NOTICE XVII
qu'elle nous permet de juger du langage admis dans la haute société du XV® siècle. »
Les Cent Nouvelles nouvelles, qui furent tant de fois imitées, abrégées ou paraphrasées par les conteurs du XVP siècle, avaient rencontré, dès cette époque, un malencontreux éditeur, qui les mutila, sous prétexte de les remettre en leur naturel, sous ce titre : Les facétieux Devis des Cent et six Nouvelles nouvelles, très-récréatives et fort exemplaires pour resveiller les bons esprits françois. Le seigneur de La Motte-Roullant, Lyonnais, ne craignit pas de commettre ce sacrilège, qui obtint néanmoins les honneurs de trois éditions : l'une, Paris, Guill. Le Bret, i349,in-8'^; l'autre, Paris, Jean Longis, i55o, pet. in-8'', et la troisième, Lyon, Benoît Kigaud, iSyo ou 1574, in-i6. Ce plagiaire, qui avait emprunté aux Cent Nouvelles nouvelles quatrevingt-dix-sept nouvelles, pour les transformer et les accommoder à sa fantaisie, trouva un plagiaire à son tour; mais celui-ci garda l'anonyme, en faisant paraître, à Lyon, chez Eustache Barricat, en 1 555, le Recueil des plaisantes et facétieuses Nouvelles, recueillies de plusieurs auteurs, in-i6.
Ces imitations plus ou moins déguisées du chef-d'œuvre d'Antoine de La Sale montrent assez que son ouvrage avait bien vieilli dans la forme, un siècle après Tépoque où il fut écrit;