NOTICE XIII
C'estoit bien un scandale grand que celuy-là. Il avoit tresmauvaise opinion des femmes et ne les croyoit toutes chastes. » L'histoire a conservé un grand nombre de réparties facétieuses et d'anecdotes plaisantes, qui nous font bien connaître le genre d'esprit de Louis XI : il n'était pas ignorant, comme presque tous les princes de son temps qu'il méprisait, parce que, dit Comines, de nulles lettres n'ont congnoissance et sont nourris seulement à faire les fols en habillemens et en paroles; il prenait plaisir à entendre parler les gens savants, et, malgré les leçons du docte Jean d'Arconville, qui lui avait appris le latin, il préférait aux chefs-d'œuvre de l'antiquité grecque et romaine les poésies, les histoires et les romans français ou plutôt gaulois. Il eût donné tout Homère et tout Virgile pour un joyeux propos.
Le comte de Charolais, qui devait pourtant, par la nature même de son caractère belliqueux, faire moins de cas des récits grivois et familiers que des héroïques histoires de chevalerie, paya aussi son tribut de conteur, aux veillées du château deGenappe'. Voyez Nouv. i6, 17 et 58.)
1 . On ne sait trop par quelle préoccupation Le Roux de Lincy a placé parmi les conteurs des Cent Nouvelles nouvelles le vieux duc Philippe le Bon , lequel n'eût pas certainement compromis la dignité ducale dans des assemblées intimes qui réunissaient les domestiques les plus