‹ Les dix dizaines des Cent nouvelles nouvellesChapitre 13 sur 84 · XIV NOTICE · texte numérisé non relu

XIV NOTICE

Le comte, à cette époque, vivait fraternellement avec le Dauphin : ils mangeaient à la même table, couchaient dans le même lit, chassaient ensemble, échangeaient leurs pensées et leurs projets, se préparant mutuellement à leurs destinées de duc et de roi. Louis aimait les contes, et Charles en conta. Quand ils se quittèrent, à la fin de juillet 1461, le Dauphin devenant roi de France par la mort de son père, ils étaient enne-

privés du Dauphin et du comte de Charolais. Le rédacteur ayant mis monseigneur le duc, en tète des contes qu'il attribue au jeune prince de Bourgogne, qui ne fut duc qu'à la mort de son père, il faut en conclure que la rédaction du livre a été faite après 1467, ou, du moins, que, dans le manuscrit qui servit à la première impression de ce recueil, le scribe avait changé la qualification du personnage, sans s'inquiéter de l'erreur chronologique qui devait résulter de ce changement. Au reste, M. Thomas Wright, dans son édition des Cent Nouvelles nouvelles, a subi l'influence de Le Roux de Lincy, en s'obstinant à placer le vieux duc de Bourgogne Philippe le Bon parmi les conteurs, à la place de son fils Charles, comte de Charolais. Il ne fait, d'ailleurs, aucun état de la tradition, et il s'efforce de soutenir que le roi Louis XI a été absolument étranger au recueil de contes, qu'on lui attribue constamment depuis près de quatre siècles. Il regarde comme apocryphe et insignifiant le paragraphe du prologue, dans lequel le libraire-imprimeur Antoine Vérard a déclaré formellement, trois ans après la monde Louis XI, que, « par toutes les nouvelles où il est dit par monseigneur, il est entendu par monseigneur le Dauphin, lequel depuis a succédé à la couronne et est le roy Louis unziesme ».

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