‹ Les dix dizaines des Cent nouvelles nouvelles (volume 2)Chapitre 28 sur 30 · PREMIERE DIZAINE · texte numérisé non relu

PREMIERE DIZAINE

Nouvelle II, page 49, ligne 16. — De cestes tout seul ne se comprend pas; il faut lire : de ceste cause.

Nouv. IV. — Le roy est Charles VII. Ce fut lui qui créa la compagnie des gardes écossaise, composée d'abord des hommes que les grands seigneurs d'Ecosse lui avaient amenés de leur pays pour combattre les Anglais.

Nouv. V, p. 73. — Depuis le recouvrement de la Guyenne, en 1453, la guerre contre les Anglais avait réellement cessé ; ceux-ci ne possédaient plus qu'une seule ville française, Calais, mais ils ne renonçaient pas encore à leurs prétentions sur le royaume qu'ils avaient presque conquis naguère, et le roi d'Angleterre continuait à prendre le titre de roi de France. On pouvait donc s'attendre à voir d'un jour à l'autre recommencer les hostilités.

Nouv. VII, p. 89, 1. 4. — Nous avons écrit d'Envers pour nous conformer au texte de la première édition avec date, que nous reproduisons. Mais il n'est pas probable qu'un orfèvre de Paris ait songé à la foire d'Anvers, en Hollande. Il s'agit certainement de la foire à'Auvers, emprès Pontoise (à six kilomètres de cette ville), d'autant mieux que cette foire était la continuation de la célèbre foire du Landit, qui se tenait dans la plaine Saint-Denis le premier lundi après la Saint-Barnabe. — L. I 2. On fermait les portes de la ville, après le couvrefeu sonné, à six heures du soir en hiver, et à huit en été.

— P. 90, 1. i3. — Le grand Chàtelet était la prison de la ville ; le chevalier du guet y envoyait les vagabonds arrêtés la nuit dans les rues de Paris.

DEUXIEME DIZAINE

Nouv. XIII, p. 14^ 1. 20-21. — Malebouche, ou la médisance, et Dangier, ou la jalousie, sont des personnages du Roman de la Rose.

— P. 16, avant-dernière ligne. — Nous avons imprimé reboute, conformément à notre texte, au lieu de déboute, qui est le véritable mot.

Nouv. XV, p. 3 5. — On appelait moines blancs les Chartreux, qui sont entièrement vêtus de blanc, et quelquefois aussi les Dominicains, qui portent une robe de laine blanche avec un scapulaire noir par-dessus.

Nouv. XVI, p. 41. — Le trespuissant duc de Bourgoigne doit être Philippe le Bon , deuxième du nom , père de Jean Sans peur. Philippe, quatrième fils du roi Jean, avait épousé Marguerite, fille de Louis de Maie, comte de Flandre ; il devint duc de Bourgogne et comte d'Artois après la mort de ce dernier, en 1 384.

— P. 42, 1. 4. — Il s'agit sans doute ici de la croisade de Jean Sans peur, contre les Turcs, à la fin du quatorzième siècle. Le narrateur confond ici la Prusse avec la Hongrie, où les seigneurs bourguignons allèrent combattre contre le sultan Bajazet. Cette expédition chevaleresque, qui eut une fatale issue à la bataille de Nicopolis, en 1396, est admirablement racontée par Froissarl.

Nouv. XX, p. 73. — Ce pays de Mal-Engin, c'est-àdire de la malice, du mauvais esprit, serait-il la Picardie ou la Lorraine?

— P. 77, 1. 18. Les éditions modernes mettent gai-

gnée : ce qui pourrait signifier dépucelée. Mais nous avons laissé gaignie, qui doit venir de gaine, qu'on écrivait gaigne, étui, fourreau.

TROISIEME DIZAINE

Nouv. XXII, p. i3. — Monseigneur est Philippe le Bon, duc de Bourgogne, ou bien son fils, Charles le Téméraire, qui fut un des conteurs de la cour de Genappe.

Nouv. XXIII, p. 21,1. 9. — Ma damoiselle est là pour : madame. Les bourgeoises mariées ne recevaient jamais la qualification de madame, qui appartenait aux femmes nobles, mais seulement celle de madamoi&elle . Cet usage a continué jusqu'à la fin du règne de Louis XIV, comme on le voit par la Satire du chevalier de Nisart, sur les femmes bourgeoises qui se font appeler Madame (^La Haye, 17 i 2, in-8].

Nouv. XXIV, p. 2 5. — Le beau conte : Valeran de Luxembourg, troisième du nom^ comte de Saint-Pol ou Saint-Paul, connétable de France, un des plus célèbres partisans du duc de Bourgogne, Jean Sans peur. Il mourut en 141 5. — Vrelenchem : aujourd'hui Verlinghem, à six kilomètres de Lille.

— P. 27,1. 8 et 9. — La fin de cette phrase est absolument incompréhensible et doit être altérée.

Nouv. XXVI, p. 45, I. 9 et 10. — Nous pensons qu'il faut lire saillit, au lieu de faillit, pour donner à la phrase un sens, qui serait : « Espérant se retrouver un jour dans des circonstances plus heureuses ; » ou bien : (c Espérant qu'un jour ou l'autre les choses auraient une heureuse issue. »

— P. 49, dern. 1. — Varengeville est un bourg de Lorraine, sur la Meurthe, à deux lieues de Nancy. Les

reliques de saint Nicolas, évêque de Mire, y attiraient de nombreux pèlerins qui venaient de tous côtés accomplir un vœu et apporter une offrande.

— P. 5i^ 1. i''^. — Cette expression mon oncle le bastard n'a rien d'injurieux. Il y avait, dans toutes les maisons nobles, des bâtards, qui se qualifiaient ainsi et dont la naissance illégitime n'était alors ni un scandale ni une honte, puisqu'ils portaient la barre de la bâtardise sur l'écusson de leurs armes de famille.

— P. 52, l. 6. — La retenance, c'est la permission de rester à \'ho$tel du seigneur de Bar. Il était d'usage alors de s'arrêter, en voyageant, dans les châteaux des seigneurs oti l'on donnait l'hospitalité à tous ceux qui la demandaient. Cette hospitalité devenait une splendide réception, quand le nouveau venu se faisait connaître pour un gentilhomme de bon lieu.

— P. 56, l. 17. — Le déduit des oyseaux est la chasse au vol, la fauconnerie. — L. 21. Volières doit être une faute pour voleries, chasses au vol.

— P. 59, l. 6. — Le conseil de Ovide, c'est le conseil qu'Ovide donne aux amants, dans son poëme : Remedium amoris, pour se guérir d'un amour dédaigné.

Nouv. XXVII, p. 68, 1. 9. — Dangier est toujours le personnage allégorique du Roman de la Rose^ ce vilain jaloux qui n'a pas d'autre affaire que de nuire aux dames, en leur tendant des pièges et en les faisant tomber dans de mauvais pas.

— P. 72, 1. 4. — Estroit conseil : Conseil privé, secret. Ce sont ces femmes, ces confidentes intimes, que l'on nommait belles cousines; de là, le surnom de l'héroïne du roman ou de l'Histoire du petit Jehan de Saintré.

Nouv. XXVIII, p. 79, 1. 6. — les nobles hommes mal fortunez. C'est le traité, écrit en latin par Boccace : De Casibus virorum illustrium. Ce traité, qui n'était pas moins célèbre que le Decamerone, fut également traduit

ou plutôt paraphrasé en français par Laurens du Premier-Faict, secrétaire du duc de Berri, fils du roi Jean et frère de Charles V. Cette translation, achevée le i5 avril 1409, parut, imprimée pour la première fois, à Paris, chez J. Dupré, en 1483, sous ce titre : Les livres de J. Boccace, des cas des nobles hommes et femmes infortunez; elle se trouvait alors en manuscrit dans toutes les bibliothèques princières.

— P, 84, dern. 1. — En si belle, sous-entendu occasion. On dit encore avec la même ellipse : vous l'avez belle.

Nouv. XXIX, p. 90, 1. 2. — Au lieu de baublieres^ les éditions modernes portent baubeliers^ ce qui n'est pas plus intelligible. Nous ne savons s'il faut lire banblières ou haublières, et nous avions proposé banlieues; mais il ne nous paraît pas probable que cette correction représente le sens du texte, qui doit donner plutôt un terme de fortification employé ici à double sens. — Dern. 1. La coustume en ce royaulme. Cette singulière coutume, qui obligeait une épousée à proclamer ellemême sa défaite par un grand cri, auquel les garçons de la noce répondaient, en pénétrant dans la chambre nuptiale, et en apportant le chaudeau, existait même à la cour de France, comme on le voit dans un Chant nuptial de Clément Marot, en l'honneur du mariage de madame Renée de France avec le duc de Ferrare.

— P. 92, dern. 1. — Au lieu de : si hault esternu, il faut peut-être lire : de si haut estrenne, ce qui signifierait : de si bonne mine. Nous proposons encore de voir, dans le mot esternu, la traduction du latin strenuus, vigoureux, vaillant.

— P. 93, 1. 19. — Le roy, c'est le roi de France; Monseigneur y c'est le duc de Bourgogne.

Nouv. XXX, p. 95. — Sainct Anthoine de Viennois est l'ancienne ville de la Mothe-Saint-Didier, en Dauphiné, qui avait pris le nom de Saint-Antoine à

cause des reliques de ce saint, qu'on y apporta au onzième siècle.

— P. 99, 1. 14. — Nous avons cru devoir mettre trouver, au lieu de troubler, que porte notre texte.

— P 100, 1. 6-7. — Allusion aux enfants, qui, lorsqu'ils ont mérité d'être battus, ne veulent pas l'avoir été pour peu de chose.

— P. 102, 1. 1. — C'est-à-dire : nous n'avions qu'à coucher sur la paille.

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