujourd'hui.
Hyngner, pour hongner. Braire.
Il (devant un verbe), synonyme de cela.
Illec. En ce lieu,, là.
Impourveu. Dépourvu.
Impetrer, Obtenir.
Induce flat. inducia, trêve). Loisir, délai.
Inquisicion. Recherche, étude, lecture.
Introduire. Initier, instruire.
Issir, ou yssir. Sortir.
Ja çoit (ou jaçoit) que. Quoique.
Jadis (L'aultre). Naguères.
Jamais (Ung). A perpétuité.
Joignant de. A côté, auprès.
Journée. Ajournement.
Jus. A bas, — Saillir jus , sauter à bas. — Getter, ruer
jus, jeter bas, ôter vivement.
Justice. Fourches patibulaires.
Labourer, Travailler.
Laboureur. Travailleur,
Langaigier. Orateur.
Leans. Ici, en ce lieu, à l'intérieur.
Legier (De). Légèrement, de peu; facilement.
Legierement. Volontiers.
Lettres (Unes), pour une lettre, au sing. C'est un reste du
latin litterx, synon, de epistola.
Lez. Côté.
Longue [La faire trop). Abuser de la permission. Los (lat. laus). Bonne renommée.
Loudier ou lourdier. Fainéant, libertin.
Loyer. Prix alloué, récompense.
Luyte, pour luie. Enduit, ciment, pour luter un vase. —
A la tierce foys va la luyte, proverbe qui veut dire
qu'un vase a besoin d'être luté trois fois pour être bien
bouché.
Lye, lyé. Gai, joyeux, Lyement. Joyeusement.
Magistraux. Maîtres es arts, professeurs.
Maignie. Ménage, famille.
Main (De) mise. Par voies de fait.
Mais (lat. magis). Davantage. — N'en pouvoir mais, n'y
rien pouvoir. — N'avoir mais que, n'avoir plus que. Mais que. Autant que, ainsi que; pourvu que. Maistre. Médecin.
Mal repos. Mauvais lieu.
Mal (De) venir. Par malheur.
Mâle (A) faulte. Maudite soit la faute. Marbre (Une). Une tombe de marbre. Dans le Nord,
une marbre est une bille (à jouer), supposée en marbre. Marchant. Propice.
Marches. Frontières, pays.
Mathe (ou matte] chiere. Air troublé, égaré. Mautalant, maltalent. Méchanceté, mauvais vouloir,
ressentiment.
Mauvaistié. Méchanceté.
Menu (adv.). A petits coups, coup sur coup. Merche (dial. flamand). Marque.
Merveilleux. Malicieux, méchant.
Meschance. Méchanceté.
Mescheoir. Mésadvenir.
Meschief. Mal, incommodité, accident; péché, faute. Meschine. Servante. — Meschinette, petite servante. Mescroire. Soupçonner, accuser.
Meshuy. Aujourd'hui, maintenant, désormais. Mesmement. Spécialement, surtout. — Mesmement que,
d'autant plus que.
Mesnagier. Homme de ménage, mari.
Mesnaiger. Vaquer aux soins du ménage.
Mestier. Besoin.
Mestrier. Connaître, trouver.
Mesvenir. Mal tourner, aller à mal.
Metes ou mectes (lat. meta). Frontières. Meu (Mal). Mal disposé, mal intentionné. Mieux (Au) venir. En attendant mieux.
MoMMERiE. Mascarade.
MoMMEUR. Masque, bateleur.
MoNCELET. Rainas.
MoNSTiER, ou moustier Mat. monasterium' . Couvent, monastère.
Monstre. Revue des gens de guerre).
Monstre (Faire). Faire du bruit.
Mot. Motus, silence.
MoLRNE, pour morne.
Moyen. Intermédiaire homme ou chose) ; entremetteur.
MucYER, pour masser. Cacher.
Muer. Changer.
Muser (terme de vénerie). Avoir la tète basse (comme les cerfs en rut;.
Musser. Cacher.
Mut (lat, mutus"^. Muer.
MuTHEMATHE (ital. mutamattio). Révolte.
Muthematherie (ital. mutamateriaj. Mutinerie.
Mynot. Mesure de capacité, contenant un pied cube.
Naiger. Naviguer,
Nave lat. navis). Navire.
Navrer. Entailler, blesser.
Ne, pour ni.
Néanteté. Bassesse.
NiQUET. Monnaie de billon, valant deux deniers tournois, — Pas un niquet, pas le moins du monde.
Noise. Querelle, débat; bruit de paroles; bruit fâcheux, nuisible.
NoisEux. Querelleur, entreprenant.
Non'chaloir. Négligence, insouciance.
Non pourtant. Néanmoins.
Notaire. Témoin (parce qu'il prend note). — Secrétaire.
NozAMYS. Benêt. Vient sans doute de ce qu'on qualifiait de nosamis les gens qu'on regardait comme des sots, par opposition à nosseigneurs, qui se disait des personnes à qui on devait le respect.
Occasion (A petite). Inopportunément, sans grande chance
de réussir.
Œuvre laisser. Être paresseux.
Offrande [Aller devant à). Prendre les devants sur un
autre, lui être préféré.
Oignement. Onguent.
Oignon [Bailler de l'j à quelqu'un. Se jouer de lui. Once [Il y a bien à dire). Il s'en faut de beaucoup, de
plus d'une once.
Onques mais. Jamais.
Ord. Sale, vilain, honteux.
Ordoyer. Salir, déshonorer.
Orphenin de orphanus), pour orphelin.
Orrai (du verbe oui'r). J'entendrai, OuLTRAiGE (Il n'y A RIENS d'). Il n'y a pas d'excès, il n'y a
pas d'abus.
OuLTRÉ. Plein comme une outre.
Ouvrer. Travailler.
Oysance. Oisiveté, Oz, pour oys, de ouyr. J'entends.
Paillard (adj.). Plein de paille, de fumier.
Pain [Tenir à] et à pot. Entretenir, héberger.
Panser ou pancer. Traiter, héberger,
Pareondir. Faire rebondir, faire reculer d'un bond.
Parcevoir, pour apercevoir.
Parement (Chambre de). Salle d'honneur, saile de réception.
Parfond, pour profond.
Parfournir. Parfaire, compléter.
Parlement. Entretien, échange de paroles. — Tenir parlement, causer, deviser.
Parmentier, Ouvrier qui fait des parements, couturier, tailleur.
Partir (v. act.). Partager, donner en partage, nantir.
Passer (Se). Se contenter de.
Passionner. Souffrir, tourmenter.
I2b GLOSSAIRE
Paste [Porter la) au four. Avoir toute la peine; ressentir
une grande douleur.
Peleterie {Estre en). Être mystifié (à cause des peaux de bétes dont on se couvrait pour se déguiser en temps de carnaval).
Pennes (bas lat. pannus et panna). Fourrures. Penser, Voy. Panser.
Peraffoler. Rendre fou.
Pert, pour appert. Paraît.
Petit (A^ que. Peu s'en faut que.
Petit (Un). Un peu. Peu (a), a peine. — A peu que^ peu s'en faut que, à
mesure que.
Physicien. Médecin.
PiCQUER. Partir. — S'en picquer, s'enfuir (comme un
cheval qui sent l'éperon).
PiEÇA (De). Depuis longtemps, déjà.
Pièce. Temps, portion de temps, — A chief de pièce, enfin, bientôt après. Selon une observation ingénieuse, à chief de pièce pourrait bien faire allusion au chef^ à l'extrémité d'une pièce de drap. Les anciennes éditions portent à chief de pechié, ce qui n'a pas de sens. — A petit de pièce, en peu de temps.
Piteable. Charitable, humain.
Plain 'De) sault. Tout d'abord.
Planette. Instrument de chirurgie.
Pleiger, ou pleger. Se porter garant; tenir tête, faire
raison.
Ploy, pour pli.
Point (Au). Au moment même. — Tout au point, tout
juste, à peine.
PoisT ou poinct [\3it. punctus]. Piqué, tourmenté. Poise, pour pèse.
Poisson [Il revint à tout ce qu'il avoit de). Il revint désappointé, Potaige [Chaulde sur le). Chaude en amour. Potence. Béquille.
Pour, employé dans ce sens : jusqu'à, au point de.
Fourchas. Poursuite, démarche.
Pourchasser, ou pourchacer. Poursuivre, préparer, machiner.
PouRSUY, pour poursuivi.
PouRVEANCE. Provision.
PouRVEoiR une chose. En faire provision.
Premier, au premier. D'abord, auparavant.
Premise. Exorde, préambule.
Prensist, pour prît.
Présent (En) meffait. En flagrant délit.
Preu, pour prou. Profit, bien.
Prime face (De). De prime abord.
Prinsaut (Dei, pour de prime saut. Tout d'abord.
Privé de. Familier avec.
Procès. Questions, discussion, conversation. — Consultation. — Faire grant procès en son couraige , se bien consulter à part soi.
Procurer pour quelqu'un). Plaider.
Profondesse. Profondeur.
Propos (Au). A ce propos.
Prouchain (Un). Un voisin.
PuBLiQUER. Publier, rendre public.
QuANTS, QUANTEs. Combien de.
Querelle. Cause : bonne querelle.
QuERRE, pour quérir (lat. quaerere). Chercher.
QuiBus. Argent.
Qyis (part, passé de quérir). Cherché.
Rachasser (terme de chasse". Rabattre, traquer. Radressier. Renvoyer à.
Raies, pour rais. Rayons.
Raise, pour rase, rasée.
Ramentevoir. Rappeler, remémorer.
Ramon. Balai de bouleau.
Ramonné, Préparé, propre.
Rancouler, pour roucouler.
Rasier. Mesure de blé.
Râtelée. Narration. — Faire la râtelée, mener joyeuse vie.
Raudir. Rôder,
Ravoir [r'aj-o/r] (Se). S'empêcher de.
Rebours a. Rétif à; rebourse, au féminin.
Rebouter. Rebuter, repousser; distraire, détourner
Rechassé des meures. Expression proverbiale qui signifie
sans doute : repoussé comme par les épines d'une haie
où l'on veut cueillir des mures.
Recipe. Ordonnance, à cause du mot latin Recipe (prends)
par lequel commençaient toutes les prescriptions de la
Faculté.
Reclure. Éloigner, empêcher de.
Reconscé (lat. reconditus). Caché.
Records (Estre). Se souvenir.
Recraint. Méprisable, débauché; poltron.
Recréant, pour recreu. Voy. ce mot.
Recreu. Fatigué, faible.
Recueil. Accueil. Refaict. Dodu, grassouillet.
Refrigné, pour renfrogné.
Regard (Avoir). Avoir égard.
Reherse. Retour, revirement.
Relief (De). De reste.
Remanant (Le). Le reste (lat. remanens). Renchoir. Retomber.
Rengreger. Aggraver, augmenter.
Repairer. Habiter.
Repaistre. Prendre un repas.
Repasser. Revenir en santé.
Rescourre. Secourir.
Resserrer (lat. reserare). Fermer (une porte), Retenance. Hospitalité, résidence.
Retollir (lat. retollere). Reprendre.
Retraict, aicte. Retiré.
Retraire quelqu'un. Le reprendre.
Retrait. Privé, garde-robe.
Riens (lat. res). Chose, quelque chose.
Rigoler. Railler plaisamment.
RoBER. Dérober.
Rompeure, pour rupture.
RoNCiNER (v. a.). Chevaucher ;au figuré).
RoNGiÉ. Plumé, dépouillé, ruiné.
RouL (le). La rouille.
Roule, pour rôle, roulement : à tour de roule.
Route. Compagnie. Du bas latin rupta.
Sacher, ou sacquer, dégainer.
Saichant. Ayant du savoir-vivre. Voy. Scient.
Saillir. Sortir.
Saner (lat. sanare). Soigner, guérir.
Sault (II) , du verbe saillir, s'élancer.
Saulx. Saule.
Scient. Bien appris, sachant vivre. Voy. Saichant.
Se, pour si : ainsi écrit pour distinguer la conjonction de
l'adverbe , qu'on employait dans le sens de ainsi ,
aussi, etc.
Seclus. Exclus.
Secret de l'escole. Secret qu'on doit garder. Secrétaire. Confident.
Seigner (Se). Se signer, faire un signe de croix. Semblant (Muer). Changer de visage.
Semonce. Invitation.
Semondre. Inviter.
Senglantir, ou plutôt singlutir[\3it. singultire). Sangloter. Séquestre (Main). Main tierce.
Serrement. Étroitement.
Serrer. Fermer (une porte). De là serrure. Voy. Resserrer. Serviteur. Apprenti, ouvrier compagnon.
Si. Ainsi, aussi.
Si (subst.). Condition. — Par tel si, à cette condition. Siècle (L'aultre). L'autre vie.
i:50 GLOSSAIRE '
Simple. Sot, stupéfait, étonné.
SoiNG. Souci, inquiétude.
Sonnet. Pet bruyant,
SouEF, pour souefpement. Doucement.
SouEFVEMENT. Doucement.
SouLAS (lat. solatium\ Consolation, reconfort,
SouLDRE. Résoudre.
SouLER (lat. solere). Avoir coutume.
Sourdre (lat. surgere). Sortir, comme l'eau sort de terre ;
naître. — Se sourdre, se lever.
SoYoïT, pour sciait. Coupait, Subit, pour subitement.
SuBTiLER, pour subtiliser. Imaginer, s'ingénier. Sus (En). Au delà de.
Sus (Mettre). Imputer à quelqu'un. — Mettre en avant,
envoyer; représenter, exposer.
Susciter. Chasser.
SuYR, pour suivre.
Tabourement. Tambourinage, vacarme.
Taille [Lourd en la). Qiii a l'esprit épais et difficile à dégrossir.
Tant (Ne) ne quant. Tant et plus.
Tasseau. Pièce carrée (dans un vêtement).
Taye (du lat. atava\ Aïeule.
Tençon. Réprimande, querelle.
Tendre. Léger (en parlant d'un vêtement).
Tenser a. Converser avec.
Tenus, pour tenues. Fiefs, biens seigneuriaux.
Terrien. Terrestre.
Tiquet, Insecte qui s'attache à la peau des chiens et des chevaux, pour vivre à leurs dépens.
Tirer pays. S'enfuir.
Tirer (Ne) qu'à une. N'avoir qu'un seul but.
ToLLiR (lat. tollere). Enlever.
Torcher. Réprimander, gronder.
TouLT, pour tollit; de tollir, enlever.
GLOSSAIRE l3l
TouTESvoiES, pour toutefois.
Traille. Treillis de fenêtre, jalousie; grille de cellule.
Traire (Se) arrière. Se retirer.
Trait (À). D'un seul trait, tout d'un coup.
Travail. Fatigue.
Travailler. Fatiguer, tourmenter, presser.
Treille. Voy. Traille.
Trespasser. Outrepasser, enfreindre.
Trestout en haste. Tout à l'heure.
Treuve. Trouvaille.
Trille. Voy. Traille.
Tromper (Se). Se jouer de.
Trousser. Emporter avec soi.
Unes (D') et d'aultres. En parlant de choses et d'autres. Ung aultre. Une autre chose.
Vague. Vagabond.
Vaillable. Capable, propre à.
Va-luy-dire (subst.). Messager (d'amour).
Varier la entour. Aller et venir aux environs.
Vaulsist, pour valût.
Vêla, pour poilà.
Verge. Anneau. Du latin v/rgo, parce que c'était l'anneau que le fiancé donnait à sa fiancée.
Vesprée. Soir.
ViAiRE. Visage.
Viander. Manger.
ViLLENER. Accabler de vilenies, injurier.
Vin [Donner bon). Bien récompenser, payer généreusement.
Vinsist, pour vînt.
Vireton. Bâton qu'on lance à l'eau, en le faisant tournoyer en l'air, pour qu'un chien le rapporte.
ViTAiLLES, pour victuailles.
Voise, pour aille.
VoLER. Chasser au vol, à l'oiseau.
l32 GLOSSAIRE
VoYAGiER. Voyageur. VuiDER. Sortir de.
Ydoine (lat. idoneus). Propre, convenable.
Ydole (^Contrefaire l'). Se faire prier; ou : avoir l'air superbe; ou : jouer la comédie.
Ymaginacion. Soupçon, pressentiment.
Ypocras, pour Hippocrate.
YssiR (v. a ). Enfreindre (sortir de).
YvAiRE. Visage (sans doute pour ivoire, par allusion à la blancheur ou au poli de l'ivoire).